Petit-Bourg : sargasses massives au port, écoles en demi-jauge les 18-19 juin
La municipalité a annoncé le retour de la demi-jauge dans sept écoles jeudi 18 et vendredi 19 juin, après des échouements de sargasses et des émanations d'hydrogène sulfuré.
Les sargasses envahissent à nouveau le littoral de Petit-Bourg. Sept écoles basculent en demi-jauge les 18 et 19 juin. Le maire David Nébor réclame un financement d'État.
L’essentiel
- 7 écoles : sept établissements scolaires de Petit-Bourg repassent en demi-jauge les 18 et 19 juin 2026.
- Port de la Vinaigrerie : des échouements massifs de sargasses sont signalés le 16 juin et filmés le 17 juin.
- Gaz toxique : les algues en décomposition émettent du sulfure d’hydrogène, responsable de troubles respiratoires.
- Barrages inefficaces : les dispositifs anti-sargasses sont inachevés et mal positionnés, selon le maire.
- Phénomène récurrent : la commune subit les sargasses depuis 2011, avec une aggravation depuis 2015.
Des échouages massifs au port de la Vinaigrerie
Depuis le 16 juin 2026, des quantités importantes de sargasses s’accumulent sur le littoral de Petit-Bourg, en particulier au port de la Vinaigrerie. Le compte X SargaMonitoring, spécialisé dans le suivi des algues, a confirmé la présence d’échouements le 16 juin. Le journaliste Eric Stimpfling (Guadeloupe La 1ère) a partagé une vidéo le 17 juin montrant l’ampleur du phénomène.
Un habitant de Petit-Bourg témoigne sur X le 17 juin : « Le gaz toxique (hydrogène sulfuré) ronge nos appareils, mais il ronge surtout nos poumons. » Les émanations de sulfure d’hydrogène, produites par la putréfaction des algues, provoquent des irritations respiratoires et des nausées.
Écoles en demi-jauge face aux émanations toxiques
Le 16 juin, la municipalité de Petit-Bourg a annoncé le retour d’un fonctionnement en demi-jauge dans sept écoles du bourg les 18 et 19 juin. Sont concernés : les écoles Albertine Mignard et son annexe, Eva Gamyr Coquin, Fribert Fessin, Mayeko Massina, Maurice Chovino et Mariani Maximin. La décision a été prise en raison des prévisions d’arrivages massifs et de la dégradation de la qualité de l’air. Selon RCI, le maire David Nébor a précisé que ces mesures visent à protéger les enfants et le personnel.
La colère des habitants et les difficultés structurelles
Le 24 mai, le maire de Petit-Bourg a organisé une réunion de crise au port de la Vinaigrerie. Sur place, il a constaté que les barrages anti-sargasses installés sont inachevés et mal positionnés, ne retenant pas les algues. Il a alors appelé à un « engagement massif de l’État » pour financer la lutte contre les sargasses, soulignant que treize territoires guadeloupéens sont touchés. Les habitants expriment leur lassitude face à des épisodes répétés qui affectent leur quotidien et leur santé. Certains ont dû fermer leurs fenêtres ou quitter temporairement leur logement.
Dans le même temps, des mesures de précaution similaires sont prises ailleurs en France face aux risques environnementaux, comme les gestes simples rappelés par les pompiers de Charente-Maritime pour éviter les incendies ou l’exercice IGNIS 26 en Mayenne pour se préparer aux feux de forêt.
Contexte dans le département de la Guadeloupe
Petit-Bourg, commune de 24 000 habitants située sur la Basse-Terre, est régulièrement confrontée aux échouements de sargasses. Le phénomène, observé depuis 2011, s’est nettement aggravé à partir de 2015, avec des arrivages plus fréquents et plus massifs. Selon la mairie, la gestion des sargasses est devenue un enjeu sanitaire et économique majeur, impactant le tourisme, la pêche et la vie scolaire. La Guadeloupe compte treize territoires touchés, de Sainte-Anne à Deshaies. Le maire de Petit-Bourg insiste sur la nécessité d’un plan d’action global : « Nous ne pouvons plus faire face seuls. » D’autres communes de l’archipel sont confrontées à des situations similaires, comme le rappelle un incendie de végétation signalé à Vedène qui montre la diversité des risques naturels en France.
En attendant une solution durable
La mairie de Petit-Bourg continue de réclamer des financements de l’État pour achever les barrages et mettre en place un système de collecte efficace. Aucune date n’a été annoncée pour la fin des travaux. En attendant, les mesures d’adaptation scolaire restent en vigueur selon l’évolution des échouements. Les habitants, eux, espèrent que cette nouvelle alerte poussera les autorités à agir rapidement.