Orly et Roissy épargnés par la pénurie de kérosène grâce à l’Amérique du Nord
Pendant que d'autres hubs européens annulent des vols, les aéroports parisiens bénéficient d'un approvisionnement diversifié depuis le continent américain.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février 2026, fait flamber le prix du kérosène en Europe. Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle résistent mieux que leurs concurrents européens grâce à un approvisionnement centré sur l'Amérique du Nord. Aucune pénurie immédiate n'est signalée à ce stade.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février 2026, fait flamber le prix du kérosène en Europe. Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle résistent mieux que leurs concurrents européens grâce à un approvisionnement centré sur l’Amérique du Nord. Aucune pénurie immédiate n’est signalée à ce stade.
L’essentiel
- Approvisionnement stable : Orly et Roissy s’approvisionnent principalement en pétrole depuis l’Amérique du Nord, selon BFMTV et 20 Minutes, ce qui les préserve des tensions liées au blocage du détroit d’Ormuz.
- Prix doublé : Le kérosène est passé de 95,5 dollars le baril fin février 2026 à environ 197 dollars mi-avril 2026, soit une hausse de 138 % en Europe selon l’ACI Europe.
- Pénurie systémique redoutée : L’Association des aéroports européens (ACI Europe) alerte sur un risque de pénurie dans un délai de trois semaines si le détroit d’Ormuz ne rouvre pas.
- 20 000 vols supprimés : Lufthansa a annulé 20 000 vols pour économiser du carburant, selon France Info et Le Monde.
- +100 € par billet : Air France a répercuté la hausse via une surcharge de 100 euros par billet aller-retour long-courrier en classe économique.
Une situation préservée à Orly et Roissy
Pendant que Schiphol et Francfort multiplient les annulations, les deux aéroports parisiens affichent des réservations de kérosène qui « tiennent bon », selon BFMTV et 20 Minutes. La raison est structurelle : le Groupe ADP a diversifié depuis plusieurs années ses sources d’approvisionnement en pétrole, avec une part prépondérante issue d’Amérique du Nord. Cette orientation protège les plateformes franciliennes des perturbations liées au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran depuis le début du conflit.
Le détroit d’Ormuz représente environ 20 % des approvisionnements mondiaux en kérosène, selon Connaissance des Énergies. La fermeture de ce couloir stratégique depuis fin février affecte directement les pays et aéroports dont les chaînes d’approvisionnement restent centrées sur le Golfe Persique.
L’Europe exposée à 30 % d’importations moyen-orientales
Le contraste avec le reste du continent est net. L’Europe importait 43 % de son kérosène depuis le Golfe Persique en 2025, selon Connaissance des Énergies. Cette dépendance structurelle explique pourquoi la crise actuelle frappe d’autres hubs bien plus durement.
L’ACI Europe, l’association des aéroports européens, a tiré la sonnette d’alarme début avril : sans réouverture du détroit d’Ormuz, une « pénurie systémique » pourrait intervenir en Europe dans un délai de trois semaines. Les prix ont d’ores et déjà progressé de 138 % sur le continent depuis le début du conflit.
Lufthansa a pris acte de la situation en supprimant 20 000 vols pour réduire sa consommation de carburant, selon France Info et Le Monde. En Asie, plusieurs compagnies - dont AirAsia et China Airlines - ont relevé leurs tarifs dès début avril, selon Le Parisien.
Air France répercute la hausse sur les billets
En France, Air France n’est pas épargnée. La compagnie a ajouté une surcharge carburant de 100 euros par billet aller-retour long-courrier en classe économique, selon France Info. Cette mesure traduit la pression exercée par le quasi-doublement du prix du kérosène : de 95,5 dollars le baril fin février à environ 197 dollars mi-avril 2026, selon Le Parisien et Euronews.
Pour autant, aucune annulation massive de vols n’a été annoncée à Orly ou Roissy à ce stade. La situation reste surveillée, notamment à l’approche de la période estivale, qui représente un pic de trafic pour les deux plateformes.
L’aéroport d’Orly, déjà sous surveillance réglementaire ces derniers mois, concentre une part significative du trafic court et moyen-courrier domestique et européen d’Air France.
Contexte dans le Val-de-Marne
L’aéroport d’Orly est situé à cheval sur les communes d’Orly et de Paray-Vieille-Poste, en Val-de-Marne (94). Il constitue l’un des principaux pôles économiques du département, employant directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes sur la plateforme et dans sa zone d’activités aéroportuaires.
Le Val-de-Marne est le département d’Île-de-France le plus directement exposé aux aléas du secteur aérien : Orly traite plusieurs dizaines de millions de passagers par an, et toute perturbation durable sur l’approvisionnement en kérosène aurait des répercussions directes sur l’emploi local, les prestataires et les commerces de la zone aéroportuaire. La commune d’Orly concentre par ailleurs plusieurs infrastructures sensibles liées à l’activité aéronautique.
À l’échelle nationale, la France bénéficie d’une position relativement favorable : ses raffineries traitent une part de pétrole brut importé hors Golfe Persique, et les contrats à long terme passés par le Groupe ADP avec des fournisseurs nord-américains amortissent l’onde de choc immédiate de la crise.
L’UE cherche des alternatives pour l’été
Face au risque d’aggravation, la Commission européenne prépare des mesures d’urgence. Selon Le Figaro et Le Parisien, l’UE envisage d’importer du kérosène de type Jet A depuis les États-Unis et d’imposer des réserves minimales obligatoires aux États membres. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement pour la saison estivale, période de pointe pour le transport aérien.
Ces discussions interviennent alors que Donald Trump a déclaré, selon BFMTV, que les États-Unis « ont vaincu militairement Téhéran » - sans que cela n’ait encore conduit à une réouverture du détroit d’Ormuz à la date du 29 avril 2026.
L’impact des aéroports sur leur environnement immédiat est également au cœur des débats dans plusieurs métropoles françaises, alors que la pression sur les plateformes pourrait se redistribuer géographiquement si certains hubs européens venaient à réduire durablement leur activité.
La prochaine étape décisive sera la tenue des négociations à Bruxelles sur les réserves minimales obligatoires, dont le calendrier exact n’a pas encore été communiqué. La réouverture ou non du détroit d’Ormuz déterminera en grande partie la suite pour les compagnies européennes.
Sources
- BFMTV : Les aéroports parisiens d'Orly et Roissy dans une meilleure situation que d'autres sur le kérosène
- 20 Minutes : Pas de pénurie de kérosène en vue aux aéroports de Roissy et Orly
- Connaissance des Énergies / AFP : Les aéroports européens redoutent des pénuries de kérosène dans trois semaines
- France Info : Les aéroports redoutent les conséquences de la guerre au Moyen-Orient