Pas-de-Calais : nappes dans la moyenne, mais la sécheresse guette

Le préfet a réuni le comité départemental de l'eau le 24 avril pour dresser le bilan 2025 et appeler à la prudence.

Pas-de-Calais : nappes dans la moyenne, mais la sécheresse guette
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Recharge des nappes correcte en 2025, mais météo plus chaude et plus sèche le Pas-de-Calais reste sur le qui-vive. Le préfet a rassemblé les acteurs locaux de l'eau vendredi dernier à Arras. Le nouveau système d'irrigation agricole IRRIG'EAU a été salué au passage.

Le 24 avril 2026, le préfet du Pas-de-Calais a présidé le comité départemental de la ressource en eau. Acteurs agricoles, collectivités, services de l’État : tous étaient réunis pour examiner le bilan hydrologique de l’année 2025 et fixer le cap pour les mois à venir.

Des nappes correctes, une météo qui inquiète

La recharge des nappes phréatiques est ressortie globalement dans la moyenne pour 2025. Selon le BRGM, cette recharge a été active en automne-hiver avant de s’atténuer à partir de février. En novembre 2025, 57 % des niveaux nationaux étaient en hausse, contre 65 % au-dessus des normales un an plus tôt. Le département reste donc dans une situation moins favorable qu’en 2024, sans être en crise.

C’est la tendance récente qui alerte. La préfecture a pointé une météo « plus chaude et plus sèche » depuis le début du printemps, appelant à la vigilance. Le signal n’est pas nouveau : d’autres préfets alertent sur les effets de la chaleur printanière dans plusieurs départements français. Dans le Pas-de-Calais, une vigilance sécheresse avait déjà été déclenchée dès le 19 mai 2025 sur une partie du territoire.

IRRIG’EAU, un outil désormais obligatoire

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Le préfet a salué le bon déploiement d’IRRIG’EAU, le nouveau système de gestion volumétrique de l’irrigation agricole. Expérimental en 2025 dans le Nord et le Pas-de-Calais, selon les chambres d’agriculture des Hauts-de-France, il devient obligatoire pour tous les irrigants dès cette année 2026. Il remplace l’ancienne gestion horaire en cas d’arrêté sécheresse, avec pour objectif une répartition plus équitable de la ressource et la protection des milieux aquatiques.

Ce type de concertation préfectorale sur l’eau s’inscrit dans une dynamique nationale. Dans les Deux-Sèvres, le préfet a récemment clôturé un cycle de réunions avec les élus locaux sur des enjeux de territoire similaires. Dans le Var, 4 300 bénévoles mobilisés pour la sécurité civile illustrent également la montée en charge des dispositifs de prévention environnementale.

L’État réaffirme son engagement

À l’issue de la réunion, la préfecture a indiqué que l’État resterait mobilisé pour « préserver durablement l’eau et concilier les usages ». La formule est prudente mais le message clair : la gestion de l’eau dans le département ne se relâchera pas, même quand les nappes affichent des niveaux corrects. La prochaine étape sera de surveiller l’évolution des prélèvements agricoles au cœur de l’été, période critique pour les cours d’eau et les nappes du département.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Installé à Arras, couvre les mines, les tensions sur la transition énergétique, l'agriculture et les débats sur les bassins miniers. Diplômé de l'ESJ Lille, il a grandi dans le Pas-de-Calais. Posture éditoriale : rencontrer les mineurs à la retraite, les élus, les syndicalistes, vérifier les projets de reconversion avant de publier.

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