OpenAI recrute le créateur d’OpenClaw, phénomène viral à 113 000 étoiles GitHub
Peter Steinberger rejoint la firme de Sam Altman pour piloter les agents IA autonomes, OpenClaw reste open source
En moins de trois mois, OpenClaw est passé de 7 800 à 113 000 étoiles sur GitHub, attirant 2 millions de visiteurs en une semaine. Ce dimanche 15 février 2026, Sam Altman a annoncé le recrutement de son créateur, Peter Steinberger, pour diriger la nouvelle génération d'agents personnels chez OpenAI. Le projet open source survivra au sein d'une fondation soutenue par la firme californienne.
- OpenClaw est passé de 7 800 à 113 000 étoiles GitHub en moins de trois mois, avec une croissance de 29 % par jour fin janvier 2026 et 2 millions de visiteurs en une semaine
- Peter Steinberger, développeur autrichien et ancien fondateur de PSPDFKit (déployé sur plus d'un milliard d'appareils), a été courtisé par Meta et OpenAI avant de choisir cette dernière
- OpenClaw restera un projet open source hébergé par une fondation avec le soutien d'OpenAI, contrairement à un rachat classique qui aurait fermé le code
- Le cabinet Gartner prévoit que 40 % des applications d'entreprise intégreront des agents autonomes dans les prochaines années, confirmant le virage stratégique d'OpenAI
- Le ministère chinois de l'industrie a émis un avertissement sur les risques de sécurité liés aux agents IA open source mal configurés, pointant les dangers de cyberattaques et violations de données
L’ascension fulgurante d’OpenClaw aura duré exactement 113 jours. Lancé discrètement en novembre 2025 sous le nom de Clawdbot, cet assistant IA autonome capable de gérer emails, réserver des vols et naviguer sur le web a connu une croissance de 29 % par jour fin janvier 2026, selon Frandroid. Ce dimanche 15 février au soir, Sam Altman a frappé un grand coup en annonçant sur X le recrutement de Peter Steinberger, développeur autrichien à l’origine du phénomène viral qui a bouleversé le monde des agents d’intelligence artificielle.
Un développeur courtisé par les géants de la tech
Peter Steinberger n’est pas un inconnu dans l’écosystème tech. Avant de lancer OpenClaw, cet Autrichien avait fondé PSPDFKit, un framework de traitement PDF déployé sur plus d’un milliard d’appareils. Retraité depuis quelques années, il a repris du service fin 2025 pour développer un assistant IA radicalement différent des chatbots conversationnels classiques. Comme le rapporte 01net, OpenClaw ne se contente pas de répondre à des questions : il exécute réellement des tâches, s’intègre avec plus de 50 plateformes de messagerie, et peut même traiter avec les assureurs ou s’enregistrer automatiquement pour des vols.
La popularité explosive du projet a rapidement attiré l’attention des mastodontes de la Silicon Valley. Selon Mediaterranee.com, Steinberger a passé une semaine entière à San Francisco début février, multipliant les rencontres avec les principaux laboratoires d’IA. Meta et OpenAI se sont livrés une bataille féroce pour s’attacher ses services, le développeur ayant eu des conversations personnelles avec Mark Zuckerberg et Sam Altman. Des spéculations évoquent un montant dépassant les 10 milliards de dollars pour convaincre Steinberger de rejoindre OpenAI, bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été confirmé.
Une vision multi-agents qui séduit Sam Altman
Dans son annonce sur X, le PDG d’OpenAI n’a pas caché son enthousiasme face à cette recrue stratégique.
« Peter Steinberger rejoint OpenAI pour piloter la prochaine génération d’agents personnels. C’est un génie avec des idées incroyables sur l’avenir d’agents très intelligents qui interagissent les uns avec les autres pour rendre des services très utiles aux gens », a écrit Sam Altman, ajoutant : « Nous nous attendons à ce que cela devienne rapidement un élément central de nos produits. »
Cette vision d’agents IA collaboratifs s’inscrit dans une tendance de fond du secteur. Selon les prévisions du cabinet Gartner citées par Frandroid, 40 % des applications d’entreprise intégreront des capacités d’agents autonomes dans les prochaines années. OpenAI, valorisée à 500 milliards de dollars selon Mediaterranee.com, mise clairement sur cette technologie pour maintenir son avance face à une concurrence de plus en plus féroce, notamment Anthropic qui vient de boucler une levée de fonds de 30 milliards de dollars.
OpenClaw préservé en tant que projet open source
Contrairement à un rachat classique, l’accord trouvé entre Steinberger et OpenAI préserve l’indépendance du projet. Comme l’indique Boursorama citant une dépêche Reuters, OpenClaw sera désormais hébergé par une fondation en tant que projet open source, avec le soutien continu d’OpenAI. Sam Altman a d’ailleurs souligné dans son message que « le futur sera extrêmement multi-agents » et qu' »il est important pour nous de soutenir l’open source ».
Pour Peter Steinberger, cette garantie était non négociable. Dans un billet de blog publié dimanche, le développeur autrichien a expliqué sa décision :
« Il a toujours été essentiel pour moi qu’OpenClaw reste open source et qu’on lui donne la liberté de s’épanouir. En fin de compte, j’ai pensé qu’OpenAI était le meilleur endroit pour continuer à faire avancer ma vision et étendre sa portée. Ce que je veux, c’est changer le monde, pas créer une grande entreprise, et collaborer avec OpenAI est le moyen le plus rapide d’en faire profiter tout le monde. »
Des préoccupations de sécurité déjà soulevées
L’enthousiasme autour d’OpenClaw ne fait pas l’unanimité. Selon Boursorama, le ministère chinois de l’industrie a publié un avertissement concernant les risques de sécurité importants que pourrait poser l’agent IA open source s’il est mal configuré, exposant potentiellement les utilisateurs à des cyberattaques et des violations de données. Ces inquiétudes ne sont pas infondées : donner à une IA autonome l’accès à ses emails, ses comptes bancaires et ses réservations de voyage soulève d’évidentes questions de confidentialité et de sécurité.
Malgré ces réserves, la communauté des développeurs reste massivement séduite. Le projet a connu trois changements de nom successifs , Clawdbot, puis Moltbot après une menace d’action juridique d’Anthropic qui trouvait le nom trop proche de son modèle Claude, avant de devenir OpenClaw , mais cela n’a en rien freiné son adoption. Avec plus de 180 000 étoiles sur GitHub aujourd’hui selon Mediaterranee.com, le projet illustre l’appétit croissant pour des agents IA qui passent de la conversation à l’action concrète.
Un timing stratégique dans la course aux agents autonomes
Ce recrutement intervient à un moment charnière pour OpenAI. La firme californienne a connu plusieurs départs de cadres importants ces derniers mois, comme le mentionne 01net, et doit constamment prouver qu’elle reste à la pointe de l’innovation face à des concurrents comme Anthropic, Google DeepMind ou Meta. L’arrivée de Steinberger permet à Sam Altman d’afficher une nouvelle ambition : celle de créer non plus seulement des modèles de langage performants, mais des écosystèmes d’agents capables de collaborer entre eux pour accomplir des tâches complexes.
La fondation qui hébergera OpenClaw devrait, selon les mots de Steinberger, « rester un lieu d’échange pour les penseurs, les développeurs et tous ceux qui souhaitent maîtriser leurs données, avec pour objectif d’accompagner encore plus de modèles et d’entreprises ». Cette approche hybride , un développeur star intégré à OpenAI, mais un projet maintenu en open source , pourrait devenir un modèle pour d’autres acquisitions de talents dans l’industrie de l’IA. Reste à savoir si cette stratégie permettra effectivement de démocratiser l’accès aux agents autonomes, ou si elle servira avant tout les intérêts commerciaux d’OpenAI dans la bataille pour dominer le marché naissant des assistants IA de nouvelle génération.
Sources
- Frandroid (16 février 2026)
- 01net (16 février 2026)
- Mediaterranee.com (16 février 2026)
- Boursorama/Reuters (15 février 2026)
- La Tribune (16 février 2026)