Projet de data center Google à Châteauroux : un an après, l’incertitude persiste
Alors que l'option d'achat exclusive arrive à échéance, aucune décision définitive n'a été prise. La concertation publique débutera prochainement.
Un an après le vote du conseil communautaire de Châteauroux Métropole autorisant un compromis de vente de 195 hectares à Google, le projet de data center reste en suspens. La CNDP a lancé une concertation préalable, tandis que l'opposition locale s'organise. Aucune décision d'implantation n'est encore actée.
L’essentiel
- 24 juin 2025 : Châteauroux Métropole autorise un compromis de vente de 195 ha à une filiale de Google pour 58,5 M€.
- 1er avril 2026 : La Commission nationale du débat public (CNDP) ordonne une concertation préalable sur le projet et son raccordement électrique.
- Option d’achat : L’exclusivité d’un an accordée à Google arrive à échéance sans décision définitive d’implantation.
- 29 mai 2026 : Une réunion publique d’opposition organisée par le collectif « Ozans dire NON ! » et les Écologistes-36 réunit des habitants inquiets.
Le projet d’implantation du premier data center de Google en France, sur la Zac d’Ozans à Étrechet, près de Châteauroux, n’a pas avancé d’un pas décisif depuis le vote du conseil communautaire il y a un an. Alors que l’option exclusive d’achat du terrain arrive à échéance, la question de l’implantation finale reste entière.
Un compromis de vente signé il y a un an
Le 24 juin 2025, les élus de Châteauroux Métropole avaient approuvé un compromis de vente exclusif portant sur 195 hectares de terrains agricoles, pour un montant de 58,5 millions d’euros. L’acquéreur était Tricolore Computing, une filiale française de Google. L’accord offrait au géant américain une période d’exclusivité d’un an pour mener des études de faisabilité.
Cette surface devait accueillir à terme entre 8 et 10 bâtiments abritant des serveurs, avec une puissance électrique estimée à 500 MW - l’équivalent de la consommation de tout le département de l’Indre. Le projet incluait également un raccordement par une nouvelle ligne aérienne à 400 000 volts, portée par RTE, longue de plus de 10 kilomètres.
La concertation publique ordonnée par la CNDP
Le 1er avril 2026, la Commission nationale du débat public (CNDP) a décidé d’organiser une concertation préalable, conformément à la loi. Ce dispositif, qui associe citoyens, associations et collectivités, doit se dérouler avant le dépôt de toute demande d’autorisation. Trois garants ont été désignés : Marie-Claire Eustache, Romane Harmel-Samarcq et Jean-Louis Laure.
La concertation portera à la fois sur le centre de données lui-même et sur son raccordement électrique par RTE. Les opposants y voient l’occasion de faire valoir leurs arguments, tandis que Google n’a pas communiqué de calendrier précis pour une éventuelle décision finale.
L’opposition monte en puissance
Le collectif « Ozans dire NON ! » et les Écologistes-36 ont organisé une réunion publique le 29 mai 2026 à Châteauroux. Devant une cinquantaine de personnes, ils ont dénoncé un projet « vorace » en énergie et en eau. Selon leurs estimations, la consommation électrique pourrait atteindre 500 MW, soit la totalité de la consommation de l’Indre, tandis que le refroidissement des serveurs nécessiterait des volumes d’eau considérables.
Ces interrogations s’inscrivent dans un contexte caniculaire : dans le département voisin du Cher, Bourges a enregistré une nuit record à 24,1 °C (lire aussi). Les agriculteurs de la région subissent déjà les sécheresses (lire aussi).
Contexte dans l’Indre
Le département de l’Indre, avec ses 220 000 habitants, connaît un déclin démographique modéré et une économie rurale dominée par l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. L’arrivée d’un data center Google représenterait un investissement exceptionnel, mais aussi une transformation profonde du territoire. La commune d’Étrechet, zone périurbaine de Châteauroux, accueille déjà la Zac d’Ozans, dédiée aux activités logistiques. Pour les élus locaux, le projet promet des retombées fiscales et des emplois, mais les opposants redoutent un impact environnemental disproportionné.
Prochaine étape : la concertation
La concertation publique préalable, dont les modalités précises seront annoncées par la CNDP dans les semaines à venir, constituera le prochain jalon décisif. Google devra ensuite décider s’il lève l’option d’achat ou abandonne le site. À ce stade, aucun calendrier de construction n’est évoqué.