Port-La-Nouvelle : le préfet visite Hyd’Occ, 3 000 t d’hydrogène vert pour décarboner le transport
Le 28 mai, le préfet de l'Aude et le sous-préfet de Narbonne ont inspecté l'unité de production de Qair, en service depuis fin 2025.
Le préfet de l'Aude et le sous-préfet de Narbonne se sont rendus jeudi 28 mai à Port-La-Nouvelle pour visiter l'unité Hyd'Occ de Qair. L'installation, opérationnelle depuis décembre 2025, produit jusqu'à 3 000 tonnes d'hydrogène renouvelable par an pour alimenter les mobilités lourdes de la région.
L’essentiel
- Visite officielle : préfet de l’Aude et sous-préfet de Narbonne sur site le 28 mai 2026.
- Production : jusqu’à 2 700-3 000 tonnes d’hydrogène renouvelable par an (phase 1, 20 MW).
- Station de Narbonne : inaugurée le 12 mai 2026, capacité de 600 kg d’hydrogène par jour.
- Investissement phase 1 : environ 55-60 M€, financé par Crédit Agricole, Bpifrance, ADEME, UE et Région Occitanie.
- Impact carbone : évitement estimé à 27 000 tonnes de CO₂ par an en phase 1.
Une visite préfectorale sur le site de production
Le préfet de l’Aude et le sous-préfet de Narbonne se sont déplacés jeudi 28 mai à Port-La-Nouvelle pour visiter l’unité Hyd’Occ de Qair. La visite, annoncée sur le compte officiel de la préfecture, a permis d’inspecter l’installation et d’en rappeler les objectifs : décarboner le transport routier lourd dans le cadre du projet européen « Corridor H2 ».
L’unité est portée par Qair et AREC Occitanie via la société de projet Hyd’Occ. La première pierre avait été posée le 29 juin 2023. Les premières molécules d’hydrogène vert ont été produites début décembre 2025, selon L’Usine Nouvelle.
Comment fonctionne l’unité
L’électrolyseur alcalin de 20 MW transforme l’eau en hydrogène par électrolyse. La capacité installée en phase 1 permet de produire jusqu’à 2 700 tonnes par an, chiffre souvent arrondi à « près de 3 000 tonnes » dans les communications officielles, selon la préfecture de l’Aude.
L’hydrogène produit alimente directement les stations de distribution locales. La station de Narbonne, inaugurée le 12 mai 2026, peut délivrer 600 kg d’hydrogène par jour. Elle est destinée aux véhicules lourds : camions, bus, utilitaires. Le site de Qair mentionne également des usages maritimes, cohérents avec la vocation portuaire de Port-La-Nouvelle.
Un budget de 55-60 M€ et des soutiens multiples
L’investissement de la phase 1 est estimé entre 55 et 60 millions d’euros, selon les données disponibles sur le financement du projet. Le tour de table réunit le Crédit Agricole, Bpifrance, l’ADEME (dans le cadre de France Relance), la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement, ainsi que la Région Occitanie, selon Qair et FuelCellsWorks.
Le projet bénéficie du label « Corridor H2 Occitanie », un axe européen de mobilité zéro émission visant à mailler le territoire en stations hydrogène pour poids lourds. Ce cadre a facilité l’accès aux financements européens.
Contexte dans l’Aude
Port-La-Nouvelle est le deuxième port de commerce de Méditerranée française. La Région Occitanie y a engagé depuis 2019 un vaste programme d’extension portuaire et de transition énergétique, dont Hyd’Occ est une composante. Les éoliennes flottantes prévues au large de Gruissan, à quelques kilomètres, s’inscrivent dans la même dynamique de faire du littoral audois un territoire de production d’énergie renouvelable.
Pour l’Aude, département de 380 000 habitants dont l’économie repose largement sur l’agriculture, le tourisme et un tissu industriel limité, Hyd’Occ représente un investissement industriel significatif. La préfecture de l’Aude multiplie les déplacements sur le terrain ces dernières semaines, signe d’une activité institutionnelle soutenue à l’approche de l’été.
L’évitement de 27 000 tonnes de CO₂ par an annoncé en phase 1 reste à confirmer en conditions réelles d’exploitation : la mise en service industrielle date de fin 2025 et les données de production sur une année pleine ne sont pas encore disponibles.
Phase 2 : doubler la capacité
Qair prévoit une seconde phase portant l’électrolyseur à 40-50 MW, soit une production potentielle de 5 400 à 6 000 tonnes par an. Aucune date de démarrage des travaux n’a été communiquée à ce stade. Le Corridor H2 européen est présenté comme le principal débouché pour absorber cette production supplémentaire.
La réussite commerciale de la phase 1 - notamment le remplissage effectif de la station de Narbonne - conditionnera vraisemblablement le calendrier de la seconde phase, même si Qair ne l’a pas formulé en ces termes.
La préfecture n’a pas précisé à ce stade si d’autres visites officielles ou annonces étaient prévues autour du projet Hyd’Occ dans les prochaines semaines.