Pedersen crève, revient, gagne le sprint intermédiaire
Le Danois a dû changer de vélo au 4e kilomètre, puis foncer 21 km pour rattraper le peloton avant Lacapelle-del-Fraisse
Les points clés
- Pedersen crève au 4e kilomètre et perd 27 secondes sur le peloton
- Avec l'aide de Vacek et Lidl-Trek, il revient à 21 km du sprint intermédiaire
- Il gagne le sprint de Lacapelle-del-Fraisse à 53,6 km/h et prend 25 points
- Pedersen consolide son maillot vert en maximisant les sprints intermédiaires
- Il admet ne pas être le meilleur sprinteur en peloton groupé, d'où sa stratégie
Kilomètre 4 de la 10e étape – le 14 juillet. Mads Pedersen crève. Il s’arrête, change de vélo, regarde le peloton s’éloigner. 27 secondes d’écart. Le maillot vert est derrière.
Son coéquipier Mathias Vacek attend. Les deux hommes roulent. Lidl-Trek pousse. Pedersen remonte. À 21 kilomètres du sprint intermédiaire de Lacapelle-del-Fraisse – il est de retour dans le peloton. Pas pour souffler. Pour sprinter.
À 14 kilomètres du sprint – le Danois est à l’avant. Il contrôle. Il attend. Au moment du sprint, il accélère à 53,6 km/h. Il passe premier. Devant Max Kanter, 20 points. Devant Biniam Girmay, 16 points. Devant Jasper Philipsen, 14 points. Pedersen prend 25 points. Il consolide son maillot vert.
Vingt-et-un kilomètres de chasse
Vacek reste avec Pedersen. Le plan est simple: combler 27 secondes avant le sprint intermédiaire. 21 kilomètres pour y parvenir. Vacek prend le relais. Il tire. Pedersen reste dans sa roue. L’équipe Lidl-Trek remonte aussi. Ils s’organisent. Chacun prend son tour. Personne ne lâche.
Le peloton ralentit légèrement. Pas beaucoup. Juste assez. Pedersen et Vacek gagnent des secondes. Kilomètre après kilomètre. L’écart fond. À 21 kilomètres du sprint – Pedersen est de retour. Il a roulé à bloc pour rattraper. Maintenant, il doit sprinter après cet effort. Pas idéal. Mais nécessaire.
Ce que personne ne voit
Pedersen ne gagne pas les sprints massifs à l’arrivée. Il l’a dit lui-même. Il n’est pas le meilleur sprinteur en peloton groupé. Alors il chasse les sprints intermédiaires. C’est là qu’il creuse l’écart au classement par points. Pas dans les emballages finaux où Philipsen et Girmay le battent. Dans les sprints du milieu d’étape, où il peut contrôler, anticiper, placer son effort.
La crevaison aurait pu lui coûter ces points. Des points que Girmay aurait pu prendre à sa place. Mais grâce à Vacek et à l’effort collectif de Lidl-Trek, Pedersen a transformé un handicap en victoire. Il a sprinté après 21 kilomètres de chasse. Pas dans les meilleures conditions. Mais il a gagné quand même.
L’arithmétique du maillot vert
Au sprint intermédiaire de Lacapelle-del-Fraisse, quatre coureurs marquent des points. Pedersen, 25. Kanter, 20. Girmay, 16. Philipsen, 14. Sur ce seul sprint, Pedersen prend des points d’avance sur ses rivaux. Des écarts qui s’accumulent.
Si Pedersen avait raté ce sprint à cause de sa crevaison, le scénario aurait été différent. Girmay aurait pu remporter les 25 points. Pedersen, zéro. C’est pour cela que Vacek et Lidl-Trek ont tout donné pour ramener Pedersen. Chaque sprint intermédiaire compte. Chaque point compte.
Le calcul du maillot vert
Pedersen ne cache pas sa stratégie. Il sait qu’il n’est pas assez fort sur les sprints massifs. Alors il compense ailleurs. Les sprints intermédiaires sont son territoire. Ce 14 juillet – même avec une crevaison – même avec 27 secondes de retard – il a défendu son maillot comme il le fait depuis le début: en maximisant chaque occasion de marquer des points avant l’arrivée.
Vacek remet son bidon dans le porte-bidon. Pedersen reprend sa place dans le peloton. Le sprint intermédiaire est passé. Le maillot vert est toujours sur ses épaules.