Noisy-le-Sec : « Ils peuvent pas s’appeler Dupont ? », une phrase qui empoisonne le nouveau conseil

Le doyen des élus a murmuré une phrase à caractère raciste lors du conseil d'installation du 28 mars, déclenchant une plainte et un tollé politique.

Noisy-le-Sec : « Ils peuvent pas s'appeler Dupont ? », une phrase qui empoisonne le nouveau conseil
Illustration Fatima Benali / info.fr

À Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), une remarque captée en séance publique a suffi à enflammer le nouveau conseil municipal. Albert Prissette, 76 ans, doyen des élus, a fait l'objet d'une plainte pour injure publique à caractère racial. Le maire a réagi, mais la tension reste vive.

Le 28 mars 2026, le conseil municipal d’installation de Noisy-le-Sec vient à peine de débuter. Olivier Sarrabeyrouse (PCF) vient d’être reconduit maire avec 46,75 % des voix et 32 sièges sur 43. C’est dans ce cadre solennel qu’Albert Prissette, doyen des élus à 76 ans et chargé de l’action sociale et du logement, écorche le nom de Jaouad Merimi lors de l’appel. Et murmure : « Ils peuvent pas s’appeler Dupont comme tout le monde ? »

La phrase est captée. Elle circule. Selon Le Parisien, deux élus d’opposition écrivent dans la foulée au maire pour dénoncer le propos. Albert Prissette présente ses excuses à Jaouad Merimi. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.

Le maire parle de « racisme banalisé »

Le 3 avril, Olivier Sarrabeyrouse prend publiquement position. Il déplore, selon Ouest-France, « une forme de racisme banalisé ». Jaouad Merimi, élu de la majorité dans les rangs insoumis, condamne fermement le commentaire tout en nuançant : « Je sais qu’il ne fera plus la même erreur », déclare-t-il au même média. Une plainte pour injure publique à caractère racial a néanmoins été déposée contre Albert Prissette, selon 20 Minutes.

Sur X, la réaction des élus insoumis locaux ne tarde pas :

Les élus insoumis de Noisy-le-Sec, dont Jaouad Merimi, prévoient par ailleurs de se réunir pour définir une réponse politique à l’incident, selon des informations relayées sur X.

Un contexte tendu en Seine-Saint-Denis

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L’incident survient dans un département où la représentation politique s’est transformée. Selon Afrique XXI, le nombre de maires racisés en Seine-Saint-Denis est passé à 13 sur 39 communes en 2026, soit près du double par rapport à 2020. Cette évolution ne s’est pas faite sans tensions.

À Saint-Denis, le maire Bally Bagayoko a été visé par des injures sur CNews fin mars 2026, une enquête ayant été ouverte pour injure à caractère raciste, selon Le Monde. Cinq élus noirs LFI ont également déposé plainte le 10 avril pour courriers racistes.

Prochaine étape

La commune de Noisy-le-Sec avait inscrit un conseil municipal le 9 avril 2026 à 19h à l’Hôtel de Ville, selon le site officiel de la ville. Il n’a pas été précisé si la polémique y était formellement à l’ordre du jour. La suite judiciaire de la plainte reste à suivre.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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