Paris : l’animateur de l’école Titon relaxé malgré un « comportement inapproprié » reconnu
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé ce mardi l'animateur périscolaire Nicolas G., 47 ans, poursuivi pour agressions sexuelles sur neuf fillettes de CM2.
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce 16 juin 2026 la relaxe de Nicolas G., 47 ans, ancien animateur à l'école élémentaire Titon (11e). Il était poursuivi pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur neuf fillettes. Le tribunal a reconnu des comportements inappropriés mais estimé l'infraction insuffisamment caractérisée.
L’essentiel
- Relaxe le 16 juin 2026 : Nicolas G., 47 ans, ancien animateur à l’école Titon (Paris 11e), acquitté par le tribunal correctionnel de Paris des chefs d’agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur mineures.
- Neuf fillettes : les plaignantes, âgées d’environ 9-10 ans (CM2), avaient dénoncé des faits survenus entre avril et octobre 2024.
- 18 mois avec sursis requis : le parquet de Paris avait demandé cette peine lors de l’audience du 5 mai 2026.
- 52 animateurs suspendus pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes dans le périscolaire parisien depuis le 1er janvier 2026 (bilan au 9 juin).
- Premier procès de la série d’affaires liées au scandale du périscolaire parisien.
La décision du tribunal
La 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement ce mardi 16 juin 2026 : Nicolas G., 47 ans, est relaxé. Il comparaissait pour agressions sexuelles sur mineures et harcèlement sexuel sur mineures, des accusations liées à son activité d’animateur périscolaire à l’école élémentaire Titon, 14 rue Titon, dans le 11e arrondissement de Paris.
Le tribunal a reconnu l’existence de comportements inappropriés. Surnoms tels que « mon bébé d’amour » ou « ma délicieuse », câlins serrés, récits de viols et de meurtres accompagnés de gestes, dessins de personnages hypersexualisés : ces éléments sont actés. Mais selon Le Monde et 20 Minutes, les juges ont estimé que la preuve du caractère humiliant ou dégradant des actes, et celle de l’élément intentionnel sexuel, n’étaient pas suffisamment établies. Les gestes n’étaient pas non plus précisément décrits dans les témoignages, selon les mêmes sources.
Nicolas G. contestait les faits et niait toute intention sexuelle. Il avait été suspendu dès octobre 2024, après un signalement à la directrice de l’école, et placé sous contrôle judiciaire.
Ce que les fillettes avaient dénoncé
Neuf élèves de CM2, âgées d’environ 9 à 10 ans au moment des faits, avaient rapporté des agissements de l’animateur entre avril et octobre 2024. Selon Le Parisien et 20 Minutes, trois d’entre elles évoquaient des câlins forcés avec de possibles attouchements sur la poitrine. D’autres signalaient des surnoms à connotation affective déplacée, des récits de scènes violentes accompagnés de gestes de la part de l’animateur, ainsi que des dessins à caractère hypersexualisé.
Conformément à la loi française sur la protection des victimes mineures, aucune des enfants concernées n’est identifiée dans cet article.
Le parquet avait requis 18 mois avec sursis
L’audience s’était tenue le 5 mai 2026, à huis clos. Le parquet de Paris avait demandé une peine de 18 mois de prison avec sursis probatoire, assortie d’obligations de soins et d’interdictions de contact avec des mineurs et d’exercice auprès d’eux, selon Actu.fr et Le Parisien.
La relaxe prononcée ce mardi va donc à l’encontre des réquisitions du ministère public. Le parquet n’avait pas encore indiqué, à l’heure de la publication de cet article, s’il envisageait un appel.
L’indignation des familles et du collectif SOS Périscolaire
La décision a immédiatement suscité la colère des familles des fillettes et d’associations. Élisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, a dénoncé selon Le Monde « un nouveau traumatisme » infligé aux victimes, et qualifié le jugement de « gifle pour les familles ».
Ce premier verdict dans le volet judiciaire du scandale périscolaire parisien intervient alors que d’autres procès sont attendus. L’affaire de l’animateur de l’école Alphonse Baudin avait ainsi été jugée fin mai 2026, selon TF1 Info.
Contexte dans le département : le scandale du périscolaire parisien
L’affaire Titon est la première à avoir été jugée dans ce que la presse et Wikipedia désignent désormais comme « l’affaire du périscolaire à Paris ». Depuis le 1er janvier 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs périscolaires - sur un effectif total d’environ 11 000 à 14 000 agents - dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes, selon un bilan actualisé au 9 juin communiqué par le maire Emmanuel Grégoire. Au début du mois d’avril, ce chiffre était encore de 31 pour les suspicions à caractère sexuel, selon Libération.
Le parquet de Paris enquête sur une centaine d’établissements, écoles et crèches confondus. Face à l’ampleur de la crise, la sécurité dans les structures publiques franciliennes est au cœur des débats politiques depuis plusieurs mois.
Le 9 juin 2026, Emmanuel Grégoire a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, présidée par l’ancien juge des enfants Antoine Garapon, ainsi qu’un plan d’action doté d’environ 20 millions d’euros, avec une politique de tolérance zéro affichée, selon Le Monde et le site officiel de la Ville de Paris.
Ce scandale pose des questions plus larges sur les mécanismes de contrôle au sein des services publics et sur la capacité du système judiciaire à qualifier pénalement des comportements décrits comme inappropriés mais difficiles à circonscrire dans les infractions existantes.
Prochaine étape
Le parquet dispose d’un délai pour faire appel du jugement. D’autres audiences sont prévues dans les mois à venir pour des animateurs suspendus dans le cadre du même scandale, ce qui donnera une mesure plus précise de la doctrine des tribunaux parisiens sur ces dossiers.
Sources
- Le Parisien : Périscolaire à Paris : l'animateur de l'école Titon, jugé pour agressions sexuelles, relaxé par le tribunal correctionnel
- Le Monde : Périscolaire à Paris : un animateur relaxé d'agressions sexuelles par le tribunal correctionnel
- 20 Minutes : Un animateur accusé d'agressions sexuelles relaxé malgré un « comportement inapproprié »
- Actu.fr : Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : 18 mois de prison avec sursis requis contre un animateur
