Nogaro : les familles monoparentales peinent à accéder aux logements sociaux
Dans le Gers rural, les associations réclament une priorité d'attribution pour les mères isolées confrontées à une demande en forte hausse.
À Nogaro, la question de l'accès au logement social pour les familles monoparentales crée des tensions. Le Gers compte près d'un quart de familles avec enfants dans cette situation, souvent précaires. Les associations demandent une réforme des critères d'attribution.
Dans le Gers, près d’une famille avec enfants sur quatre est monoparentale, selon le schéma global des solidarités du Conseil départemental. Trois d’entre elles sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, avec des revenus disponibles nettement inférieurs à la moyenne. À Nogaro, comme dans les autres communes rurales du département, cette réalité se heurte à une offre de logements sociaux insuffisante.
Une demande en hausse, une offre sous tension
Le Gers disposait de 5 900 logements sociaux en 2021, soit 66,3 unités pour 1 000 habitants, selon les données officielles du département. Début 2025, la demande a bondi de 7,5 %, accentuant les déséquilibres dans les zones rurales comme Nogaro, selon le panorama publié par le bailleur Le Toit de Gascogne. Les familles monoparentales sont particulièrement exposées : elles représentent 23 % des locataires HLM à l’échelle nationale, contre 10 % dans la population générale, un chiffre en progression de deux points en six ans selon l’Union sociale pour l’habitat.
En Occitanie, elles constituent un quart des locataires du parc social, une part alimentée par la décohabitation et les difficultés d’accès au marché privé, selon le dossier de presse d’Habitat en Occitanie publié en mars 2025.
Un projet local et des attentes associatives
À Nogaro, un projet concret est attendu : Le Toit de Gascogne prévoit 32 logements sociaux sur l’ancienne friche de la Tuilerie, avenue des Tuileries, comme le rapporte Le Journal du Gers. Ce programme pourrait partiellement répondre aux besoins locaux. Mais les associations estiment que la question dépasse le seul volume de logements construits : elles réclament une révision des critères de priorisation à l’attribution, pour que les mères isolées en zone rurale ne soient pas défavorisées face à des dossiers jugés plus simples à traiter.
Le schéma global des solidarités du Gers identifie déjà les familles monoparentales comme une priorité d’accompagnement pour l’insertion sociale et professionnelle. Mais entre l’identification du besoin et la traduction en attributions effectives, le fossé reste réel selon les acteurs locaux.
L’année 2025 a marqué un record dans le département avec 297 logements sociaux financés par l’État, dépassant l’objectif initial de 200 unités, selon la préfecture du Gers et La Dépêche du Midi. Un signal positif, mais qui ne règle pas la question de la répartition territoriale ni des profils prioritaires dans les commissions d’attribution.
Les modalités d’une éventuelle réforme des critères d’attribution n’ont pas encore été précisées par les instances compétentes.