Polémique à Périgueux : le maire autorise un banquet du Canon Français, la gauche se mobilise
Le maire Horizons Michel Cadet a loué une salle municipale au mouvement d'extrême droite pour un banquet en octobre. 400 personnes ont manifesté, le conseil municipal a été interrompu, une AG est prévue le 7 juillet.
À Périgueux, la décision du maire Michel Cadet (Horizons) d'autoriser un banquet du Canon Français les 24 et 25 octobre suscite une vive polémique. 400 manifestants se sont rassemblés le 30 juin, et le conseil municipal du 2 juillet a été perturbé. L'opposition dénonce une complicité.
L’essentiel
- Banquet programmé : Les 24 et 25 octobre 2026 à Périgueux, pour les 80 ans de l’AOC Pécharmant.
- 400 manifestants : Rassemblement le 30 juin 2026 devant la mairie, organisé par la gauche et des associations.
- Conseil municipal perturbé : Le 2 juillet, des dizaines de manifestants ont interrompu la séance, nécessitant l’intervention de la police.
- Opposition officielle : Le président du Conseil départemental de la Dordogne a communiqué son opposition le 4 juillet.
Une autorisation qui fait polémique
La ville de Périgueux est au cœur d’une controverse politique depuis que le maire Michel Cadet (Horizons) a donné son accord à la location d’une salle municipale pour un banquet organisé par Le Canon Français, mouvement qualifié d’extrême droite par plusieurs médias, dont Libération et Révolution Permanente. Selon la billetterie en ligne BilletWeb, les banquets sont prévus les 24 et 25 octobre 2026 à l’occasion du 80e anniversaire de l’AOC Pécharmant.
L’événement devait initialement se tenir à Bergerac, mais la mairie de cette ville a refusé la location, comme l’a rapporté la page Facebook de Sud Ouest Dordogne. Le Canon Français a alors sollicité Périgueux, où le maire a accepté.
Manifestation et interruption du conseil municipal
L’annonce de cette location a déclenché une vague de protestations. Le 30 juin, 400 personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville à l’appel de la gauche locale et d’associations, selon Dordogne Libre. La tension est montée d’un cran lors du conseil municipal du 2 juillet : des dizaines de manifestants ont pénétré dans la salle et interrompu les débats. Sud Ouest a filmé l’évacuation par la police, sur fond d’échanges vifs entre élus et contestataires.
La réaction du maire et des opposants
Interrogé sur ici Périgord, Michel Cadet a déclaré : « Je n’ai pas à me prononcer sur ce qui va être fait ou dit », estimant que la location d’une salle municipale relève d’une prestation de service neutre. Ce positionnement a été sévèrement critiqué par l’opposition de gauche et les associations, qui dénoncent une « complicité » avec un mouvement d’extrême droite, comme le rapporte Sud Ouest. Le député Charles Rodwell, membre du même parti, a récemment affiché son soutien à Bruno Le Maire, illustrant les tensions au sein de la majorité présidentielle.
Les opposants rappellent que le Canon Français a été épinglé pour ses positions identitaires et son lien avec des figures de l’ultra-droite. « Rien d’innocent », résume un tract de l’union de la gauche, cité par Sud Ouest.
Contexte dans la Dordogne
Périgueux, préfecture de la Dordogne, est un bastion de la droite modérée depuis la victoire de Michel Cadet en 2020. Mais la décision de ce dernier fragilise son image dans un département où l’extrême droite peine à s’implanter électoralement. Le président du Conseil départemental, Germinal Peiro (PS), a officiellement fait savoir son opposition le 4 juillet, selon Ewanews. Par ailleurs, des mobilisations citoyennes similaires se multiplient ailleurs en France, comme dans la Manche où élus et citoyens réclament une loi intégrale contre les violences sexistes. À Périgueux, la polémique dépasse le simple cadre municipal et interroge sur la gestion des espaces publics par les collectivités.
Prochaine étape : l’assemblée générale du 7 juillet
Les opposants ne comptent pas en rester là. Une assemblée générale est convoquée le mardi 7 juillet (soit dans deux jours) pour organiser la suite du mouvement, comme l’indique le tweet de Révolution Permanente. Les organisateurs espèrent une forte mobilisation pour faire pression sur la mairie. Le maire, lui, n’a pas annoncé de changement de position. Le banquet d’octobre reste programmé.