Prototype ferroviaire testé sur les rails oubliés de l’Orne
Une vingtaine d'étudiants ingénieurs de l'ESTACA occupent l'ancienne gare de Pont-Érambourg à Saint-Pierre-du-Regard du 4 au 8 mai 2026
Des étudiants de l'école d'ingénieurs ESTACA testent cette semaine un véhicule ferroviaire léger 100 % électrique sur l'ancienne ligne Caen-Flers, dans l'Orne. Le site retenu la gare de Pont-Érambourg, désaffectée depuis 1970, à Saint-Pierre-du-Regard. Un terrain rare pour une formation qui manque de rails.
Des étudiants de l’école d’ingénieurs ESTACA testent cette semaine un véhicule ferroviaire léger 100 % électrique sur l’ancienne ligne Caen-Flers, dans l’Orne. Le site retenu : la gare de Pont-Érambourg, désaffectée depuis 1970, à Saint-Pierre-du-Regard. Un terrain rare pour une formation qui manque de rails.
L’essentiel
- Dates : tests du 4 au 8 mai 2026 à l’ancienne gare de Pont-Érambourg, Saint-Pierre-du-Regard (Orne)
- Participants : une vingtaine d’étudiants de la filière ferroviaire de l’ESTACA (région parisienne)
- Prototype : véhicule ferroviaire léger 100 % électrique, testé sur rails de l’ancienne ligne Flers-Caen
- Incident technique : une vis se desserrant détectée lors d’un essai matinal - corrigée sur place
- Précédent : session similaire en avril 2025 sur la même ligne (14-18 avril)
« On a besoin de rails » : une contrainte simple, un site introuvable ailleurs
Marc Ciais, responsable de la filière ferroviaire à l’ESTACA et encadrant du groupe, résume le problème en une phrase. Selon Ouest-France, il indique : « On a besoin de rails » - ce qui paraît évident, mais distingue radicalement la recherche ferroviaire des autres filières de transport. Tester une voiture ne demande qu’une route. Un prototype sur rails exige une voie homologuée, disponible, et accessible.
C’est ce que propose l’ancienne gare de Pont-Érambourg. Rachetée à la fin des années 1990 par l’Amicale pour la mise en valeur de la ligne Flers-Caen, elle abrite aujourd’hui le Vélorail des Collines Normandes, activité touristique sur l’ancienne voie ferrée. Les rails sont là, entretenus, et la circulation ferroviaire commerciale n’y est plus depuis des décennies. Un contexte idéal pour des tests étudiants.
Un prototype électrique sous surveillance technique
Le véhicule testé est un engin ferroviaire léger, entièrement électrique. Selon Ouest-France et France 3 Normandie, la performance énergétique prime sur la vitesse dans la conception de ce prototype - une orientation délibérée de la filière ESTACA.
Les essais ne se sont pas déroulés sans accroc. Lors d’un test matinal, une vis s’est desserrée sur l’engin. Ce type d’incident, mineur en apparence, est précisément ce que cherche à identifier une phase de test sur site réel : les vibrations propres à la voie ferrée, les contraintes mécaniques impossibles à reproduire en laboratoire. Les étudiants ont pu intervenir directement.
L’ESTACA est, selon son site officiel, la seule école française à proposer une formation dédiée de quatre ans en ingénierie ferroviaire. La filière est assurée par des ingénieurs issus d’entreprises du secteur. Ce positionnement singulier explique en partie pourquoi le groupe revient sur la même ligne normande pour ses campagnes de tests.
Contexte dans l’Orne
Saint-Pierre-du-Regard compte 1 304 habitants selon les données INSEE. La commune se situe dans le bocage normand, à mi-chemin entre Flers et Caen. Son tissu économique affiche 37,5 % d’emplois dans le commerce, les transports et les services divers - un chiffre qui témoigne du poids structurel des mobilités dans ce secteur rural.
La ligne Caen-Flers a fermé aux voyageurs en 1970. Depuis, la voie a été reconvertie progressivement : le Vélorail des Collines Normandes y attire des visiteurs, notamment lors des Journées du patrimoine. Le fait que des ingénieurs en formation viennent y tester un prototype électrique en 2026 illustre un second usage, moins attendu, de ces infrastructures désaffectées.
La question des petites lignes ferroviaires est un enjeu récurrent dans les départements ruraux comme l’Orne. La recherche sur des véhicules légers et économes en énergie pourrait, à terme, s’inscrire dans une réflexion plus large sur les mobilités alternatives dans ces territoires peu denses. Aucun projet de réouverture de ligne n’a cependant été évoqué dans ce cadre.
Un exercice annuel qui s’inscrit dans la durée
Ce n’est pas une première sur ce site. En avril 2025, une session équivalente s’était tenue du 14 au 18 avril sur la même ligne, déjà avec un prototype 100 % électrique, selon Ouest-France. La répétition de l’exercice confirme que le partenariat avec l’Amicale de la ligne Flers-Caen s’est stabilisé.
Selon le site de l’ESTACA, les étudiants préparent potentiellement une participation au Guided Ways Rail Challenge, une compétition internationale de véhicules guidés. Des essais avancés seraient envisagés en 2026, ce que les tests de mai pourraient contribuer à préparer. Cette information ne provient que d’une seule source (site ESTACA) et n’a pas été confirmée par d’autres éléments disponibles.
Pour d’autres sujets impliquant des établissements de formation dans l’Ouest, la région Normandie dispose d’un tissu d’écoles d’ingénieurs dont l’ESTACA constitue un prolongement thématique vers le ferroviaire.
Prochaine étape
Les tests à Pont-Érambourg se poursuivent jusqu’au 8 mai 2026. Les résultats de cette campagne conditionneront les ajustements techniques avant toute participation à une compétition internationale, selon l’ESTACA.
Sources
- Ouest-France : « On a besoin de rails » : des étudiants profitent de cette ancienne gare de l'Orne pour tester leur engin ferroviaire
- France 3 Normandie : L'avenir du train se joue-t-il en Normandie ? Ces étudiants mettent sur les rails un projet où la performance énergétique prime sur la vitesse
- Ouest-France : Ces élèves ingénieurs testent un engin ferroviaire 100 % électrique sur la ligne Caen-Flers
- ESTACA : Formation ingénieur ferroviaire et transports guidés