Pomoy : le préfet va demander un radar fixe sur la RN19, mais Paris freine
Le préfet Serge Jacob s'engage à transmettre la demande de la commune, tout en rappelant que la priorité nationale reste l'entretien des dispositifs existants.
Le préfet de Haute-Saône va formuler officiellement la demande d'installation d'un radar fixe sur la RN19 à Pomoy, portée le 29 mai 2026 par le conseiller départemental Michel Richard. Mais Serge Jacob prévient au niveau national, l'heure n'est plus à l'extension du parc de radars.
L’essentiel
- Vote unanime : Le conseil municipal de Pomoy a approuvé à l’unanimité (10 voix pour, 0 contre) une délibération demandant un radar fixe sur la RN19, vers avril-mai 2026.
- Demande transmise : Le 29 mai 2026, le conseiller départemental Michel Richard a porté cette demande devant le préfet Serge Jacob.
- Frein national : Le préfet rappelle la doctrine en vigueur : « Nous ne sommes plus dans une extension du nombre de radars », selon L’Est Républicain.
- Bilan accidentologique : 63 décès recensés en 30 ans sur la section concernée de la RN19, selon France 3 Régions.
- Déviation validée : Un projet de mise à 2×2 voies Amblans-Genevreuille-Pomoy est acté, avec des travaux attendus vers 2029 et une mise en service complète prévue vers 2036.
Une demande portée jusqu’au préfet
Pomoy, 198 habitants (INSEE 2022), village traversé par la RN19 entre Lure et Vesoul. Depuis des années, élus et riverains alertent sur la dangerosité de cet axe. Le 29 mai 2026, Michel Richard, conseiller départemental du canton de Villersexel, a formellement présenté la demande d’installation d’un radar fixe au préfet de Haute-Saône, Serge Jacob.
Cette démarche fait suite à un vote du conseil municipal, acquis à l’unanimité. Le maire Alexis Henry, 30 ans, élu en mars 2026, avait déjà transmis la délibération au préfet de Haute-Saône et au préfet de région. La demande vise à remplacer l’actuel radar tourelle-leurre pédagogique, situé environ 800 mètres après l’intersection pour Mollans. Cet équipement ne verbalise pas : les riverains le jugent sans effet durable sur les vitesses pratiquées.
Le préfet s’engage, avec des réserves
Serge Jacob, en poste depuis septembre 2025, a confirmé qu’il allait formuler officiellement la demande. Mais il a posé d’emblée le cadre national : « Nous ne sommes plus dans une extension du nombre de radars », selon L’Est Républicain. La priorité des services de l’État porte désormais sur l’entretien du parc existant, non sur la création de nouveaux points de contrôle.
L’installation d’un radar sur une route nationale relève d’une procédure associant la préfecture, les forces de l’ordre et la direction interdépartementale des routes (DIR). La demande de Pomoy devra donc remonter la chaîne administrative avant toute décision. Le délai de réponse n’a pas été précisé.
La semaine de sécurité routière lancée en Haute-Saône face à la hausse des décès illustre le contexte local : la pression sur les pouvoirs publics s’est accrue ces derniers mois dans le département.
Une section surnommée « route de la mort »
Les chiffres avancés par les riverains sont éloquents : 63 décès en 30 ans sur la section concernée, selon France 3 Régions. Des incidents impliquant des poids lourds sortant de route et percutant des habitations ont également été signalés. Dolorès Bainier, membre actif du collectif des riverains et usagers de la RN19, milite depuis plusieurs années pour la déviation et soutient le radar comme mesure transitoire.
En 2024, environ 80 personnes s’étaient rassemblées à Pomoy pour réclamer la sécurisation de l’axe, selon info.fr. Le sujet n’est pas nouveau : il mobilise la commune depuis longtemps, sans aboutir à une solution définitive.
Pour les questions de sécurité sur voies secondaires, les accidents sur routes départementales rappellent que le problème dépasse largement Pomoy.
Contexte dans la Haute-Saône
La RN19 est l’un des axes structurants du département, reliant Vesoul à Lure puis à Belfort. Elle supporte un trafic de poids lourds important, en lien avec les zones industrielles de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Pomoy se situe sur une section non déviée, où le trafic traverse le bourg à faible distance des habitations.
Le préfet Serge Jacob avait présenté le rapport annuel d’accidentologie routière (RASE 2025) aux élus départementaux le 29 mai 2026 - la même journée où Michel Richard portait la demande de Pomoy, selon le compte officiel @Prefet70 et le compte rendu de la réunion. Ce calendrier illustre la pression simultanée sur le préfet en matière de sécurité routière.
Le département compte plusieurs points noirs identifiés sur son réseau national. La doctrine nationale de gel du parc radar complique la réponse aux demandes locales, quel que soit le niveau de risque avéré.
La déviation : solution de fond, horizon 2036
La réponse structurelle au problème de Pomoy est connue : une déviation avec mise à 2×2 voies sur la section Amblans-Genevreuille-Pomoy a été validée. Les travaux sont attendus vers 2029, pour une mise en service partielle vers 2032 et complète vers 2036. D’ici là, les riverains et élus cherchent des mesures transitoires - le radar fixe en est une.
La commune table donc sur deux fronts : obtenir un radar à court terme via la préfecture, et maintenir la pression pour que la déviation reste dans les calendriers prévus.
La réponse formelle de la préfecture de Haute-Saône est attendue dans les mois à venir ; elle conditionnera la suite de la procédure au niveau national.
Sources
- L'Est Républicain : Pomoy demande un radar sur la RN19 : le préfet fera la demande, mais au niveau national, c'est la fin de l'installation de nouveaux dispositifs
- France 3 Régions : Des camions qui rentrent dans les maisons... les habitants de ce village réclament un radar pour mettre fin à cette « route de la mort »
- L'Est Républicain : « C'est la seule solution pour faire baisser la vitesse sur la RN 19 » : élus et riverains de Pomoy réclament un radar fixe
- info.fr : Haute-Saône : le préfet va transmettre la demande de radar à Pomoy, mais Paris freine