Relève française en F1 : Giusti et Consani, prochains tricolores après Hadjar ?
Avec trois tricolores sur la grille 2026, la France prépare sa relève Giusti, Consani, Deligny
Avec trois pilotes sur la grille 2026, la France brille en Formule 1. Mais seuls quatre juniors français figurent dans les académies, et la fenêtre se referme vite.
- Trois pilotes français sur la grille 2026 Gasly, Ocon et Hadjar, 72e tricolore de l'histoire
- Seuls quatre Français dans les académies F1 Giusti (Williams), Consani (Mercedes), Deligny et Nuvolini
- Giusti, 19 ans, termine 10e de la FIA F3 2025 en rookie après son titre F4 France 2022
- Consani, 16 ans, vice-champion F4 UAE 2026 avec 3 victoires, pépite du programme Mercedes
- Pourchaire, champion F2 2023, attend toujours un baquet malgré son titre
La France compte trois pilotes en Formule 1 pour la saison 2026: Pierre Gasly chez Alpine - Esteban Ocon chez Haas et Isack Hadjar chez Oracle Red Bull Racing. Hadjar, devenu le 72e tricolore en 2025 - a signé son premier podium au Grand Prix des Pays-Bas 2025 à 20 ans, 11 mois et 3 jours - record français. Derrière ce trio, une génération née entre 2006 et 2016 cherche à poursuivre cette dynamique.
Les protégés des écuries
Seuls quatre Français figurent dans les programmes de développement des écuries de Formule 1 en 2026. Alessandro Giusti - né le 10 septembre 2006 - champion de France F4 en 2022 - a rejoint la Williams Racing Academy en 2024. Il termine 10e de la FIA F3 2025 en rookie, à 19 ans.
Andy Consani - né le 7 février 2010 - a intégré le Mercedes Junior Team en 2025. Vice-champion de F4 UAE début 2026 avec 3 victoires - il s’attaque aux championnats d’Italie de F4 et d’Euro 4. C’est la pépite du programme Mercedes.
Enzo Deligny - né le 17 avril 2008 - poursuit en FIA F3 après sa sortie du Red Bull Junior Team. Sa pointe de vitesse naturelle en fait un candidat à long terme malgré l’absence de structure. Many Nuvolini - au sein du programme junior de Mercedes depuis 2025, reste en karting où il s’est forgé une réputation solide.
Les parcours alternatifs
Evan Giltaire - champion F4 France 2023, a choisi le Japon. Engagé en compétition automobile japonaise, il impressionne lors de tests dans des catégories de haut niveau. Une voie originale qui peut payer si les résultats suivent.
Jules Caranta - diversifie son expérience en Eurocup-3 et en endurance, notamment en Le Mans Cup. Des victoires marquantes en F4 France lui donnent une base solide, mais le manque de structure F1 complique l’accès au sommet.
Arthur Dorison - champion du monde de Karting OK-Junior en 2022 [^fc1] et vice-champion de F4 France, cherche encore la filière qui lui permettra de franchir les étapes. Sans programme F1, le talent seul ne suffit plus.
La génération karting
Amine Pantoli - surnommé « Amineton » en référence à son idole Lewis Hamilton, impressionne en karting international à seulement 10 ans. Jade Jacquet s’est révélée lors du championnat de France junior de karting en 2024, avec un soutien Williams. Victor Bernier - Pierre-Louis Chovet et Enzo Joulié ont été mis en lumière dans des compétitions de karting nationales et internationales.
Mais entre le karting et la F1, le parcours s’est durci. Les coûts explosent dès la F4, les sièges se raréfient en F3 et F2. Sans académie ni financement solide, le talent ne suffit plus.
Le mur financier et le timing
Passer du karting à la F4 représente un investissement important par saison. La F3 et la F2 nécessitent des budgets encore plus conséquents. Pour Alessandro Giusti, 19 ans en 2026 - la fenêtre est étroite: il doit viser la F2 dans les prochaines années pour rester dans le pipeline Williams. Andy Consani a plus de temps mais doit accumuler les titres en F4 et F3 pour rester dans le programme Mercedes. Deligny, sans académie, doit trouver un sponsor capable de couvrir les coûts de la F3. Sans budget, le moindre retard est fatal.
La F2, dernier verrou
Théo Pourchaire - champion de F2 en 2023 et lié à Sauber-Audi, Victor Martins et Sami Meguetounif - engagé en F2 pour 2025 - incarnent la génération intermédiaire. Ils ont franchi toutes les étapes, mais restent bloqués faute de siège disponible. Pourchaire a le titre, pas le baquet. Martins accumule les podiums sans décrocher de contrat. Meguetounif doit confirmer en F2.
La logique voudrait qu’un champion de F2 monte en F1. La réalité, c’est que les écuries privilégient leurs propres juniors ou des pilotes expérimentés. Le titre de Pourchaire en 2023 n’a pas suffi. Tant que les portes resteront fermées en F2, la génération 2006-2016 devra attendre.
Ce que personne ne dit
Avec trois Français sur la grille 2026 - la France brille. Mais seuls quatre pilotes français figurent dans les académies F1 en 2026. Le calcul est simple: si aucun nouveau junior français n’intègre une académie dans les deux prochaines années, la relève se tarira dès 2028-2029. Giusti et Consani ont une fenêtre étroite. Deligny n’a plus de structure. Les autres sont trop jeunes ou trop loin du pipeline.
La faille actuelle n’est pas inédite, mais la concurrence internationale est aujourd’hui plus féroce.
Doriane Pin - championne de la F1 Academy en 2025 et pilote de développement pour Mercedes, vise la Formule 1. Lisa Billard - soutenue par Esteban Ocon - a intégré la F1 Academy avec ART GP. Mais la voie féminine reste semée d’obstacles: aucune femme n’a encore réussi le parcours complet F1 Academy → F2 → F1. Le passage en F2 exige des performances de haut niveau et un financement conséquent. Pin et Billard doivent d’abord dominer la F1 Academy, puis trouver un baquet en F2, ce qui n’a jamais été réalisé par une pilote. La visibilité offerte par la F1 Academy est un premier pas, mais le dernier kilomètre reste à écrire.
Le verdict
Le prochain pilote français en F1 viendra probablement des quatre juniors sous contrat. En tête, Alessandro Giusti (19 ans - Williams Academy, 10e de F3 2025 ): il coche les cases de l’âge et du soutien, mais la concurrence chez Williams pour un baquet dans les prochaines années est rude et son budget encore incertain. Andy Consani bénéficie du plus long temps de développement et de la puissance de Mercedes; sa fenêtre s’ouvre à plus long terme, ce qui en fait le favori. Enzo Deligny doit d’abord convaincre une écurie ou un sponsor; ses chances à court terme sont faibles. Many Nuvolini, encore en karting, est trop éloigné du pipeline F1 pour être considéré avant plusieurs années. En conclusion, Consani semble le mieux placé si Mercedes ouvre un siège, mais Giusti reste le plus proche chronologiquement d’un baquet F1.
Sources
- Formula One drivers from France - Wikipedia
- Alessandro Giusti - Wikipedia
- Andy Consani - Mercedes-AMG Petronas F1 Team
- Enzo Deligny - Wikipedia
- Les pilotes français en Formule 1 - Red Bull
- French drivers in F1 academies 2026 - AutoHebdo
- Alessandro Giusti Formula 3 2026 - Williams F1
- Hadjar earns Red Bull seat for 2026 - Formula 1