Haute-Saône : le potager solidaire de Villers-Vaudey, 14 tonnes de légumes contre la précarité

Lancé il y a onze ans avec la Confédération paysanne, le champ collectif mobilise 70 personnes chaque printemps près de Vesoul.

Haute-Saône : le potager solidaire de Villers-Vaudey, 14 tonnes de légumes contre la précarité
Illustration Laurent Clerc / info.fr

À Villers-Vaudey, à une vingtaine de kilomètres de Vesoul, le Secours populaire de Haute-Saône réunit chaque printemps bénévoles, bénéficiaires et migrants pour cultiver un champ solidaire. En 2026, deux chantiers collectifs ont déjà eu lieu en avril. L'an dernier, 14 tonnes de légumes ont été produites et distribuées.

À Villers-Vaudey, à une vingtaine de kilomètres de Vesoul, le Secours populaire de Haute-Saône réunit chaque printemps bénévoles, bénéficiaires et migrants pour cultiver un champ solidaire. En 2026, deux chantiers collectifs ont déjà eu lieu en avril. L’an dernier, 14 tonnes de légumes ont été produites et distribuées.

L’essentiel

  • 70 ares : superficie du champ solidaire, prêté par une habitante du village de Villers-Vaudey.
  • 14 tonnes : production de légumes l’an passé, distribuée aux bénéficiaires du Secours populaire (selon ICI.fr/France Info).
  • 9 et 24 avril 2026 : deux journées de plantation mobilisant au total plus de 80 participants, bénévoles et bénéficiaires confondus.
  • 45 000 bulbilles d’oignons et 18 000 pieds de pommes de terre plantés lors du seul chantier du 9 avril, selon L’Est Républicain.
  • 11 ans : ancienneté du projet, lancé avec la Confédération paysanne.

Deux journées de plantation en avril 2026

Le 9 avril, une quarantaine de bénévoles issus du Secours populaire, de la Confédération paysanne et de l’Association haut-saônoise de réinsertion et d’accompagnement (AHSRA) se sont retrouvés à Villers-Vaudey. Au programme : 18 000 pieds de pommes de terre et 27 000 bulbilles d’oignons mis en terre, selon L’Est Républicain.

Quinze jours plus tard, le 24 avril, plus de 40 personnes - bénéficiaires, bénévoles et migrants - ont planté 35 000 oignons supplémentaires, ainsi que des pommes de terre et des potimarrons, toujours sur la même parcelle, selon ICI.fr.

Un modèle né d’une rencontre entre associations

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Le projet remonte à onze ans. C’est la Confédération paysanne qui en a posé la condition fondatrice. Emmanuel Mazet, membre de l’organisation agricole, l’explique à ICI.fr : « C’est le Secours populaire qui est venu une année me dire : est-ce que vous, à la Confédération paysanne, vous avez de l’extérieur de production ? Il n’y en avait pas. Donc on s’est dit : on va produire pour vous, mais à une condition, c’est que vous veniez avec des bénévoles. »

Le terrain, 70 ares, est prêté gratuitement par une habitante du village. Aucun loyer n’est versé. Didier Barberot, agriculteur à la retraite qui accompagne le chantier depuis les débuts, décrit une dynamique qui s’est amplifiée au fil des saisons, parlant d’un « effet boule de neige », selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

Au total, environ 70 personnes gravitent autour du projet chaque année - bénévoles réguliers, bénéficiaires du Secours populaire et personnes accompagnées par l’AHSRA dans leur parcours de réinsertion. Ce mélange de profils est revendiqué comme un levier d’intégration, pas seulement un outil de production alimentaire. Des démarches similaires existent ailleurs : en Ardèche, un guichet unique vise aussi à intégrer des personnes étrangères via l’emploi.

14 tonnes produites, une distribution directe

L’an dernier, le potager de Villers-Vaudey a produit 14 tonnes de légumes - pommes de terre, oignons, potimarrons, butternut - intégralement distribués aux bénéficiaires du Secours populaire de Haute-Saône, selon ICI.fr. Aucun intermédiaire commercial : la récolte va directement aux familles accompagnées par l’association.

En 2025, une quarantaine de participants avaient planté plus de 25 000 légumes sur 75 ares dans le cadre du programme national « Mieux manger pour tous », porté par l’État pour lutter contre la précarité alimentaire, selon L’Est Républicain. Le champ de Villers-Vaudey s’inscrit dans ce dispositif.

La lutte contre la précarité alimentaire prend d’autres formes à l’échelle nationale : dans le Cher, des repas à 1 euro ont été mis en place pour les étudiants en mai 2026.

Contexte dans la Haute-Saône

La Haute-Saône (70) affiche un taux de pauvreté monétaire de 16,5 % en 2021, soit environ 23 000 personnes sous le seuil de pauvreté, selon l’INSEE. Ce chiffre dépasse la moyenne nationale, ce qui place le département parmi les territoires ruraux où la précarité alimentaire reste une réalité structurelle.

Vesoul, préfecture du département, concentre une part significative des dispositifs d’aide sociale. Le Secours populaire de Haute-Saône y est l’un des acteurs associatifs les plus actifs, avec des antennes dans plusieurs communes. Le potager de Villers-Vaudey, village de quelques centaines d’habitants, fonctionne comme un site de production décentralisé, distinct des distributions urbaines habituelles.

L’association s’appuie également sur ses actions nationales d’aide alimentaire, qui intègrent les jardins solidaires comme outil d’autonomie et d’accès aux produits frais, selon le Secours populaire.

Récoltes estivales attendues

Les premières récoltes sont attendues cet été. Elles seront distribuées directement aux bénéficiaires du Secours populaire en Haute-Saône. Aucun calendrier précis n’a été communiqué à ce stade par l’association.

Sources

Laurent Clerc

Laurent Clerc

Laurent est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Saône (70), avec Vesoul pour chef-lieu. Spécialité du département : PSA et patrimoine thermal Luxeuil. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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