Mulhouse : manifestation contre le data-center Microsoft avant le vote favorable des élus
60 à 80 personnes ont protesté lundi 22 juin devant le Parc des Expositions. Le conseil d'agglomération a donné un avis favorable au projet contesté.
Une soixantaine de militants écologistes se sont rassemblés lundi à Mulhouse avant le conseil de l'agglomération. Les élus ont voté un avis favorable au data-center de Microsoft à Petit-Landau. Le projet, estimé à plus de 2 milliards d'euros, est critiqué pour sa consommation électrique.
L’essentiel
- Lundi 22 juin 2026 : manifestation de 60 à 80 personnes devant le Parc des Expositions de Mulhouse, à l’appel du collectif « IA pas moyen ».
- Conseil M2A : les élus de Mulhouse Alsace Agglomération ont voté un avis favorable au projet de data-center.
- Consommation : selon la MRAe Grand Est, le site consommerait plus de 1 500 GWh/an, soit 80 % de la consommation résidentielle du Haut-Rhin.
- Enquête publique : ouverte du 1er juin au 3 juillet 2026.
Lundi 22 juin, une manifestation rassemblant entre 60 et 80 personnes s’est tenue devant le Parc des Expositions de Mulhouse. Les opposants au projet de data-center géant de Microsoft à Petit-Landau et Hombourg ont voulu interpeller les élus de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) quelques heures avant leur conseil.
Un conseil d’agglomération sous pression
Le rassemblement était organisé par le collectif « IA pas moyen », qui regroupe notamment Alsace Nature, Stop Fessenheim et Eau en danger. Les manifestants ont dénoncé l’empreinte écologique du projet et réclamé le retrait de l’avis favorable attendu de la M2A.
Dans la foulée, le conseil d’agglomération a voté un avis favorable au projet, a confirmé l’Agence France-Presse. La M2A se prononçait sur une demande de permis de construire déposée par Microsoft. Le groupe américain prévoit d’implanter un data-center sur une zone agricole de 36 hectares, dont environ 10 hectares exploités en agriculture biologique.
À l’image d’autres intercommunalités, comme le conseil métropolitain de Nice qui a récemment acté ses priorités, la M2A a fait le choix de soutenir un projet industriel d’envergure.
Une facture énergétique colossale
Le principal point de friction porte sur la consommation électrique. Dans un avis rendu public en mars 2026, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) Grand Est estime que le data-center consommera plus de 1 500 GWh par an. Cela représente environ 80 % de la consommation résidentielle électrique de l’ensemble du département du Haut-Rhin.
Le projet prévoit également l’installation de 111 générateurs diesel de secours, représentant une puissance thermique de 900 MW, selon Alsace Nature. Ces moteurs, destinés à prendre le relais en cas de panne du réseau, suscitent l’inquiétude des riverains et des associations environnementales.
Le projet s’ajoute à d’autres grandes opérations d’aménagement dans le pays, comme le nouveau tiers-lieu du Grand Centre inauguré à Cergy.
Contexte dans le Haut-Rhin
Avec 780 000 habitants, le Haut-Rhin est un département industriel et transfrontalier. La région mulhousienne accueille déjà plusieurs infrastructures énergivores (usines, zones logistiques). Le data-center de Microsoft serait l’un des plus grands de France. Selon la MRAe, sa consommation dépasserait celle de la ville de Mulhouse (environ 500 GWh/an). L’avis environnemental souligne également la perte de terres agricoles, dans un département où l’artificialisation des sols progresse.
Des élus locaux partagés
Lors de la manifestation, la conseillère régionale écologiste Cécile Germain-Ecuer a qualifié le rassemblement d’« action coup de poing » visant à interpeller les élus locaux. Annie de Larochelambert, présidente d’Alsace Alter Énergies, s’est dite inquiète du risque de dépendance technologique vis-à-vis d’une multinationale américaine.
Le vote favorable de la M2A ne constitue qu’une étape. L’enquête publique, ouverte depuis le 1er juin, court jusqu’au 3 juillet 2026. Les opposants espèrent que le rapport du commissaire enquêteur pourra encore infléchir la décision finale, qui relève de l’État.
Prochaine étape : la clôture de l’enquête publique le 3 juillet. Le préfet du Haut-Rhin aura ensuite trois mois pour se prononcer sur le permis de construire.