Rabat : 14 accords signés pour relancer le partenariat Maroc-France
La 15e Réunion de haut niveau, première depuis 2019, scelle la normalisation diplomatique entre Paris et Rabat avec des engagements dans la défense, le ferroviaire et l'éducation
Ce mercredi 16 juillet 2026, Aziz Akhannouch et Sébastien Lecornu ont coprésidé à Rabat la 15e session de la Réunion de haut niveau Maroc-France. Quatorze instruments juridiques ont été signés, marquant la reprise en main d'un partenariat stratégique mis sous tension ces dernières années.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La 15e Réunion de haut niveau Maroc-France s'est tenue le 16 juillet 2026 à Rabat, première session depuis 2019.
- Quatorze instruments juridiques ont été signés, dont deux accords majeurs dans l'industrie de défense.
- Le financement de la Ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech a été confirmé par un protocole d'entente.
- Cette rencontre concrétise le partenariat d'exception renforcé acté lors de la visite d'État d'Emmanuel Macron en octobre 2024.
La machine diplomatique franco-marocaine s’est remise en marche ce jeudi à Rabat. Six ans après la dernière session, la 15e Réunion de haut niveau (RHN) entre le Maroc et la France a réuni le Chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le Premier ministre français Sébastien Lecornu. Au menu : 14 instruments juridiques signés dans des secteurs aussi variés que la défense, le ferroviaire, l’eau et l’enseignement.
Cette reprise intervient après plusieurs années de tensions diplomatiques entre Paris et Rabat, notamment sur la gestion des visas et les révélations autour du logiciel espion Pegasus. La visite d’État d’Emmanuel Macron en octobre 2024 avait déjà acté un « partenariat d’exception renforcé ». La RHN de ce jeudi concrétise cette volonté de normalisation.
Défense et ferroviaire au cœur des accords
Deux accords majeurs dans l’industrie de défense ont été scellés entre les deux pays, selon un contexte de réarmement européen qui touche aussi le Maroc. Les détails techniques n’ont pas été rendus publics, mais ces conventions concernent la coopération militaire et la cybersécurité.
Côté infrastructures, le financement de la Ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra-Marrakech non mentionnée a été confirmé par un protocole d’entente, rapporte Le360. Ce chantier ferroviaire, estimé à plusieurs milliards d’euros, doit prolonger la LGV Tanger-Casablanca déjà opérationnelle et connecter la capitale économique marocaine à la ville touristique du sud.
Parmi les autres conventions signées figurent des engagements sur la gestion de l’eau, secteur stratégique pour le Maroc confronté à des épisodes de sécheresse récurrents, ainsi que des accords dans les transports maritime et routier.
Une coopération « qui change d’échelle »
Sur X, Sébastien Lecornu a résumé l’ambition affichée : « La coopération franco-marocaine vit. Elle évolue. Elle change d’échelle. » Une formule qui traduit la volonté des deux gouvernements de dépasser les crispations passées pour recentrer le dialogue sur des enjeux économiques et sécuritaires concrets.
Les délégations ont également signé une lettre d’intention sur la coopération en matière de politique étrangère féministe, selon Le360, et une déclaration d’intention pour l’enseignement de l’arabe et de l’histoire-géographie dans le réseau des établissements français au Maroc, rapporte Yabiladi.com.
Contexte diplomatique
Cette 15e session intervient dans un contexte de réchauffement progressif des relations bilatérales. Après la crise des visas de 2021 et les tensions liées au dossier du Sahara occidental, Paris et Rabat ont entamé un rapprochement officiel lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron en octobre 2024, la première d’un président français au Maroc depuis celle de François Hollande en 2015, selon Medias24.
Le partenariat Maroc-France repose sur des liens économiques denses : le Maroc est le premier partenaire commercial de la France en Afrique du Nord, et la France demeure le premier investisseur étranger au Maroc. Les enjeux sécuritaires, notamment dans la lutte antiterroriste et le contrôle des flux migratoires, renforcent la nécessité d’un dialogue institutionnel régulier.
La RHN de ce jeudi s’inscrit dans cette logique de reconstruction d’un cadre de confiance mutuelle, alors que les deux pays partagent des intérêts stratégiques communs en Méditerranée et au Sahel.
Prochaines étapes
Les instruments juridiques signés ce jeudi devront être ratifiés et mis en œuvre dans les mois à venir. Aucune date n’a été annoncée pour une prochaine RHN, mais la régularité de ces rencontres constitue un indicateur clé du niveau de coopération bilatérale. La mise en chantier effective de la LGV Kénitra-Marrakech et l’application des accords de défense seront scrutées de près par les observateurs diplomatiques.
