Procès d’Ary Chalus à Paris : le président de la région Guadeloupe jugé pour détournements de fonds publics
L’élu comparait avec sa compagne et sa fille devant la 32e chambre correctionnelle pour des faits présumés d’emplois fictifs et d’usage frauduleux de frais de mandat.
Le 24 juin 2026, Ary Chalus, président de la région Guadeloupe, comparaît à Paris pour détournement de fonds publics. Il est soupçonné d’avoir employé fictivement sa fille et sa compagne comme collaboratrices parlementaires et d’avoir utilisé de manière indue ses indemnités de frais de mandat. Le préjudice total est estimé à plus de 255 000 euros.
L’essentiel
- Fait 1 : Le procès d’Ary Chalus s’ouvre le 24 juin 2026 devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris.
- Fait 2 : Les faits reprochés portent sur des emplois présumés fictifs de sa fille et de sa compagne, ainsi qu’un usage non conforme de son indemnité de frais de mandat (IRFM).
- Fait 3 : Le préjudice global est évalué à plus de 255 000 euros, dont 208 000 euros réclamés par l’Assemblée nationale.
Ce qui est reproché à Ary Chalus
Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, est jugé à partir de ce mercredi 24 juin 2026 devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Les faits qui lui sont reprochés s’étendent de juin 2012 à juillet 2017, période durant laquelle il était député de la Guadeloupe et maire de Baie-Mahault. Il est poursuivi pour détournement de fonds publics et usage non conforme de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), selon les informations de plusieurs médias locaux, dont RCI.
L’élu est soupçonné d’avoir employé de manière fictive deux de ses proches : sa fille Nathalie Chalus et sa compagne Francette Gourdine-Bachou, toutes deux poursuivies pour recel de détournement de fonds publics. Selon le dossier, la fille du président de région aurait été rémunérée comme collaboratrice parlementaire alors qu’elle occupait simultanément un emploi salarié à temps plein dans le privé. Sa compagne, elle, aurait perçu ces salaires tout en suivant à temps plein des études d’infirmière, indique la même source.
Le montant du préjudice présumé lié à ces deux emplois est estimé respectivement à 67 861 euros pour Nathalie Chalus et 27 603 euros pour Francette Gourdine-Bachou.
Une utilisation contestée de l’IRFM
Ary Chalus se voit également reprocher un détournement de 96 000 euros via un usage non conforme de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Cette enveloppe, allouée aux parlementaires pour couvrir leurs frais professionnels, aurait été utilisée à des fins personnelles, selon l’accusation.
Deux parties civiles se sont constituées dans ce dossier. L’Assemblée nationale réclame environ 208 000 euros de préjudice. La commune de Baie-Mahault, dont Ary Chalus était maire, demande pour sa part 47 000 euros pour des remboursements indus de frais de mandat, comme l’a rapporté Le Courrier de Guadeloupe.
Un calendrier judiciaire chargé
Le procès est programmé sur trois journées : les 24, 25 et 29 juin 2026. Il s’agit du deuxième volet judiciaire pour Ary Chalus : il a déjà été condamné en appel en mai 2025 à deux ans d’inéligibilité pour dépassement des frais de campagne lors de l’élection régionale de 2015, rappelle Le Monde.
Cette nouvelle affaire pourrait avoir des conséquences directes sur son avenir politique. Ary Chalus, 66 ans, préside la région Guadeloupe depuis 2015 et avait été réélu en 2021.
Contexte dans le département de la Guadeloupe
La Guadeloupe, département d’outre-mer de près de 380 000 habitants, est marquée par une forte attente citoyenne en matière de probité des élus. Selon l’INSEE, le taux de chômage y dépasse les 18 %, et les affaires de délinquance financière érodent la confiance dans les institutions locales. La commune de Baie-Mahault, deuxième ville du département avec environ 30 000 habitants, est régulièrement confrontée à des problématiques de gestion - comme récemment les perturbations du réseau d’eau, signalées par le SMGEAG en juin 2026. Ce procès, qui se tient à Paris et non en Guadeloupe, est suivi de près par la classe politique locale et les médias ultramarins.
Par ailleurs, la région est actuellement engagée dans des débats sur la gestion de l’eau - le Congrès de l’eau de 2026 vient de proposer une OIN décennale - et la sécurité, avec des opérations récentes de la BAC, comme celle menée à Grand-Baie.
Ce que dit la défense
Les avocats d’Ary Chalus n’ont pas encore communiqué publiquement sur le fond du dossier à l’ouverture du procès. Contacté par plusieurs médias, le conseil de l’élu n’a pas souhaité faire de déclaration ce mercredi matin. La défense devrait plaider l’absence d’intention frauduleuse et contester le caractère fictif des emplois.
Prochaine étape
Les audiences se poursuivent jeudi 25 et lundi 29 juin. Le jugement devrait être mis en délibéré à l’issue des trois journées de débats.