Procès du Marché du Soleil à Marseille : 4 ans avec sursis requis contre le propriétaire

Le parquet a requis quatre ans de prison avec sursis, la fermeture définitive du marché et la confiscation des biens contre Georges Dahan, 81 ans.

Procès du Marché du Soleil à Marseille : 4 ans avec sursis requis contre le propriétaire
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Du 22 au 26 juin 2026, le tribunal correctionnel de Marseille a jugé 18 prévenus dans l’affaire du Marché du Soleil, qualifié de « plaque tournante nationale » de la contrefaçon. La procureure a demandé une peine de quatre ans avec sursis pour le propriétaire historique, Georges Dahan.

L’essentiel

  • Réquisitions : Quatre ans de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende avec sursis et fermeture définitive du Marché du Soleil ont été requis contre Georges Dahan, 81 ans.
  • Saisie record : 206 054 articles de contrefaçon ont été saisis en février 2026, pour une valeur estimée à 42 millions d’euros.
  • Prévenus : 18 personnes et 3 sociétés sont jugées, dont trois policiers municipaux et une fonctionnaire préfectorale pour corruption présumée.

Le tribunal correctionnel de Marseille a examiné du 22 au 26 juin l’une des plus importantes affaires de contrefaçon des Bouches-du-Rhône. Durant ces cinq jours d’audience, la 6e chambre a entendu les 17 prévenus, dont Georges Dahan, propriétaire emblématique du Marché du Soleil, situé dans le 15e arrondissement.

Des réquisitions lourdes pour l’octogénaire

Le 25 juin, la procureure Anne-Sophie Larrouy a requis une peine de quatre ans d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende de 30 000 euros avec sursis, à l’encontre de Georges Dahan. Elle a également demandé la fermeture définitive de l’établissement et la confiscation de l’ensemble immobilier, estimé à plus de 2,6 millions d’euros, selon Nice-Presse. Le parquet a qualifié le Marché du Soleil de « plaque tournante nationale de la contrefaçon », un trafic qui aurait généré des profits considérables.

Âgé de 81 ans, Georges Dahan s’est défendu en affirmant avoir été « dépassé » par l’explosion du trafic après la crise du Covid-19. Il a plaidé la négligence, se présentant comme un simple bailleur qui n’avait pas mesuré l’ampleur des activités illicites dans ses murs. Son avocat a souligné son âge et son absence d’antécédents judiciaires pour tenter d’atténuer les réquisitions.

Une enquête marquée par une saisie record

L’affaire a pris une ampleur nationale après la saisie, en février 2026, de 206 054 articles contrefaits dans les locaux du Marché du Soleil. Cette opération, menée par les douanes et la police judiciaire, a porté sur des vêtements, chaussures, maroquinerie et accessoires de luxe. La valeur estimée de cette marchandise atteint 42 millions d’euros, selon INFO.FR. Un échantillon des produits contrefaits a d’ailleurs été détruit symboliquement le 18 juin par les douanes à Marseille.

L’enquête a mis en lumière une organisation structurée. Le chiffre d’affaires de la société AMG Promotion, qui gère le marché, est passé de 700 000 euros en 2020 à 1,7 million d’euros en 2024, une progression que le parquet considère comme directement liée à l’essor du trafic de faux.

Trois policiers municipaux et une fonctionnaire préfectorale poursuivis

Parmi les 17 prévenus, des agents publics sont accusés d’avoir facilité le trafic. Trois policiers municipaux marseillais et une fonctionnaire de la préfecture des Bouches-du-Rhône sont poursuivis pour corruption. Selon l’accusation, ils auraient fermé les yeux sur les activités illégales en échange de marchandises contrefaites. Leur procès s’inscrit dans un volet distinct de l’affaire, qui révèle une porosité entre les trafiquants et certains représentants de l’autorité.

Les auditions de ces fonctionnaires ont occupé une partie des débats. La défense de ces agents conteste les faits, arguant de simples gestes de courtoisie et non d’une corruption systématique. Le tribunal devra déterminer la réalité de ces compromissions.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Marseille, comme l’ensemble du département, fait face à un problème récurrent de contrefaçon lié à l’économie souterraine. Le Marché du Soleil était connu depuis plusieurs années comme un point de vente majeur de faux articles de luxe, attirant une clientèle régionale mais aussi des revendeurs venus d’autres régions. Les saisies de 2026 constituent un record dans le département. Parallèlement, les Bouches-du-Rhône connaissent une recrudescence de violences, comme en attestent les homicides récents à Nantes - un phénomène suivi de près par les autorités locales. Le procès du Marché du Soleil intervient alors que les forces de l’ordre accentuent leurs opérations contre les trafics dans les quartiers Nord de Marseille.

Cette affaire illustre les difficultés à endiguer un commerce illégal qui prospère sur la demande de produits de luxe à bas prix. La fermeture définitive du marché, si elle est confirmée, priverait le quartier d’un pôle commercial historique, mais aussi d’une source de nuisances.

La défense plaide la naïveté, le parquet dénonce un système

Les audiences ont opposé deux visions. Pour l’accusation, Georges Dahan ne pouvait ignorer l’ampleur du trafic, compte tenu des volumes et de la notoriété du lieu. La défense a insisté sur le caractère artisanal et familial de la gestion, Dahan n’étant pas un spécialiste de la contrefaçon. À Marseille, d’autres dossiers économiques et judiciaires occupent l’actualité, comme en témoigne le mercato hésitant de l’OM. Mais le Marché du Soleil reste un symbole des dérives liées au trafic de faux dans la cité phocéenne.

Les réquisitions visent aussi les sociétés impliquées, notamment AMG Promotion, dont le gérant est également poursuivi. Le parquet a demandé des amendes conséquentes et l’interdiction d’exercer pour certaines personnes morales.

Le jugement devrait être mis en délibéré. Les débats clos le 26 juin laissent place à l’attente d’une décision que les parties espèrent rapide, compte tenu de l’âge du principal prévenu et de l’enjeu symbolique pour le quartier.

Alexandre
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Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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