Moselle : interdiction du protoxyde d’azote du 7 au 10 mai 2026
Le préfet Pascal Bolot renouvelle l'arrêté contre le gaz hilarant, invoquant des risques neurologiques graves et des dangers routiers documentés.
Un arrêté préfectoral interdit depuis le 7 mai 2026 la détention, le transport et la consommation de protoxyde d'azote dans toute la Moselle. Signé le 6 mai par le préfet Pascal Bolot, le texte est en vigueur jusqu'au 10 mai. Il s'inscrit dans une série de mesures locales engagées depuis décembre 2025.
Un arrêté préfectoral interdit depuis le 7 mai 2026 la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote dans toute la Moselle. Signé le 6 mai par le préfet Pascal Bolot, le texte est en vigueur jusqu’au 10 mai. Il s’inscrit dans une série de mesures locales engagées depuis décembre 2025.
L’essentiel
- Arrêté du 6 mai 2026 : interdiction de détenir, transporter et consommer du protoxyde d’azote en Moselle du 7 au 10 mai 2026.
- Depuis le 23 décembre 2025 : la préfecture de Moselle multiplie les arrêtés sur ce sujet, y compris du 2 au 6 avril et du 9 au 26 avril 2026.
- Santé : entre 2022 et 2023, les signalements d’intoxications au protoxyde d’azote ont été multipliés par 3 en France ; les cas graves par 4 ; 80 % des cas impliquaient des troubles neurologiques.
- Sécurité routière : en 2025, la consommation au volant a augmenté d’au moins 10 % selon une étude citée par Le Parisien ; la mortalité routière nationale a progressé de 2,1 % avec 3 260 tués en métropole.
Un arrêté ciblé sur quatre jours
Le texte du 6 mai couvre l’intégralité du département. Il vise la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote, connu sous le nom de « gaz hilarant » ou « proto ». Aucune zone géographique particulière n’est précisée : l’interdiction s’applique sur tout le territoire mosellan.
La préfecture a communiqué sur ses réseaux le jour même de la prise d’arrêté. Le compte officiel @Prefet57 a détaillé les risques sanitaires et routiers :
Risques neurologiques : des effets dès la première prise
Selon la préfecture, à fortes doses, le protoxyde d’azote peut provoquer des atteintes neurologiques, des troubles cognitifs et un risque de dépendance. Ces effets peuvent apparaître dès la première consommation.
Les données nationales confirment la tendance. Entre 2022 et 2023, le ministère de l’Intérieur a recensé un triplement des signalements d’intoxications et un quadruplement des cas graves. Quatre-vingts pour cent de ces signalements impliquaient des troubles neurologiques, selon le ministère de l’Intérieur.
Sur la route, des effets documentés
La préfecture insiste particulièrement sur les risques routiers. La consommation de protoxyde d’azote au volant provoque selon elle une perte de contrôle moteur, une sous-estimation des vitesses et des distances, une altération du jugement, des distorsions visuelles et des « trous noirs ».
Ces effets sont confirmés par la Sécurité routière nationale. En 2025, la consommation au volant a progressé d’au moins 10 % selon une étude relayée par Le Parisien. La mortalité routière française a atteint 3 260 tués en métropole cette année-là, soit une hausse de 2,1 % ; Le Monde et BFMTV ont mentionné le protoxyde d’azote parmi les facteurs aggravants. Pour mémoire, la prévention routière mobilise aussi d’autres préfectures, comme celle des Yvelines avec des actions en direction des lycéens.
Une série d’arrêtés depuis décembre 2025
Ce n’est pas le premier texte de ce type en Moselle. La préfecture a entamé cette politique le 23 décembre 2025, selon les archives du compte @Prefet57. Deux arrêtés ont suivi au printemps : du 2 au 6 avril 2026, puis du 9 au 26 avril 2026 - cette dernière période coïncidant avec les vacances scolaires.
L’arrêté du 6 mai constitue donc le quatrième volet de cette série en moins de six mois. La démarche mosellan s’appuie sur la loi du 1er juin 2021, qui interdit la vente de protoxyde d’azote aux mineurs et son usage récréatif, et que les préfets peuvent compléter par des mesures locales. D’autres préfets utilisent des outils similaires pour encadrer des substances jugées dangereuses, comme dans le Pas-de-Calais avec le CBD.
Contexte dans la Moselle
La Moselle compte environ 1,04 million d’habitants. Metz, préfecture du département, est la principale agglomération avec près de 115 000 habitants en commune propre. Le département dispose d’un réseau routier dense lié à sa position frontalière avec l’Allemagne et le Luxembourg, ce qui renforce les enjeux de sécurité sur les axes de transit.
La politique de la préfecture de Moselle sur le protoxyde d’azote est parmi les plus soutenues de France. D’autres départements ont pris des mesures comparables : la Gironde a interdit la consommation du 18 décembre 2025 au 18 mars 2026 ; le Morbihan a prolongé son arrêté jusqu’au 8 juin 2026. Le Républicain Lorrain a par ailleurs signalé en février 2026 la persistance d’un « vide juridique » national que ces arrêtés locaux cherchent à combler.
Si aucune décision sur un éventuel renouvellement au-delà du 10 mai n’a été annoncée à ce stade, le rythme des arrêtés successifs depuis décembre 2025 laisse ouverte cette hypothèse. La préfecture n’a pas communiqué de bilan chiffré local des infractions constatées.
Sources
- Préfecture de la Moselle (@Prefet57) : Arrêté préfectoral du 6 mai 2026 – protoxyde d'azote
- Le Monde : La mortalité routière en hausse de 2,1 % en 2025
- Le Parisien : Consommation de protoxyde d'azote au volant en hausse d'au moins 10 % en 2025
- Ministère de l'Intérieur : Protoxyde d'azote : danger pour le consommateur et pour les autres