Pau : 250 manifestants devant l’ARS contre 161 suppressions à la Polyclinique Pau Pyrénées
Le personnel, les syndicats et des élus ont manifesté le 29 mai devant l'ARS pour s'opposer au plan social du groupe GBNA Santé, qui prévoit fermeture de la maternité, des urgences nocturnes et de plusieurs services.
Environ 250 personnes ont manifesté le 29 mai 2026 devant l'Agence Régionale de Santé à Pau contre le plan de sauvegarde de l'emploi annoncé par le groupe GBNA Santé. Ce PSE prévoit jusqu'à 161 suppressions de postes à la Polyclinique Pau Pyrénées, ainsi que la fermeture de la maternité du site Navarre, la transformation des urgences 24h/24 en antenne de jour et la fermeture des services de rééducation et d'oncologie.
L’essentiel
- 161 postes : nombre maximum de suppressions prévues dans le PSE annoncé par GBNA Santé le 7 mai 2026, sur 542 CDI.
- 14 avril 2026 : date à laquelle le Tribunal de Commerce de Pau a accepté la mise en redressement judiciaire de la Polyclinique Pau Pyrénées.
- ~250 manifestants : rassemblement du 29 mai 2026 devant l’ARS, boulevard Tourasse à Pau.
- Mi-septembre 2026 : date annoncée pour la fermeture de la maternité du site Navarre (14 septembre selon certains retours syndicaux).
- 6 juin 2026 : nouvelle manifestation appelée à 14h devant la préfecture de Pau.
Un rassemblement de 250 personnes boulevard Tourasse
Le vendredi 29 mai 2026, environ 250 personnes se sont réunies devant la Cité administrative, boulevard Tourasse à Pau, siège de la délégation départementale de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Personnel soignant, syndicats, élus locaux, usagers et membres d’un comité de défense avaient répondu à l’appel. Une délégation a été reçue par le directeur départemental de l’ARS, selon La République des Pyrénées.
Les manifestants demandent le retrait du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et le maintien de l’intégralité de l’offre de soins. Le compte Solidaires 64 a annoncé sur X un nouvel appel à manifester comme d’autres territoires confrontés à des déserts médicaux, ce samedi 6 juin 2026 à 14h devant la préfecture de Pau.
Ce que prévoit le PSE du groupe GBNA Santé
Le groupe GBNA Santé a présenté ce plan le 7 mai 2026. Il concerne la Polyclinique Pau Pyrénées, issue de la fusion des anciennes cliniques Navarre et Marzet. Le PSE prévoit :
- La suppression de 161 postes maximum (sur 542 CDI).
- La fermeture du site Marzet.
- La transformation des urgences 24h/24 en antenne de jour : plus de prise en charge nocturne sur place.
- La fermeture du service de rééducation.
- La fermeture du service d’hospitalisation d’oncologie.
- La fermeture de la maternité du site Navarre à compter de mi-septembre 2026 - le 14 septembre selon certaines sources syndicales, rapporte Sud Ouest.
Côté salariés, l’impact humain est décrit sans ambiguïté par Sud Ouest : « Certains collègues sont en arrêt de travail, d’autres ne dorment plus, des familles entières se demandent ce qu’elles vont devenir. »
Un redressement judiciaire depuis le 14 avril
La procédure n’est pas née du PSE seul. Le Tribunal de Commerce de Pau a accepté la mise en redressement judiciaire de la polyclinique le 14 avril 2026, après que le groupe en avait fait la demande. La date de cessation des paiements a été fixée au 31 mars 2026. L’ARS Nouvelle-Aquitaine impute cette situation à « un déficit structurel et un endettement élevé », selon son communiqué de presse officiel.
Ce cadre judiciaire contraint les parties : le PSE s’inscrit dans une procédure de redressement, ce qui limite les marges de négociation directe avec la direction.
La position de l’ARS et de la préfecture
L’ARS Nouvelle-Aquitaine et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques ont demandé au groupe GBNA de maintenir l’activité obstétricale jusqu’en septembre 2026 pour laisser au Centre Hospitalier de Pau le temps de s’organiser, indique le communiqué de l’ARS. L’agence dit travailler par ailleurs sur la continuité des soins en oncologie et en réadaptation.
Aucun engagement ferme sur les emplois n’a été annoncé à l’issue de la rencontre du 29 mai. Les syndicats n’ont pas communiqué de résultat concret de l’entretien avec le directeur départemental.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
La Polyclinique Pau Pyrénées est l’un des principaux établissements de soins privés du bassin palois, un territoire de quelque 450 000 habitants. La fermeture simultanée d’une maternité, d’urgences nocturnes, d’un service d’oncologie et d’un service de rééducation dans un même établissement représente une réduction sensible de l’offre libérale locale.
Le Centre Hospitalier de Pau, établissement public, est désigné comme le principal recours pour absorber une partie des activités transférées - notamment l’obstétrique. Sa capacité à intégrer ces flux dans les délais impartis n’a pas été précisée publiquement à ce stade. La gouvernance du Pays de Béarn, recomposée récemment, n’a pas encore pris position publiquement sur le dossier.
Le mouvement de mobilisation associe des syndicats (dont Solidaires 64), des collectifs d’usagers et des élus, signe d’une préoccupation qui dépasse le seul cadre professionnel.
Prochaine étape : la préfecture le 6 juin
Un second rassemblement est prévu le samedi 6 juin 2026 à 14h devant la préfecture de Pau, selon l’appel de Solidaires 64. La procédure de redressement judiciaire suit son cours au Tribunal de Commerce ; aucune date d’audience n’a été communiquée publiquement à ce stade.
Sources
- ARS Nouvelle-Aquitaine : Communiqué de presse – Annonce du PSE au sein de la Polyclinique Pau Pyrénées
- La République des Pyrénées : Devant l'ARS, les salariés de la Polyclinique Pau Pyrénées attendent des réponses
- Sud Ouest : « Certains collègues sont en arrêt de travail, d'autres ne dorment plus »
- Solidaires 64 (X) : Appel à manifestation le 6 juin devant la préfecture de Pau