Précarité alimentaire rurale : Châtillon-sur-Chalaronne face aux foyers isolés

Les épiceries solidaires cherchent à élargir leur portée dans l'Ain pour atteindre les publics les plus éloignés.

Précarité alimentaire rurale : Châtillon-sur-Chalaronne face aux foyers isolés
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Dans l'Ain, la précarité alimentaire a progressé depuis la crise sanitaire, touchant des profils inédits. À Châtillon-sur-Chalaronne, les dispositifs existants peinent encore à couvrir tous les foyers isolés. Un contexte qui pousse acteurs locaux et réseaux nationaux à revoir leur copie.

En 2021, le diagnostic de l’ANSA sur l’aide alimentaire dans l’Ain dressait un constat préoccupant : fragmentation territoriale, problèmes de mobilité, et accès inégal aux aides pour les publics ruraux. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. Selon ce même rapport, la précarité touche désormais des profils nouveaux - étudiants, travailleurs indépendants, familles monoparentales - que les structures traditionnelles n’avaient pas anticipés.

Un maillage encore insuffisant dans le département

En 2020, quatre épiceries solidaires étaient actives dans l’Ain, accueillant 512 ménages, soit 1 304 personnes, selon le diagnostic ANSA. Parmi elles, l’épicerie Au Marché Conté à Bourg-en-Bresse a accompagné 606 personnes cette année-là, ouvrant deux à quatre jours par semaine en lien avec des partenaires locaux pour fournir fruits, légumes et produits secs. Un résultat significatif, mais concentré sur le chef-lieu. Les communes rurales, elles, restent en retrait.

À Châtillon-sur-Chalaronne, la Croix-Rouge locale assure une partie de la réponse : des colis alimentaires sont distribués aux familles en difficulté, financés par le CCAS et achetés auprès de commerçants châtillonnais, comme le rapporte la mairie. Un circuit court qui valorise l’économie de proximité, mais dont la portée reste limitée en volume.

Les municipales 2026, un levier pour aller plus loin

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Le réseau national Andès, qui fédère plus de 625 épiceries solidaires accompagnant 250 000 personnes par an en France, a publié ses recommandations à l’attention des communes à l’approche des élections municipales 2026. Un webinaire d’accompagnement s’est tenu le 9 mars 2026, proposant aux collectivités des pistes concrètes pour créer ou faire évoluer leurs structures d’aide alimentaire.

La Fédération Léo Lagrange cite pour sa part l’exemple de Brest en 2025, où une épicerie solidaire a été mise en place avec tarification différenciée et achats directs aux producteurs locaux - un modèle qui favorise à la fois mixité sociale et circuits courts.

Pour Châtillon-sur-Chalaronne et les communes rurales de l’Ain, la question reste ouverte : les prochaines échéances municipales pourraient constituer un moment décisif pour structurer une réponse plus complète à la précarité alimentaire. Les outils existent. Reste à savoir si les volontés politiques locales suivront.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Correspondant à Bourg-en-Bresse depuis sept ans, suit l'actualité politique locale et les dossiers économiques de l'Ain. Couvre la zone industrielle du Plastics Vallée, les tensions autour du contournement routier, l'agriculture bressane et les restructurations dans la métallurgie. Refuse les analyses toutes faites : vérifie chaque chiffre sur le terrain, interroge élus et salariés avant de publier.

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