PFAS dans trois sources d’eau minérale : Sources Alma ferme ses sites en Ardèche et Loire
Les forages Perle à Vals-les-Bains et la source Parot à Saint-Romain-le-Puy dépassent la norme autorisée pour les eaux embouteillées
Des PFAS ont été détectés dans trois sources exploitées par Sources Alma en Ardèche et dans la Loire. Les niveaux relevés dépassent la limite réglementaire pour les eaux minérales. Les sites ont été fermés et une surveillance renforcée est en place.
Des polluants éternels - les PFAS - ont été détectés dans trois sources d’eau minérale exploitées par le groupe Sources Alma, l’un des plus grands embouteilleurs de France. Les sites concernés : deux forages dits « Perle » à Vals-les-Bains, en Ardèche, et la source Parot à Saint-Romain-le-Puy, dans la Loire. Ces eaux alimentaient les marques Cristaline, Saint-Yorre et Vichy Célestins. Les exploitants ont mis fin à l’utilisation de ces sources.
L’essentiel
- Trois sources fermées : deux forages Perle à Vals-les-Bains (Ardèche) et la source Parot à Saint-Romain-le-Puy (Loire), toutes exploitées par Sources Alma.
- Niveaux hors norme : la source Parot affiche 46,8 ng/L de PFAS, au-delà de la limite de 30 ng/L fixée pour les eaux minérales, mais sous le seuil de 100 ng/L pour l’eau du robinet.
- Parot inexploitable depuis le 1er janvier 2026 : la fermeture définitive est actée par les autorités sanitaires.
- 35 sources contrôlées en 2025 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes : seules ces trois sont touchées, selon Le Figaro et Libération.
- Information judiciaire ouverte en février 2025 à Paris contre Sources Alma pour tromperie, après deux plaintes de l’association Foodwatch.
Ce qui s’est passé à Vals-les-Bains et Saint-Romain-le-Puy
Les détections ont été rendues publiques le 24 avril 2026, relayées simultanément par Le Progrès, Libération, Le Figaro et Sciences et Avenir. Les deux forages Perle situés à Vals-les-Bains, commune ardéchoise d’environ 3 485 habitants selon l’INSEE, sont mis à l’arrêt. Même situation pour la source Parot, à Saint-Romain-le-Puy (4 121 habitants en 2022, INSEE), commune de la Loire exploitée pour la marque Cristaline.
La source Parot est officiellement inexploitable depuis le 1er janvier 2026. Son taux de PFAS - 46,8 ng/L selon France Bleu Saint-Étienne Loire et Ouest-France - dépasse la limite de 30 ng/L imposée aux eaux minérales naturelles. Ce seuil est plus strict que celui applicable à l’eau du robinet (100 ng/L). Sources Alma a indiqué, selon le tweet de suivi de l’affaire, qu’il n’y a pas de risque immédiat pour la santé aux niveaux mesurés.
Sources Alma et ses marques : Cristaline, Saint-Yorre, Vichy Célestins
Sources Alma est l’un des principaux embouteilleurs français. Le groupe exploite notamment les marques Cristaline, Saint-Yorre et Vichy Célestins, toutes trois alimentées par les sources désormais fermées, selon Le Progrès et CNews. La fermeture des forages impacte directement l’approvisionnement, mais Sources Alma n’a pas communiqué à ce stade sur les volumes concernés ni sur les alternatives de production mobilisées.
Sur le plan judiciaire, une information judiciaire a été ouverte en février 2025 à Paris pour tromperie. Elle fait suite à deux plaintes déposées par l’association de défense des consommateurs Foodwatch, selon Le Monde. Cette procédure est distincte des détections rendues publiques en avril 2026, mais elle concerne le même groupe.
Des PFAS : ce que disent les scientifiques sur les risques sanitaires
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques synthétiques produits depuis les années 1950. Ils ne se dégradent pas dans l’environnement, d’où leur surnom de « polluants éternels ». Sciences et Avenir et l’Académie des sciences les associent à des risques pour la fertilité, le système immunitaire et la santé publique en général.
Aux niveaux mesurés ici - inférieurs à 100 ng/L - les autorités sanitaires ne signalent pas de risque immédiat. Mais le dépassement de la norme spécifique aux eaux minérales (30 ng/L) a rendu l’exploitation réglementairement impossible. Cette norme plus stricte pour les eaux en bouteille s’explique par le fait qu’elles sont présentées comme d’une pureté supérieure à l’eau du robinet, et que leur consommation peut être intensive, notamment chez les nourrissons.
À partir du 1er janvier 2026, l’intégration des PFAS dans les programmes réglementaires de contrôle sanitaire des eaux est obligatoire en France, selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Cette obligation avait été anticipée dès 2025 dans la région. La contamination aux polluants environnementaux dans l’eau de consommation reste un sujet de vigilance accrue pour les services sanitaires.
Contexte dans l’Ardèche
Vals-les-Bains est une commune thermale historique de l’Ardèche, dont l’économie est en partie liée à l’exploitation de ses eaux minérales. La fermeture des deux forages Perle représente un signal fort pour ce territoire. L’Ardèche ne dispose pas d’industries chimiques majeures productrices de PFAS sur son sol, contrairement à la « vallée de la chimie » lyonnaise où des acteurs comme Daikin et Arkema ont été pointés du doigt par les enquêtes journalistiques ayant conduit la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes à se saisir du sujet dès 2022.
La préfecture régionale a imposé depuis lors des normes plus strictes aux industriels et mis en place une surveillance élargie. En 2025, ce sont 35 sources qui ont été contrôlées dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon Le Figaro et Libération. Seules ces trois sources - dont deux ardéchoises - ont présenté des dépassements. L’origine de la contamination à Vals-les-Bains n’a pas été précisée à ce stade par les autorités.
Pour les élus locaux et les acteurs du thermalisme ardéchois, cette contamination pose la question de la réputation des eaux de la région. Vals-les-Bains tire une part de son attractivité de la qualité reconnue de ses sources. La mairie n’a pas encore communiqué publiquement sur les suites envisagées.
La réponse des autorités sanitaires
La préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes a confirmé la mise en place d’une surveillance renforcée sur les sites concernés, selon Libération et France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Les exploitants ont arrêté d’eux-mêmes l’utilisation des sources, conformément à la réglementation. L’ARS (Agence régionale de santé) avait anticipé l’obligation légale de contrôle des PFAS dans les eaux dès 2025, ce qui a permis de détecter ces anomalies avant même que la règle nationale ne soit pleinement en vigueur.
Les contrôles obligatoires des PFAS dans toutes les eaux de consommation sont désormais en place depuis le 1er janvier 2026. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise que des travaux d’élargissement aux rejets industriels sont également engagés, sans calendrier précis communiqué pour l’heure. L’exercice de simulation de crue rapide mené par la CNR à Pierre-Bénite sur le Rhône illustre par ailleurs la vigilance croissante des autorités régionales sur l’ensemble des risques liés aux ressources en eau.
Une affaire aux ramifications nationales
L’affaire dépasse le cadre local. Sources Alma est un acteur national dont les marques sont distribuées dans toute la France. La mise en cause de sources aussi connues que Vichy Célestins ou Saint-Yorre a une résonance commerciale et symbolique bien au-delà de l’Ardèche et de la Loire. L’information judiciaire ouverte à Paris en février 2025 pour tromperie - sur la base des plaintes de Foodwatch - pourrait déboucher sur des mises en examen dans les prochains mois, selon Le Monde.
La question de la transparence de l’embouteilleur sur la qualité de ses eaux est au cœur de la procédure. Sources Alma n’a pas encore communiqué sur sa stratégie de défense ni sur les mesures prises pour éviter que des situations similaires se reproduisent sur d’autres sources exploitées par le groupe. Par ailleurs, le sujet des contaminations environnementales agricoles et alimentaires mobilise de plus en plus les services de l’État à l’échelle nationale.
La prochaine étape réglementaire porte sur l’extension des contrôles aux rejets industriels dans les bassins versants alimentant les sources d’eau minérale. Les résultats de ces analyses pourraient préciser l’origine des contaminations détectées à Vals-les-Bains et à Saint-Romain-le-Puy.
Sources
- Le Progrès : Des PFAS détectés dans trois sources d'eau minérale en Ardèche et dans la Loire
- Libération : Cristaline, Saint-Yorre, Vichy Célestins : des PFAS détectés dans trois sources d'eau minérale
- Le Figaro : Polluants éternels : des PFAS détectés dans trois sources d'eau minérale en bouteille
- Sciences et Avenir : Polluants éternels : des PFAS détectés dans trois sources d'eau minérale dans la Loire et en Ardèche