Nevers : enseignants et parents dans la rue contre les suppressions de postes

Le 31 mars, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant la DSDEN pour défendre les lycées nivernais.

Nevers : enseignants et parents dans la rue contre les suppressions de postes
Illustration Arnaud Chevalier / info.fr

Enseignants du secondaire, parents d'élèves et syndicats se sont rassemblés le 31 mars 2026 à Nevers contre la suppression de cinq équivalents temps-plein dans les lycées de la Nièvre. Le mouvement s'inscrivait dans une journée de grève nationale interprofessionnelle.

Rendez-vous était fixé à 8h30 devant la DSDEN, rue des Jacobins. Selon le Journal du Centre, enseignants du secondaire, parents d’élèves et représentants syndicaux (FSU, UNSA, CFDT, CGT, SUD) ont répondu à l’appel intersyndical lancé à l’échelle nationale. Un pique-nique participatif a suivi à midi.

Cinq postes supprimés pour la rentrée 2026

Le grief central : la suppression de cinq équivalents temps-plein dans les lycées nivernais pour la rentrée 2026. Les syndicats dénoncent une norme de 36 élèves par classe jugée intenable, selon les données relayées par le SNES Dijon. Au niveau national, ce sont 4 000 postes qui disparaissent, dont 1 365 dans le second degré, selon 20 Minutes. Le ministère justifie ces coupes par une baisse démographique de 1,7 % des effectifs élèves en 2025.

Dans la Nièvre, les chiffres du ministère de l’Éducation nationale confirment une baisse des effectifs du second degré de 1,6 % entre 2023 et 2024, à 32 476 élèves. Mais les syndicats refusent l’équation automatique. « On supprime des postes alors qu’on aurait pu profiter de la baisse démographique pour laisser les moyens tels quels et avoir de meilleures conditions d’enseignement », a déclaré Éric Mampaey, secrétaire UNSA éducation en région PACA, cité par France 24. L’argument résonne à Nevers.

Décrochage scolaire et heures non assurées

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Les organisations syndicales pointent un risque concret pour les élèves. Selon Euronews, 9 % des heures d’enseignement n’ont pas été assurées au niveau national en 2023-2024. Les syndicats estiment que des classes plus chargées ne feront qu’aggraver le décrochage scolaire, déjà préoccupant dans un département rural comme la Nièvre.

Au niveau national, le taux de grévistes dans le second degré a atteint 7,18 % ce 31 mars, selon le ministère, relayé par Ouest-France. Un chiffre en retrait par rapport au premier degré, mais qui traduit une mobilisation réelle dans les établissements nivernais.

Un précédent en octobre 2025

Ce n’est pas la première fois que les enseignants de la Nièvre descendent dans la rue sur ce thème. Le 9 octobre 2025, une grève nationale avait déjà mobilisé les personnels du département contre des suppressions de postes comparables, avec un préavis couvrant écoles et lycées.

En amont du rassemblement du 31 mars, une réunion avec la Dasen de la Nièvre était prévue, selon le Journal du Centre. Les syndicats ont annoncé une évaluation post-grève pour décider d’éventuelles nouvelles mobilisations.

Sources

Arnaud Chevalier

Arnaud Chevalier

Correspondant à Nevers, suit la désindustrialisation, l'agriculture, les tensions sur les services publics et le tourisme fluvial. Formé en PQR bourguignonne, il connaît la Nièvre par cœur. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de conclure.

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