Orne : le préfet interdit le protoxyde d’azote la nuit dans l’espace public jusqu’au 31 août
Un arrêté préfectoral interdit consommation, détention et transport du gaz hilarant de 18h à 8h, pour protéger la santé et la sécurité routière.
Le préfet de l'Orne Hervé Tourmente a signé un arrêté interdisant le protoxyde d'azote dans l'espace public chaque nuit de 18h à 8h. La mesure est valable jusqu'au 31 août 2026. Elle vise les usages détournés du gaz, en hausse sur les routes françaises.
Le préfet de l’Orne Hervé Tourmente a signé un arrêté interdisant le protoxyde d’azote dans l’espace public chaque nuit de 18h à 8h. La mesure est valable jusqu’au 31 août 2026. Elle vise les usages détournés du gaz, en hausse sur les routes françaises.
L’essentiel
- Interdiction : consommation, détention et transport du protoxyde d’azote dans l’espace public, de 18h à 8h, tous les jours.
- Durée : arrêté en vigueur jusqu’au 31 août 2026.
- Signataire : Hervé Tourmente, préfet de l’Orne depuis le 25 août 2025.
- Contexte national : 3 260 tués sur les routes de métropole en 2025, hausse de 2,1 %, les accidents liés au protoxyde d’azote qualifiés de « trop nombreux » par la Sécurité routière.
- Normandie : quatre autres départements ont pris des mesures similaires depuis début 2026 - Calvados, Eure, Manche et Seine-Maritime.
Ce que l’arrêté interdit
L’arrêté, annoncé sur le compte officiel de la préfecture de l’Orne, est explicite : il porte sur la consommation, la détention et le transport du protoxyde d’azote dans tout l’espace public du département. Le créneau horaire retenu - 18h à 8h - couvre les soirées et nuits, périodes les plus exposées aux usages festifs et récréatifs du gaz.
La préfecture précise que la mesure est motivée par les risques pour la santé, la sécurité routière, la tranquillité et l’ordre publics. Aucune dérogation n’est mentionnée à ce stade pour les usages professionnels ou médicaux, qui relèvent d’un cadre distinct.
Une priorité nationale pour 2026
L’arrêté ornais s’inscrit dans un contexte national tendu. En 2025, la mortalité routière en France métropolitaine a progressé de 2,1 %, avec 3 260 tués, selon Le Monde et France Info. La Sécurité routière a pointé les accidents liés au protoxyde d’azote comme « trop nombreux » et évitables.
La ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a érigé la lutte contre cet usage détourné en priorité d’action pour 2026. Les accidents liés à la conduite sous l’influence du gaz hilarant - désorientation, perte de connaissance au volant - ont alimenté la hausse de la sinistralité. Pour rappel, les accidents nocturnes restent parmi les plus meurtriers sur les routes françaises, toutes causes confondues.
Contexte dans l’Orne
L’Orne est un département rural de 280 000 habitants, enclavé dans l’intérieur normand. La voiture y est le mode de déplacement dominant, ce qui rend la question de la sécurité routière particulièrement sensible. Hervé Tourmente, né en 1975 et ancien officier parachutiste, a pris ses fonctions de préfet le 25 août 2025 après sa nomination par décret du 23 juillet 2025, selon le Journal officiel. C’est l’un de ses premiers arrêtés à portée sécuritaire significative.
La préfecture ne communique pas, à ce stade, sur des incidents locaux spécifiques qui auraient déclenché la mesure. L’arrêté est présenté comme préventif, selon actu.fr et Ouest-France.
La Normandie harmonise ses mesures
L’Orne rejoint quatre autres départements normands qui ont pris des dispositions comparables depuis le début de l’année. Le Calvados a instauré une interdiction du 16 février au 30 juin 2026, l’Eure jusqu’au 30 juin 2026, la Manche à partir du 27 février 2026, et la Seine-Maritime du 1er au 31 mars 2026, selon les préfectures concernées.
La durée ornaise - jusqu’au 31 août - est la plus longue de la région. Elle couvre notamment la période estivale, moment de concentration des usages festifs en espace public. Ce type d’arrêté préfectoral à portée préventive se multiplie dans plusieurs départements français depuis début 2026.
En Normandie, les données de sinistralité donnent un premier signal positif : en février 2026, le nombre d’accidents routiers dans la région a reculé de 14 % par rapport à février 2025 (136 contre 156), selon le baromètre mensuel de la préfecture de région. Ce recul précède toutefois l’arrêté ornais et ne peut lui être directement attribué.
Des mineurs particulièrement visés
Au niveau national, la vague d’interdictions préfectorales vise en priorité la protection des mineurs, comme le relèvent France 3 et actu.fr. Le protoxyde d’azote, vendu légalement pour usage alimentaire, est détourné pour ses effets euphorisants de courte durée. Son inhalation répétée provoque des atteintes neurologiques graves, notamment des carences en vitamine B12 pouvant entraîner des paralysies. La dangerosité des comportements nocturnes sur la route, qu’ils impliquent ou non des substances, reste un sujet de préoccupation constante pour les forces de l’ordre dans les départements ruraux.
Les modalités de contrôle et les sanctions prévues en cas de non-respect de l’arrêté n’ont pas été détaillées par la préfecture à ce stade.
L’arrêté reste en vigueur jusqu’au 31 août 2026. La préfecture n’a pas précisé si une reconduction ou un élargissement de la mesure était envisagé au-delà de cette date.
Sources
- Préfecture de l'Orne (@Prefet61) : Arrêté préfectoral protoxyde d'azote dans l'Orne
- actu.fr : Le préfet de l'Orne serre la vis sur le protoxyde d'azote
- Ouest-France : Le préfet de l'Orne interdit la consommation, la détention et le transport dans l'espace public de protoxyde d'azote
- Le Monde : La mortalité routière en hausse de 2,1 % en 2025, le protoxyde d'azote cause de « trop nombreux » accidents