Paul Seixas, 19 ans, finit troisième au Lioran et grimpe à la cinquième place du Tour
Le Français termine troisième derrière Pogačar et Evenepoel, à 34 secondes du vainqueur slovène
Le jeune prodige français termine troisième de la 10e étape à 34 secondes de Pogačar et se rapproche du podium du classement général. À 29 secondes d'Evenepoel, il peut viser le top 3 dès son premier Tour de France.
- Paul Seixas termine 3e de l'étape du Lioran à 34 secondes de Pogačar
- Il grimpe à la 5e place du général, à 4 minutes 35 du maillot jaune
- À 29 secondes d'Evenepoel (3e) et 13 secondes d'Ayuso (maillot blanc)
- Le plus jeune participant au Tour depuis 89 ans, à 19 ans seulement
- Déjà vainqueur d'Itzulia et de La Flèche Wallonne en 2026
Le Lioran, 14 juillet. Paul Seixas franchit la ligne en troisième position - 34 secondes derrière Tadej Pogačar. Devant les caméras, il lève les bras. Pas de cri, pas d’effusion. Juste un signe de tête. Derrière lui, son directeur sportif Julien Jurdie descend de voiture. Il sourit. Un gamin de 19 ans vient de tenir la distance face aux patrons du peloton sur une étape de montagne de 166,6 kilomètres et près de 3 900 mètres de dénivelé.
Remco Evenepoel termine deuxième. Entre le Belge et le Français, 34 secondes. Au classement général, l’écart fond: Evenepoel, troisième, ne possède plus que 29 secondes d’avance sur Seixas, désormais cinquième. Jonas Vingegaard? À 59 secondes. Isaac Del Toro - lui, lâche 1 minute 01. La hiérarchie bascule.
Le plus jeune depuis 1937
Paul Seixas court son premier Tour. Il est né le 24 septembre 2006. Il n’a jamais participé à une course de trois semaines avant le Tour de France 2026. « Il n’a même jamais eu de jour de repos auparavant » - rappelle Julien Jurdie. Le repos, justement: la 10e étape suivait la journée de récupération. Seixas a digéré. Les autres, moins.
Le Français est passé professionnel en 2021 chez Decathlon CMA CGM Team. Champion du monde junior du contre-la-montre en 2024 - vainqueur du Tour de l’Avenir en 2025. La même année, il termine troisième des Championnats d’Europe sur route et septième du Tour de Lombardie - devenant le plus jeune coureur en plus de 100 ans à se classer dans le top 10 d’un Monument. En 2026, il empoche Itzulia Basque Country et La Flèche Wallonne - termine deuxième à Liège-Bastogne-Liège et aux Strade Bianche. À 19 ans - il est le plus jeune participant au Tour depuis 1937.
Une place gagnée au général
Avant l’étape, Seixas pointait à la sixième place - à 3 minutes 55 du maillot jaune - à 28 secondes du podium. Il gagne une place. Il grignote des secondes. L’écart avec Evenepoel est désormais de 29 secondes après prise en compte des bonifications d’étape attribuées aux trois premiers. Dans la montagne, il suit Vingegaard quand Del Toro craque. Il ne s’effondre pas. Il accélère.
Ce que personne ne dit
Le Tour 2026 a démarré à Barcelone le 4 juillet. Il s’achève le 26 juillet. Entre les deux, les Pyrénées, le Massif central, le Jura, les Vosges, les Alpes. Deux arrivées en altitude à l’Alpe d’Huez. La question n’est plus de savoir si Seixas tiendra. La question est de savoir où il va finir.
Certains observateurs, dont Chris Froome - ont suggéré avant le départ qu’il devrait se concentrer sur l’acquisition d’expérience. Seixas n’acquiert pas l’expérience: il la brûle. À 19 ans - il talonne Evenepoel. À 13 secondes de Juan Ayuso - qui porte le maillot blanc. Le maillot blanc, Seixas pourrait le prendre avant Paris. Le podium aussi.
Un phénomène pour le cyclisme français
Seixas n’est pas seulement précoce: il est performant là où le cyclisme français peinait à se réinventer. La dernière décennie a vu défiler les espoirs sans lendemain. Seixas, lui, enchaîne. Il gagne des classiques, termine sur les podiums, monte en puissance.
La France attend depuis 1985
Le Lioran a vu sa première arrivée du Tour en 1975. Ce 14 juillet 2026 - la station du Massif central a vu un gamin français monter sur un podium d’étape. La dernière fois qu’un Tricolore aussi jeune a marqué les esprits sur le Tour, c’était il y a 89 ans. Seixas, lui, ne regarde pas en arrière. Il regarde Evenepoel, à 29 secondes. Il regarde Vingegaard, à 59 secondes. Il regarde devant.