Tour de France : Paul Seixas, 19 ans, termine 3e de l’étape du Lioran et vise le podium
Le plus jeune coureur du Tour depuis 1937 monte sur le podium d'étape et grimpe à la 5e place du général
Le jeune Français termine troisième de la 10e étape derrière Pogačar et Evenepoel. À 19 ans, il monte à la 5e place du général et pourrait atteindre le podium final.
- Paul Seixas termine 3e de l'étape du Lioran, son premier podium d'étape sur le Tour de France
- À 19 ans, il est le plus jeune coureur du Tour depuis 1937
- Il monte à la 5e place du classement général, à 3'55" du maillot jaune
- Pogačar remporte sa 3e victoire d'étape et consolide son avance au général
14 juillet 2026, arrivée au Lioran. Paul Seixas franchit la ligne, troisième. Derrière lui, 3 900 mètres de dénivelé avalés sous la chaleur. Devant lui, Tadej Pogačar qui a attaqué à 15,5 km de l’arrivée dans le col du Pertus et Remco Evenepoel - deuxième. Le Français de 19 ans n’a jamais terminé aussi haut sur le Tour. Son premier podium d’étape.
« Ça allait plutôt pas mal, j’ai géré ma montée. Tadej (Pogačar) était très fort », lâche-t-il après l’arrivée. Pas d’effusion. Pas de grands gestes. Il respire, il constate. Pogačar a remporté sa troisième victoire d’étape sur ce Tour. Le Slovène quadruple vainqueur a consolidé son maillot jaune. Seixas, lui, monte à la 5e place du classement général.
Un podium historique pour un coureur de 19 ans
Ce podium d’étape est exceptionnel. Seixas, né le 24 septembre 2006 - est le plus jeune coureur à prendre le départ du Tour de France depuis 1937. Il court pour Decathlon CMA CGM. Il est passé professionnel en 2024 à 18 ans.
Un prodige précoce aux victoires inédites
Sa saison 2026 a été particulièrement remarquable: victoires sur le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne - ce qui fait de lui le plus jeune vainqueur d’une course par étapes et le premier Français à remporter une course par étapes depuis 2007. En avril 2026, il a intégré le top 10 du classement UCI. Cette précocité est anormale dans le cyclisme moderne. Les champions actuels ont souvent attendu leur milieu de vingtaine pour s’imposer sur les courses majeures. Seixas, lui, accumule les succès alors qu’il est encore très jeune. Avant le Lioran, il avait terminé 5e de la 6e étape à Gavarnie-Gèdre, après le passage du Tourmalet. Il a terminé dans le top 10 de chaque étape durant la première semaine. Une constance qui ne doit rien au hasard. Seixas ne flotte pas dans le peloton. Il gère, il calcule, il tient.
5e au général: les scénarios pour atteindre le podium
Après la 10e étape, Paul Seixas se trouve à 3 minutes et 55 secondes du maillot jaune. Le podium du général n’est pas une hypothèse. C’est une cible. Avant l’étape du Lioran, il se trouvait à seulement 28 secondes de la troisième place.
Pour accéder au podium, Seixas doit reprendre du temps dans les étapes alpines restantes. Les Alpes offrent encore plusieurs étapes de montagne. Une attaque bien placée, un contre-la-montre final bien négocié: les marges sont fines, mais les opportunités existent. La régularité dont Seixas a fait preuve durant la première semaine joue en sa faveur: il n’a pas connu de jour sans, contrairement à certains de ses concurrents.
Deux temporalités contradictoires
Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour - a commenté la participation de Seixas en affirmant que c’était le bon choix pour lui d’acquérir de l’expérience et qu’il pourrait réellement concourir pour le maillot jaune d’ici deux ou trois ans. Christophe Bérard, journaliste du Parisien - estime que, bien que Seixas ne puisse pas viser une victoire d’étape cette année en raison de sa concentration sur le classement général et de la domination de Pogačar, un Top 5 au général reste un objectif réalisable pour lui.
Cette approche prudente contraste radicalement avec le discours de Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM. Saadé a publiquement affiché l’objectif de voir Seixas gagner le Tour « maintenant ». Pas dans deux ans. Maintenant. D’un côté, l’encadrement sportif prône la patience, l’apprentissage, la construction d’un palmarès sur plusieurs années. De l’autre, la direction de l’équipe affiche une ambition immédiate, une pression publique qui place Seixas sous les projecteurs. Cette divergence de temporalité révèle une tension entre la gestion sportive d’un jeune talent et les impératifs institutionnels d’une structure cycliste en quête de victoires symboliques.
L’espoir du cyclisme français
Son équipe et les observateurs voient en lui un immense espoir pour le cyclisme français, qui attend un vainqueur du Tour de France depuis 1985 avec Bernard Hinault. La pression est là, le discours aussi. Mais sur la route, Seixas ne parle pas d’avenir. Il gère sa montée. Il termine troisième. Il monte au classement. Le reste, c’est du bruit.
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