PME à Lens : l’inflation ralentit, les difficultés persistent
Malgré un recul de l'inflation nationale, les petites entreprises lensoise restent sous pression énergétique et financière.
L'inflation française a reculé à 1,7% en mars 2026, selon l'INSEE. Une bonne nouvelle en apparence. Sur le terrain, à Lens comme ailleurs dans les Hauts-de-France, les PME continuent de serrer les marges.
En mars 2026, l’INSEE confirme une inflation à 1,7% sur un an, contre 0,9% en février. La hausse s’explique principalement par les prix de l’énergie, en progression de 7,3% sur un an, dans un contexte de conflit persistant au Moyen-Orient. La prévision annuelle moyenne pour 2026 est désormais révisée à 1,6%, selon france-inflation.com, dans une fourchette de 1,5% à 2%.
Des chiffres modérés sur le papier. Mais la Banque de France indique que les chefs d’entreprise perçoivent une inflation à 1,5% au premier trimestre 2026, avec des anticipations à 2% à un an. Sur le poste énergie, la réalité ressentie est souvent bien plus lourde.
Les Hauts-de-France, terrain fragile
La région Hauts-de-France concentre une part significative des difficultés nationales. Selon le site matot-braine.fr, 4 397 défaillances d’entreprises ont été recensées sur douze mois à fin septembre 2025 dans la région, soit 6,4% du total national. Les PME, déjà fragilisées par la pression énergétique, absorbent de plein fouet la hausse des coûts.
Le Baromètre 2026 d’AmCham France, cité par la région Hauts-de-France, reconnaît la performance de l’attractivité régionale pour les investissements étrangers. Mais il pointe aussi des freins : instabilité institutionnelle, inflation, et déficit de réformes structurelles pour soutenir les PME.
Des aides ciblées, un risque macro en arrière-plan
Face à la pression sur les carburants, le gouvernement a lancé depuis le 13 avril 2026 un « prêt flash carburant » via Bpifrance, à destination des TPE/PME des transports, de l’agriculture et de la pêche. Montant : de 5 000 à 50 000 euros, à un taux de 3,8%, selon Les Echos. Une aide forfaitaire de 20 centimes par litre est également accordée aux transporteurs routiers pour avril, dans un plan d’urgence de 70 millions d’euros, selon le ministère de l’Économie.
Ces mesures n’effacent pas les inquiétudes sur la trajectoire macro-économique. Le ministre Roland Lescure évoque publiquement « un nouveau choc pétrolier » susceptible de devenir systémique.
Prochaine étape : Un comité d’alerte sur les finances publiques s’est réuni le 21 avril 2026 à Bercy pour évaluer l’impact d’une inflation remontée à 1,9% et d’une croissance limitée à 0,9%, selon La Tribune. Le risque de stagflation, s’il se confirme, pèserait directement sur la capacité des PME à investir et à embaucher.