Plateau de Solaison : le Tour découvre l’inédit HC à 9%
L'étape 15 clôt la deuxième semaine avec une montée de 11,3 km jamais empruntée par la Grande Boucle
Le dimanche 19 juillet, le peloton attaque 183,9 km et 3 950 m de dénivelé entre Champagnole et un sommet inconnu du Tour. Solaison entre dans l'histoire.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Arrivée inédite au sommet
Le Plateau de Solaison fait sa première apparition dans l'histoire du Tour, avec une montée de 11,3 km à 9% classée hors catégorie.
Étape décisive pour le général
La combinaison dénivelé brutal + journée de repos + contre-la-montre le surlendemain peut redistribuer le classement en 48h.
Fatigue cumulée des coureurs
Après le Col de la Croisette (4,7 km à 11,2%) et le Salève (5 km à 11,2%), les jambes attaquent Solaison déjà entamées par 3 000 m de dénivelé.
Précédent Dauphiné : renversements possibles
En 2017, Jakob Fuglsang avait détrôné Richie Porte au dernier jour sur ce même plateau. L'ascension a déjà prouvé son potentiel de bouleversement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2017
Fuglsang détrône Porte
Jakob Fuglsang renverse Richie Porte au dernier jour du Critérium du Dauphiné sur le Plateau de Solaison.
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2022
Vingegaard s'impose
Jonas Vingegaard franchit la ligne en vainqueur lors de la dernière étape du Critérium du Dauphiné au même sommet.
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juin 2026
Del Toro prend les devants
Isaac Del Toro remporte une étape sur le Plateau de Solaison au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, un mois avant le Tour.
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19 juil. 2026
Le Tour découvre Solaison
Première arrivée d'étape du Tour de France au Plateau de Solaison : 11,3 km à 9%, hors catégorie, clôture de la 2e semaine.
Le peloton quitte Champagnole à l’aube du dimanche 19 juillet 2026. Devant lui: 183,9 km - 3 950 m de dénivelé positif - et une arrivée que le Tour de France n’a jamais vue. Le Plateau de Solaison fait son entrée dans la légende.
La montée finale s’étire sur 11,3 km avec une pente moyenne de 9%. Certaines sources affinent: 9,1% selon l’une, 11,1 km à 9,1% selon une autre. Les passages les plus raides atteignent 13-14% - avec des sections à 21,22%. Le dénivelé total de cette ascension: 1 041 mètres. Le sommet culmine à 1 508 m d’altitude.
Le site officiel du Tour de France souligne que « l’ascension, qui présente des caractéristiques propices à un renversement de situation, mène au plat ». L’arrivée est prévue vers 17h41 - si le peloton maintient le rythme de la caravane.
Les cols avant Solaison
Le parcours ne commence pas doucement. Les coureurs affrontent d’abord le Col de la Croisette, classé en catégorie 1: 4,7 km à 11,2%. Puis le Salève, environ 5 km à 11,2% de moyenne. Deux bosses qui épuisent les jambes avant l’ascension décisive.
Quand le peloton attaque Solaison, il a déjà avalé plus de 170 km et près de 3 000 m de dénivelé. Les organisateurs ont choisi de clôturer la deuxième semaine avec cette montée inconnue. Le lendemain: journée de repos. Puis un contre-la-montre individuel à l’étape 16. Tout se jouera ici.
L’histoire cycliste du Plateau
Le Tour découvre Solaison, mais le cyclisme le connaît déjà. Le Critérium du Dauphiné y est passé deux fois: en 2017 et en 2022. En 2017, Jakob Fuglsang avait détrôné Richie Porte au dernier jour. En 2022, Jonas Vingegaard franchissait la ligne en vainqueur du Critérium du Dauphiné.
En juin 2026 - un mois avant le Tour, Isaac Del Toro a remporté une étape sur ce même Plateau lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Il connaît chaque virage, chaque raidillon. Avantage psychologique.
Tadej Pogačar a déjà reconnu l’étape. Il sait ce qui l’attend. Comme Jonas Vingegaard - Remco Evenepoel et Paul Seixas - tous attendus parmi les acteurs majeurs de ce Tour 2026.
Ce que personne ne dit
Le Plateau de Solaison n’est pas un col. C’est un plateau. Pas de descente spectaculaire après l’arrivée, pas de refuge dans la vitesse. La ligne franchie, il faut encore rouler sur le plat d’altitude, à 1 508 m, dans l’air raréfié. Les écarts se creusent jusqu’au bout.
L’étape 15 tombe un dimanche de juillet. Le public sera massé sur les derniers kilomètres. La pente à deux chiffres, la chaleur, le bruit. Les coureurs perdront 10, 20, 30 secondes dans les 500 derniers mètres si les jambes lâchent. Aucun répit, aucune stratégie de placement. Celui qui explose, explose devant tout le monde.
L’organisateur assume le piège
A.S.O. - l’organisateur du Tour, a construit cette étape comme un piège. Le parcours enchaîne les difficultés sans laisser respirer. Le Col de la Croisette, le Salève, puis Solaison. Pas de replat pour reconstituer un peloton explosé.
Les sprinters abandonnent l’idée d’accrocher dans les délais. Les équipiers grimpeurs lâchent leurs leaders à mi-pente. Seuls les meilleurs franchissent la ligne dans un temps acceptable. L’étape devient un filtre.
Le classement général se redessine ici. Pas à cause d’une attaque spectaculaire, mais par usure. Celui qui tient gagne. Celui qui craque perd deux minutes. Peut-être trois.
Le lendemain, repos. Le surlendemain, contre-la-montre. Les jambes brûlées par Solaison n’auront pas récupéré. Le chrono achèvera ce que la montagne a commencé. C’est le pari d’A.S.O.: faire basculer le Tour en 48 heures.
Isaac Del Toro roule quelque part dans le peloton. Il a déjà gagné ici. Il sait où accélérer, où tenir, où lâcher les chevaux. Les favoris aussi ont reconnu. Mais reconnaître et souffrir, ce n’est pas pareil.
Le dimanche 19 juillet, vers 17h30, le premier coureur franchira la ligne. Il aura survécu à 183,9 km, 3 950 m de dénivelé, et 11,3 km d’enfer. Le Tour se jouera peut-être là.
