Paul Astruc, gardien de la langue d’oc en Lozère, décédé à 83 ans
Président des Amis de Lou Païs pendant dix-sept ans, il incarnait la défense de la culture occitane en Gévaudan.
Paul Astruc est décédé le 26 avril 2026 à l'âge de 83 ans. Président de l'association Les Amis de Lou Païs et l'Escolo Gabalo pendant dix-sept ans, il avait consacré une grande partie de sa vie à la préservation de la langue et du patrimoine occitans en Lozère. Son décès, annoncé comme inattendu par ses proches, laisse un vide dans le monde félibréen.
Paul Astruc est mort le 26 avril 2026. Il avait 83 ans. Selon Midi Libre, l’association Les Amis de Lou Païs et l’Escolo Gabalo a annoncé la nouvelle avec tristesse, précisant qu’il était fragilisé par la maladie mais que « l’issue était inattendue ».
Dix-sept ans à la tête de Lou Païs
Paul Astruc avait présidé Les Amis de Lou Païs pendant dix-sept ans, jusqu’à sa démission en août 2025 pour raisons de santé. L’association, fondée en 1966, assure depuis lors la publication de la revue régionaliste bilingue Lou Païs - née en 1952 sous l’impulsion d’Olivier Alle - et de l’Armanac de Lousero. Sous sa direction, Paul Astruc a également signé plusieurs ouvrages : Contes et légendes de Lozère, Contes en Gévaudan, et un dernier recueil, Contes et nouvelles d’antan. Il contribuait aussi à la Sainte-Estelle, manifestation annuelle pour la Pentecôte à Mende, devenue l’un des rendez-vous occitans de référence dans le département. On peut rapprocher cet attachement au patrimoine local de d’autres figures régionales dont le décès marque durablement leurs communautés.
Majoral du Félibrige, une reconnaissance tardive
Le parcours de Paul Astruc avait été salué à deux reprises par le monde félibréen. Il avait reçu la Cigale d’or le 28 août 2021 à Aumont-Aubrac, puis avait été nommé Majoral du Félibrige le 19 septembre 2025 lors de la Sainte-Estelle à Mende - quelques semaines seulement avant sa démission de la présidence. Une reconnaissance venue au terme de décennies de travail discret mais constant pour la langue d’oc en Gévaudan.
En décembre 2025, Véronique Proust lui avait succédé à la tête de l’association. Elle lui avait rendu hommage, selon La Lozère Nouvelle, pour avoir « gardé vivante la mémoire écrite de la revue Lou Païs pendant de nombreuses années ». La nouvelle présidente a annoncé trois axes forts pour l’avenir d’une revue dont la pérennité restait incertaine. Comme dans d’autres territoires ruraux, la transmission des structures culturelles locales représente un défi de taille.
Un legs dans la durée
Aucune date de funérailles n’avait été communiquée publiquement au 26 avril 2026, selon Midi Libre. Mais l’œuvre de Paul Astruc, elle, demeure : des dizaines de numéros de revue, plusieurs livres, et un réseau d’occitanistes lozériens qu’il a contribué à fédérer pendant près de deux décennies. L’association Les Amis de Lou Païs poursuit ses activités sous la nouvelle présidence, avec la revue comme fil conducteur.