Paul Seixas vise les classiques canadiennes et les Mondiaux après son Tour
Le prodige français de 19 ans a déjà tracé les contours de sa fin de saison
Quatrième du Tour à 19 ans, Paul Seixas enchaîne. Québec, Montréal, les Mondiaux, Lombardie le Français ne lève pas le pied.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Capitaliser sur la dynamique du Tour
Après sa 4e place historique, Seixas doit confirmer sur d'autres formats de course pour asseoir son statut de leader mondial.
Tester le format classique
Les courses d'un jour canadiennes et Il Lombardia permettent de diversifier son palmarès au-delà des courses par étapes.
La sélection française aux Mondiaux
Sous réserve de sélection officielle, les Championnats du monde représentent une vitrine majeure pour le cyclisme français.
Gestion de la fatigue post-Tour
Enchaîner autant de courses après trois semaines de Tour pose la question de la récupération et du risque de surcharge.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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Printemps 2026
Victoires majeures
Remporte le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne, termine 2e à Liège-Bastogne-Liège
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Juil. 2026
4e du Tour
Termine 4e au général à 19 ans, première performance d'un adolescent dans le top 5 depuis 1904
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11-13 sept. 2026
Classiques canadiennes
Participe aux GP de Québec et Montréal pour tester le format course d'un jour
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20-27 sept. 2026
Championnats du monde
Programmé pour les Mondiaux sur route à Montréal (sous réserve de sélection)
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10 oct. 2026
Il Lombardia
Clôture sa saison avec le Monument italien, dernière grande échéance
Paul Seixas range son vélo. Le Tour est fini depuis trois jours, il a terminé quatrième. À 19 ans. Il ne sourit pas sur les photos d’arrivée. « Pour moi c’était troisième ou rien, et aujourd’hui pour moi c’est rien » - avait-il lâché dimanche sur les Champs. Pas de célébration. Juste le calendrier à remplir.
Le programme est déjà calé. Seixas traverse l’Atlantique début septembre pour les classiques canadiennes: Québec le 11 septembre - Montréal le 13 septembre. Deux courses d’un jour, format punchy, pour tester autre chose que les trois semaines de course par étapes. Ensuite, les Championnats du monde sur route à Montréal, du 20 au 27 septembre. Sous réserve de sélection officielle en équipe de France - mais personne ne doute qu’il sera là.
Dernière ligne du calendrier: Il Lombardia, le 10 octobre. Un parcours qui grimpe, qui redescend, qui fait mal. Seixas l’a déjà inscrit. « Le Tour était un objectif, mais la saison est encore longue » - confiait-il récemment. Il ne ralentit pas.
Le premier adolescent dans le top 5 depuis 1904
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Paul Seixas est devenu le premier adolescent à terminer dans le top 5 du Tour depuis 1904. À 19 ans et 9 mois - il a fini à 11 minutes et 56 secondes du vainqueur Tadej Pogačar. Quatrième au général. Une performance qui n’était plus arrivée depuis 1904.
Le printemps avait déjà donné des signaux. Vainqueur du Tour du Pays basque et de la Flèche wallonne - deuxième de Liège-Bastogne-Liège. Seixas avait prouvé qu’il pouvait battre l’élite mondiale sur une journée. Le Tour a confirmé qu’il tenait trois semaines.
Transformer la quatrième place en momentum
La quatrième place n’est pas qu’un chiffre au classement. C’est une carte de visite. Enchaîner Québec - Montréal - les Mondiaux et Lombardie dans la foulée du Tour, c’est maintenir la lumière médiatique allumée. Les contrats d’équipementiers et les négociations de contrat se jouent aussi sur la visibilité de septembre et octobre. Julien Jurdie, directeur sportif chez Decathlon CMA CGM - estime que le coureur sera « bien plus fort en 2027 ». Mais pour cela, il faut d’abord capitaliser sur 2026. Rester présent, rester performant, rester dans les têtes.
Michel Callot, président de la Fédération française de cyclisme - a parlé de « soulagement immense ». Le cyclisme français attendait un leader capable de rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Christian Prudhomme, directeur du Tour - a prédit que Seixas « montera très vite sur le podium ». Le calendrier de fin de saison n’est pas un hasard: c’est une façon de valider cette prophétie avant même 2027.
Le format one-day, un autre cyclisme
Québec et Montréal - ce n’est pas le Tour. Pas trois semaines à gérer, pas de stratégie d’équipe complexe sur vingt et une étapes. Une course d’un jour, c’est un format punchy: tu pars le matin, tu arrives le soir, tout se joue en quelques heures. Les classiques canadiennes sont connues pour leurs circuits vallonnés, des montées courtes et répétées qui trient les coureurs. Pas de récupération possible entre les étapes. Pas de calcul sur la semaine. Juste l’explosivité et la capacité à répéter l’effort.
Seixas a prouvé au printemps qu’il savait gagner sur ce format: le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne sont des courses où il faut attaquer, tenir, finir. Mais après trois semaines de Tour, la forme n’est pas la même. Les jambes ont accumulé des milliers de kilomètres de course. Tester ce format en septembre, c’est aussi vérifier que la polyvalence tient après un Grand Tour.
La sélection française aux Mondiaux: une place à prendre
Les Championnats du monde, du 20 au 27 septembre - se courent à Montréal. Le parcours montréalais, avec ses côtes répétées et son final exigeant, correspond au profil de Seixas. Sous réserve de sélection officielle - mais la Fédération française de cyclisme n’a pas vraiment le choix. Avec une quatrième place au Tour et deux victoires majeures au printemps - Seixas est le meilleur grimpeur-puncheur français du moment.
La sélection pour les Mondiaux ne se fait pas uniquement sur le classement UCI. La FFC regarde aussi la forme récente, la capacité à tenir un rôle de leader, et l’adéquation avec le parcours. Montréal, avec ses montées à répétition, exige un coureur capable de souffrir longtemps et de sprinter au sommet. Seixas coche toutes les cases. Michel Callot n’a pas caché son enthousiasme: la performance au Tour a transformé Seixas en candidat naturel pour porter le maillot bleu.
La gestion de la fatigue: le vrai défi de septembre
Entre septembre et début octobre, Seixas enchaîne quatre rendez-vous majeurs: Québec - Montréal - les Mondiaux - Lombardie. Après un Tour de trois semaines, malgré une chute avant le départ à Barcelone et un état grippal la première semaine. Le corps a accumulé. La question de la récupération se pose.
Les coureurs qui enchaînent Tour et fin de saison chargée prennent un risque: celui de saturer. Le surentraînement, c’est la hantise des équipes. Julien Jurdie l’a dit: Seixas sera « bien plus fort en 2027 ». Mais pour cela, il ne faut pas cramer la machine. Est-ce une volonté de capitaliser sur la forme, ou une pression pour maintenir la lumière médiatique? Aucune source ne l’explique. Ce qui est sûr, c’est que le calendrier ne laisse pas de place à l’hésitation. Seixas a choisi d’enchaîner. Il assume.
Ce que personne ne dit
Neuvième l’an dernier - quatrième cette année. La progression est linéaire, presque mécanique. Mais ce qui frappe, c’est l’écart qui reste: 11 minutes et 56 secondes sur Pogačar. Seixas a tenu son rang malgré une chute avant le départ à Barcelone et un état grippal la première semaine. Mais l’écart reste massif. Le podium, c’est encore plusieurs minutes à grignoter. Et entre la quatrième place et la troisième, il y a tout un monde de stratégie d’équipe, de tactique, de marge.
Septembre, octobre: le marathon continue
Le 11 septembre, Seixas sera à Québec. Deux jours plus tard, à Montréal. Puis les Mondiaux dans la même ville, du 20 au 27 septembre. Un mois de septembre nord-américain, loin des routes européennes qu’il connaît. En octobre, retour en Italie pour Il Lombardia, le 10. Des côtes à répétition, un final qui trie.
Le calendrier ne laisse pas de place au doute: Seixas ne lève pas le pied. Il enchaîne. Il teste. Il accumule. À 19 ans - il a déjà compris que le vélo, c’est une guerre d’usure. Il n’attend pas 2027 pour commencer.
Seixas, lui, a déjà fixé l’objectif: « Cette place ne représente pas une fin en soi, c’est un point de départ. L’an prochain, je reviendrai avec une seule ambition: monter sur ce podium ». Pas de fausse modestie. Pas de détour. Le message est clair.
Dimanche dernier, sur les Champs-Élysées, il rangeait déjà son matériel. Pas de champagne. Juste le prochain départ à préparer.