Pithiviers : bus santé et consultations mobiles pour briser l’isolement médical

Face à une densité médicale deux fois inférieure à la moyenne nationale, le Loiret multiplie les initiatives mobiles pour soigner les ruraux isolés.

Pithiviers : bus santé et consultations mobiles pour briser l'isolement médical
Illustration Émilie Dupont / info.fr

Le Loiret compte 64,2 médecins pour 100 000 habitants, contre 124 au niveau national. À Pithiviers, deux dispositifs complémentaires tentent de combler ce fossé : un bus communal vers Orléans et un cabinet itinérant départemental.

La situation est connue, les chiffres la confirment. La densité médicale dans le Loiret est de 64,2 médecins pour 100 000 habitants, selon le Conseil départemental - un chiffre en recul par rapport aux 67,6 enregistrés en 2017, et très loin de la moyenne nationale de 124. Autour de Pithiviers, dans le nord du département, le déficit est particulièrement marqué.

Deux bus, deux logiques

Depuis mi-2024, la commune de Pithiviers affrète un bus santé gratuit une fois par mois. Il relie les habitants à l’hôpital d’Orléans pour des spécialités absentes localement : neurologie, cardiologie. Environ 50 patients par an en bénéficient, principalement des personnes âgées isolées ou à faibles revenus. Le coût : 385 euros mensuels, selon Le Parisien. Le dispositif, prolongé jusqu’en juin 2025, devait se poursuivre si la demande le justifiait.

À l’échelle du département, le Conseil du Loiret a lancé le Bus Loiret Santé le 4 avril 2025. Ce cabinet médical itinérant se déplace dans les zones rurales pour proposer des consultations en ophtalmologie, médecine dentaire et médecine générale. Cible : les patients sans médecin traitant et les personnes à mobilité réduite. Résultat au 17 juin 2025 : 194 rendez-vous programmés en ophtalmologie, dont 131 honorés, selon les données officielles du Département.

Un plan sur cinq ans, 2 millions investis depuis 2017

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Ces initiatives s’inscrivent dans le Plan Priorité Santé 2023-2027 du Département. Il prévoit notamment des consultations d’urgences dentaires dans le Pithiverais et des téléconsultations assistées dans l’Est Orléanais. Depuis 2017, près de 2 millions d’euros ont été investis pour développer maisons de santé et cabinets en zones prioritaires. Soixante-trois professionnels ont été financés, dont 26 médecins généralistes. En 2024, le programme Santé Loiret a financé 7 dossiers pour 57 626 euros, incluant des équipements de téléconsultation.

Le président du Département, Marc Gaudet, résume l’ambition : « Nous allons agir à la fois sur l’amélioration de l’accès aux soins, l’accompagnement simplifié des professionnels de santé, le développement de la formation et le renforcement de l’attractivité de notre territoire. »

Un signal encourageant est apparu en 2026 : la quasi-totalité du Loiret a été classée en Zone d’implantation prioritaire depuis janvier, ce qui facilite l’installation de nouveaux médecins. Selon l’atlas de la démographie médicale 2026 relayé par France Bleu Orléans, le nombre de médecins dans le département a progressé de 3,9 % en un an. Une hausse modeste, qui ne comble pas encore le retard structurel.

Sources

Émilie Dupont

Émilie Dupont

Basée à Orléans, elle traite la métropole, les tensions sur le logement, l'agriculture céréalière et les débats sur la ligne SNCF. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio locale. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les bailleurs, les agriculteurs, vérifier les permis de construire avant de conclure.

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