Pyrénées-Orientales : feuille de route en 14 mesures pour sauver le vignoble
Le préfet a présenté le 5 juin 2026 un plan structuré autour de quatre axes et une charte signée par dix caves coopératives sur quinze.
Les Assises de la viticulture des Pyrénées-Orientales ont abouti le 5 juin 2026 à la présentation d'une feuille de route collective à l'UPVD. Quatres axes prioritaires, 14 mesures concrètes et une charte d'engagement signée par dix des quinze caves coopératives du département.
L’essentiel
- 5 juin 2026 : restitution des Assises de la viticulture à l’UPVD de Perpignan, présidée par le préfet Pierre Regnault de la Mothe.
- 14 mesures prioritaires identifiées dans la feuille de route, dont audits des coopératives et création d’un guichet unique (selon Agronews et ici.fr).
- 10 caves sur 15 ont signé la charte d’engagement pour la restructuration coopérative (selon Vitisphere, source unique).
- 1 670 exploitations viticoles en 2020 dans le département, soit - 23 % depuis 2010, sur 19 840 ha de vignes ( - 20 %).
Sept mois de travaux, une restitution à l’UPVD
Le processus avait été lancé le 27 octobre 2025. Ce jour-là, le préfet Pierre Regnault de la Mothe ouvrait officiellement les Assises de la viticulture des Pyrénées-Orientales, avec une formule restée dans les esprits : « Sauver ce qui peut et doit l’être, accompagner la modernisation des exploitations viables et, là où la vigne ne pourra se maintenir, imaginer de nouvelles formes de valorisation du territoire. »
Sept mois plus tard, le 5 juin 2026, les travaux ont abouti à une restitution publique à l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD). Élus, professionnels, représentants coopératifs et services de l’État y ont pris part. La préfecture a présenté une feuille de route collective, décrite par le préfet non comme « la conclusion » du travail, mais comme le début de sa mise en œuvre.
Quatre axes, 14 mesures concrètes
La feuille de route s’articule autour de quatre axes principaux - certaines sources mentionnent jusqu’à six thématiques - : l’avenir des caves coopératives, la performance économique des exploitations, l’adaptation au changement climatique, la simplification normative et réglementaire, l’aménagement du territoire et le développement de l’œnotourisme. Ces axes ont été confirmés par Made in Perpignan et L’Indépendant, et recoupés par la préfecture.
Selon Agronews et le site vinabox.fr, 14 mesures prioritaires ont été retenues. Parmi elles : des audits de caves coopératives, la création d’un guichet unique pour les démarches administratives et la valorisation de la filière via l’œnotourisme.
La charte des coopératives : audits, mutualisations, fusions possibles
Le temps fort de la journée a été la signature d’une « charte d’engagement pour la restructuration des caves coopératives et la pérennité du vignoble départemental ». Selon Vitisphere (source unique sur ce chiffre), dix des quinze caves coopératives du département l’ont paraphée.
La charte prévoit des audits et diagnostics, des mutualisations de moyens et, si les caves le décident, des rapprochements ou fusions. Le préfet a tenu à cadrer l’intervention de l’État : « Ce n’est pas à moi de dire combien de caves coopératives il doit y avoir sur le territoire. Ça reste aux chefs d’entreprise de faire leurs choix », a-t-il déclaré selon Made in Perpignan.
La FDSEA et les chambres d’agriculture ont participé aux groupes de travail. La sénatrice Lauriane Josende était également présente à la restitution.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Le vignoble roussillonnais est l’un des piliers de l’économie agricole du département, mais il traverse une crise profonde. En 2020, les Pyrénées-Orientales comptaient 1 670 exploitations spécialisées en viticulture, soit une chute de 23 % - environ 500 exploitations - depuis 2010. La surface plantée atteignait 19 840 hectares, en recul de 20 %, selon les données de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales et du Département 66.
Les causes sont multiples : sécheresses successives, manque d’eau, ventes en berne et arrachages. Le département est l’un des plus touchés d’Occitanie par le déficit hydrique chronique, ce qui pèse directement sur les rendements. Le risque incendie, également en hausse dans le département, complexifie la gestion foncière des zones viticoles en déprise.
Les caves coopératives, qui assurent une part majoritaire de la vinification dans le Roussillon, sont au cœur des difficultés : charges fixes élevées, prix de reprise sous pression, besoins d’investissement non couverts. Le contexte économique local reste tendu, ce qui rend d’autant plus urgente une restructuration organisée.
Un suivi piloté par la préfecture
Pour éviter que la feuille de route reste lettre morte, la préfecture a annoncé qu’elle pilotera et coordonnera le suivi via son secrétaire général, assisté d’un haut fonctionnaire dédié. Cette organisation vise à maintenir la dynamique dans la durée, selon Made in Perpignan.
La sénatrice Josende, qui avait relayé le lancement des assises en octobre 2025, a salué sur X la mobilisation des acteurs autour des priorités fixées par les viticulteurs et vignerons.
Le préfet a qualifié le 5 juin de point de départ opérationnel, soulignant une « réelle mobilisation collective » d’acteurs « prêts à passer à l’action ensemble ». Les premières mises en œuvre - à commencer par les audits des caves signataires - devraient débuter dans les semaines à venir. Les caves qui n’ont pas signé la charte n’ont pas encore communiqué sur leurs raisons.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Orientales : Restitution des Assises de la viticulture dans les Pyrénées-Orientales
- Made in Perpignan : Assises de la viticulture : le préfet dévoile quatre axes structurants
- ici.fr / France Bleu : Audits, fusions des caves coopératives, œnotourisme : la feuille de route dévoilée
- Vitisphere : Des assises pour un grand changement dans la viticulture du Roussillon

