Procès aux assises d’Agen : 20 ans de réclusion requis contre le meurtrier présumé de Séverine Béziat
Le procès de Claude Olivier, jugé pour le meurtre d’une mère de famille en 2023, s’est achevé ce mercredi 24 juin. L’avocat général a requis vingt ans de réclusion criminelle.
Ouvert lundi 22 juin devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne, le procès de Claude Olivier, 40 ans, pour le meurtre de Séverine Béziat (39 ans) s’achève ce mercredi. L’accusé a reconnu avoir poignardé la victime à 39 reprises en octobre 2023. L’avocat général a requis 20 ans de réclusion.
L’essentiel
- Fait 1 : Le procès de Claude Olivier s’est ouvert le 22 juin 2026 devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne à Agen.
- Fait 2 : Séverine Béziat a été tuée de 28 coups de couteau le 1er octobre 2023 à Sos ; son corps a été retrouvé dans sa voiture à Sainte-Maure-de-Peyriac.
- Fait 3 : L’avocat général a requis 20 ans de réclusion criminelle le matin du 24 juin 2026.
- Fait 4 : Il s’agit du second féminicide jugé en 2026 par la cour d’assises du Lot-et-Garonne, après celui de Rianne Kroeun.
Ce qui s’est passé le 1er octobre 2023
Séverine Béziat, 39 ans, mère de deux enfants, a été tuée de multiples coups de couteau le 1er octobre 2023. Selon les éléments présentés lors du procès, son corps a été découvert le lendemain après-midi par son compagnon, dans sa voiture stationnée à Sainte-Maure-de-Peyriac. L’autopsie a recensé 39 plaies, dont certaines mortelles.
Les faits se sont déroulés dans un chemin forestier de la commune de Sos, au sud du département. Claude Olivier, un ami de la famille âgé d’une quarantaine d’années, avait donné rendez-vous à la victime. Selon l’accusation, il l’a frappée à l’arme blanche avant de transporter son corps en voiture pour l’abandonner à une trentaine de kilomètres de là.
Interpellé rapidement, Claude Olivier a reconnu les faits dès sa garde à vue, sans en expliquer les motifs, selon Le Petit Bleu. Une reconstitution a été organisée en juin 2024, sous un important dispositif de gendarmerie.
Le profil de l’accusé et les témoignages des proches
Durant les deux premiers jours d’audience, la cour a examiné la personnalité de Claude Olivier. Les sœurs de l’accusé ont livré un témoignage marquant : elles ont décrit une enfance marquée par un père sévère et des violences éducatives, ainsi qu’une relation complexe avec leur mère, comme le rapporte La Dépêche du Midi.
L’expertise psychiatrique a décrit un homme au « mode de vie à l’ancienne », souffrant de solitude affective et amicale. Le mobile retenu par l’accusation est lié à l’annonce faite par Séverine Béziat de son hospitalisation pour dépression : cette nouvelle aurait provoqué une « crise » chez l’accusé, qui l’aurait alors frappée mortellement.
La partie civile a souligné le caractère soudain et violent du passage à l’acte. Les avocats de la défense, de leur côté, plaident pour une prise en compte des troubles psychologiques de leur client.
Les réquisitions : 20 ans de réclusion criminelle
Ce mercredi 24 juin au matin, l’avocat général a pris la parole. Il a requis une peine de vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre de Claude Olivier, conformément à ce qu’a rapporté une source judiciaire. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité, mais les réquisitions se situent dans la fourchette moyenne pour ce type de crime, compte tenu de sa personnalité et de ses antécédents.
La cour d’assises, composée de magistrats professionnels et de jurés, doit maintenant délibérer. Le verdict est attendu en fin de journée. Claude Olivier, qui s’est exprimé au cours des débats, a réitéré ses regrets.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Ce procès est le second féminicide jugé en 2026 par la cour d’assises du Lot-et-Garonne. Le premier concernait l’affaire Rianne Kroeun, jugée en début d’année. Le département, qui compte environ 330 000 habitants, connaît chaque année plusieurs affaires de violences conjugales mortelles. En 2023, le parquet d’Agen avait enregistré une légère hausse des plaintes pour violences intrafamiliales.
Le meurtre de Séverine Béziat, dont le corps a été abandonné sur la commune de Sainte-Maure-de-Peyriac (moins de 400 habitants), avait suscité une vive émotion dans le secteur. La famille de la victime, originaire de Sos, reste très implantée dans la vallée de la Gélise.
Ce dossier s’inscrit dans une actualité judiciaire dense en région, où d’autres affaires de violences conjugales sont jugées, comme récemment à Albi (Tarn) ou dans le Gers suite au rapport accablant sur l’affaire Lyhanna.
La famille de la victime : une cagnotte pour financer le procès
Pour mener ce procès, la fille de Séverine Béziat a lancé une cagnotte en ligne. Les frais d’avocat se sont élevés à plus de 11 000 euros, selon les informations communiquées par la famille. Cette somme a été en partie couverte par les dons. L’audience a été marquée par la présence de nombreux proches de la victime.
Le verdict est attendu ce mercredi soir. Si Claude Olivier est reconnu coupable, il sera condamné à une peine de réclusion criminelle, assortie éventuellement d’une période de sûreté. La cour d’assises doit se prononcer sur la culpabilité et la peine.
Sources
- La Dépêche du Midi : Mère de famille poignardée par un ami en Lot-et-Garonne : mode de vie à l'ancienne, solitude affective et amicale... la personnalité atypique du meurtrier
- Le Petit Bleu : Mère de famille poignardée par l'un de ses amis en Lot-et-Garonne : le procès du meurtrier présumé s'ouvre devant la cour d'assises