Procès de l’ex-prof de L’Argentière-la-Bessée : jugé pour viols sur collégiennes du 22 au 26 juin à Gap
Mickaël M., ancien professeur de français au collège Les Giraudes, comparaît devant la cour criminelle des Hautes-Alpes pour des viols et agressions sexuelles sur dix adolescentes. La procédure aura duré neuf ans.
Le procès de Mickaël M., ancien professeur de français à L'Argentière-la-Bessée, s’ouvre lundi 22 juin devant la cour criminelle de Gap. Accusé de viols et agressions sexuelles sur dix collégiennes, il risque une lourde peine. L’affaire, marquée par une première plainte classée sans suite en 2017, a mis neuf ans à aboutir.
L’essentiel
- Procès : du 22 au 26 juin 2026 à la cour criminelle de Gap.
- Accusé : Mickaël M., 38 ans, ancien professeur de français au collège Les Giraudes de L’Argentière-la-Bessée.
- Victimes : dix collégiennes, âgées de 12 à 15 ans au moment des faits (2015-2018).
- Procédure : neuf ans entre la première plainte (juin 2017) et le procès.
- Faits reprochés : viols, agressions sexuelles, emprise psychologique et contrat inspiré de « 50 Nuances de Grey ».
Un procès attendu après neuf ans de procédure
Le procès de Mickaël M. s’ouvre lundi 22 juin à la cour criminelle des Hautes-Alpes, à Gap. Il est prévu pour durer cinq jours, jusqu’au vendredi 26 juin. L’ancien professeur de français, aujourd’hui âgé de 38 ans, est accusé de viols et d’agressions sexuelles sur dix de ses anciennes élèves, scolarisées au collège Les Giraudes de L’Argentière-la-Bessée.
Selon une source judiciaire confirmée par plusieurs médias, dont France 3 Régions et Le Figaro, les faits se seraient déroulés entre 2015 et 2018. Les victimes étaient alors âgées de 12 à 15 ans. L’affaire a été révélée par une première plainte déposée en juin 2017 par une élève de 5e, mais classée sans suite. C’est une seconde plainte pour viol, déposée en février 2018 par une collégienne de 13 ans, qui a relancé les investigations.
Des accusations d’emprise et un « contrat »
D’après l’enquête, Mickaël M. aurait instauré une emprise psychologique sur plusieurs de ses élèves. Il leur aurait notamment imposé un contrat écrit, inspiré du roman « 50 Nuances de Grey », détaillant des règles vestimentaires et comportementales. Les accusations portent sur des viols, des agressions sexuelles et des actes de corruption de mineurs.
Dix anciennes élèves se sont constituées parties civiles. Leur avocate, contactée par La Dépêche, a déclaré que « ces jeunes femmes ont attendu des années pour que leur parole soit entendue ». L’accusé, lui, a toujours contesté les faits les plus graves, reconnaissant seulement des relations « consenties » avec certaines adolescentes, selon les éléments de l’instruction.
Une procédure jalonnée de rebondissements
La chronologie judiciaire illustre la lenteur du dossier. Première plainte classée en juin 2017. Relance en février 2018. Mise en examen de Mickaël M. en février 2019, sous contrôle judiciaire. Entre-temps, l’enseignant a continué à exercer au collège jusqu’en 2019, avant de devenir moniteur-éducateur, toujours sous contrôle judiciaire.
La date du procès a été fixée après plusieurs renvois. Sur X, Anna Dubos, qui se présente comme témoin direct, a tweeté le 18 juin : « L’affaire du prof de français de L’Argentière-la-Bessée, c’est 9 ans de procédure. Procès du 22 au 26/6 à la Cour criminelle de Gap. » Ce tweet confirme la durée exceptionnelle de l’instruction.
Ce type d’affaire rappelle d’autres dossiers récents, comme à Morières-lès-Avignon où un animateur a été visé par une plainte pour agression sexuelle, ou encore l’affaire de Reims où un adolescent a été grièvement blessé par balle, qui montrent la sensibilité des violences faites aux mineurs.
Contexte dans les Hautes-Alpes
L’Argentière-la-Bessée est une commune de 2 300 habitants située dans la vallée de la Durance, dans les Hautes-Alpes. Le collège Les Giraudes est le seul établissement secondaire de la ville. L’affaire a profondément marqué cette petite communauté rurale de montagne, où l’enseignant était connu de tous. Le département des Hautes-Alpes, peu densément peuplé (environ 140 000 habitants), n’avait pas connu de procès pour viols multiples sur mineurs depuis plusieurs années. Ce dossier a relancé le débat sur le signalement et le traitement des plaintes dans les zones rurales, où les victimes hésitent parfois à parler.
Prochaine étape : l’ouverture des débats
L’audience débutera lundi 22 juin à 9h à la cour criminelle de Gap. La cour, composée de magistrats professionnels et de jurés, devra statuer sur la culpabilité de Mickaël M. et, le cas échéant, fixer la peine. L’accusé encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu au plus tard vendredi 26 juin en fin de journée.
Sources
- France 3 Régions : Plaintes répétées, viols, emprise... Ce que l'on sait du professeur de collège accusé par dix anciennes élèves avant son procès
- La Dépêche : Abus sexuels, emprise psychologique et 'contrat' : un professeur de français est accusé d'avoir agressé une dizaine de collégiennes
- Le Figaro : Viols, emprise et 'contrat' à la '50 nuances de Grey' : dans les Hautes-Alpes, un professeur accusé d'avoir abusé de dix collégiennes
- X : Tweet d'Anna Dubos sur le procès