Pas-de-Calais : opérée des dents au lieu de la cheville, une ado porte plainte
Une adolescente de 17 ans a subi l'extraction de quatre dents de sagesse par erreur à la clinique de Saint-Martin-Boulogne. La famille a déposé plainte.
Le 10 juillet, une jeune fille venue pour une opération de la cheville à la clinique CMCO de Saint-Martin-Boulogne s'est réveillée sans ses dents de sagesse. Confondue avec une autre patiente, elle a subi une intervention non programmée. La direction du groupe Vivalto Santé a reconnu l'erreur et présenté ses excuses.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une adolescente de 17 ans a subi l'extraction de quatre dents de sagesse au lieu d'une opération de la cheville le 10 juillet à la clinique CMCO de Saint-Martin-Boulogne.
- La jeune fille a été confondue avec une autre patiente programmée pour une extraction dentaire le même jour.
- L'anesthésie administrée était calibrée pour l'autre patiente, selon la famille.
- La famille a déposé plainte contre l'établissement du groupe Vivalto Santé.
- La direction de la clinique a reconnu une erreur "exceptionnelle" et "profondément regrettable" et ouvert une enquête interne.
Une confusion de patientes a provoqué une erreur médicale grave à la Clinique de la Côte d’Opale (CMCO) de Saint-Martin-Boulogne, dans le Pas-de-Calais. Le 10 juillet dernier, une adolescente de 17 ans, venue pour une opération programmée de la cheville, a subi l’extraction de ses quatre dents de sagesse à la place de l’intervention prévue. La jeune fille, identifiée comme Louise dans plusieurs médias, a été confondue avec une autre patiente devant subir une extraction dentaire le même jour.
La famille a déposé plainte contre l’établissement, propriété du groupe Vivalto Santé. Le chirurgien-dentiste a présenté ses excuses à la mère de l’adolescente après avoir constaté l’erreur, selon Orange Actu. La direction de la clinique a qualifié la situation d' »exceptionnelle » et de « profondément regrettable » dans un communiqué.
Ce qui s’est passé le 10 juillet
Louise devait subir une intervention chirurgicale à la cheville à la Clinique de la Côte d’Opale (CMCO). Elle a été conduite au bloc opératoire et placée sous anesthésie générale. À son réveil, elle a découvert qu’on lui avait extrait les quatre dents de sagesse au lieu d’opérer son articulation, comme le rapporte Le Parisien.
La confusion avec une autre patiente programmée pour une extraction dentaire le même jour est à l’origine de l’erreur. Aucun élément du dossier médical ne justifiait cette intervention dentaire chez l’adolescente. La mère de la victime a souligné auprès de la presse que sa fille n’avait bénéficié d’aucun rendez-vous préparatoire, contrairement au protocole habituel pour une extraction de dents de sagesse.
L’anesthésie calibrée pour une autre patiente
La mère de Louise a exprimé son inquiétude concernant l’anesthésie administrée à sa fille. Selon Orange Actu, le dosage était calibré pour l’autre patiente, celle qui devait effectivement subir l’extraction dentaire. Cette situation a fait courir des risques potentiellement graves à l’adolescente, dont le poids et les caractéristiques physiologiques diffèrent de ceux de l’autre personne.
Aucun suivi post-opératoire spécifique à une extraction de dents de sagesse n’avait été prévu pour Louise, ce qui confirme l’absence totale de programmation pour cette intervention, selon Linternaute.com.
Un traumatisme psychologique profond
Depuis l’incident, la jeune fille est en état de choc. Elle souffre de crises d’angoisse et de troubles du sommeil, rapporte Le Parisien. Louise n’a toujours pas pu être opérée de la cheville, l’intervention initialement prévue. Sa mère indique qu’elle hésite désormais à retourner à l’hôpital.
Le traumatisme dépasse le cadre physique. L’adolescente, qui faisait confiance au système de soins, se retrouve confrontée à une défaillance majeure des protocoles de sécurité. Des erreurs similaires dans d’autres établissements ont conduit à des révisions en profondeur des procédures d’identification des patients, comme l’a illustré le cas de Karolína Muchová, qui a récemment subi une intervention chirurgicale programmée.
La réaction de la clinique et du groupe Vivalto Santé
La direction de la Clinique de la Côte d’Opale (CMCO) a reconnu l’erreur et présenté ses excuses à la famille. Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, l’établissement a qualifié l’incident de « situation exceptionnelle » et de « profondément regrettable ». Une enquête interne a été ouverte pour comprendre comment la confusion a pu se produire.
Le groupe Vivalto Santé, qui gère la clinique de Saint-Martin-Boulogne, n’a pas précisé à ce stade quelles mesures correctives seraient mises en place pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise. Les protocoles d’identification des patients avant une intervention chirurgicale incluent normalement plusieurs vérifications croisées : bracelet d’identification, confirmation verbale de l’identité, consultation du dossier médical au bloc opératoire.
Plainte déposée et suite judiciaire
La famille de Louise a déposé plainte contre la clinique, selon Police & Réalités. Cette démarche vise à établir les responsabilités dans la chaîne de soins et à obtenir réparation pour le préjudice subi. L’enquête judiciaire devra déterminer si des manquements aux protocoles de sécurité sont en cause, et si des sanctions administratives ou pénales sont justifiées.
Les erreurs médicales liées à une confusion de patients restent rares en France, mais les conséquences sont souvent graves. Les agences régionales de santé renforcent régulièrement les exigences en matière de traçabilité et d’identification dans les établissements de soins.
Contexte dans le Pas-de-Calais
La Clinique de la Côte d’Opale (CMCO) de Saint-Martin-Boulogne, située à quelques kilomètres de Boulogne-sur-Mer, fait partie du réseau Vivalto Santé, un groupe privé qui exploite plusieurs dizaines d’établissements en France. Le département du Pas-de-Calais compte environ 1,46 million d’habitants et dispose d’une offre de soins répartie entre établissements publics et privés.
Saint-Martin-Boulogne, commune de près de 11 000 habitants, accueille plusieurs structures médicales. L’incident survenu à la Clinique de la Côte d’Opale (CMCO) soulève des questions sur les contrôles internes et les audits de sécurité dans les établissements privés du département. Les autorités sanitaires régionales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles inspections à la suite de cette affaire.
Les suites pour l’adolescente
Louise attend toujours l’opération de la cheville pour laquelle elle s’était rendue à la clinique. La famille n’a pas précisé si l’intervention serait reprogrammée dans le même établissement ou dans un autre. Les troubles psychologiques causés par l’erreur médicale nécessiteront probablement un accompagnement spécifique.
L’issue de la plainte déposée par la famille déterminera les réparations financières et morales auxquelles l’adolescente pourra prétendre. Les expertises médicales devront évaluer les conséquences à long terme, tant physiques que psychologiques, de cette intervention non consentie.
Sources
- Orange Actu : Elle est en état de choc : une adolescente opérée par erreur dans le Pas-de-Calais, sa famille porte plainte contre la clinique
- CLS News : Une jeune patiente opérée des dents au lieu de la cheville à la clinique de la Côte d'Opale
- Le Parisien : Pas-de-Calais : une adolescente opérée des dents de sagesse au lieu de la cheville
