Radioactivité dans les Pyrénées-Atlantiques : aucun lien avec Tchernobyl, selon l’ASNR
Les niveaux élevés de césium-137 détectés dans le 64 proviennent des essais nucléaires atmosphériques des années 1945-1963, pas de la catastrophe ukrainienne.
Des mesures de radioactivité élevées dans les sols, prairies et produits alimentaires des Pyrénées-Atlantiques ont suscité des interrogations. L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) est formelle aucun lien avec Tchernobyl. Ces traces remontent aux essais nucléaires atmosphériques de la Guerre froide.
Des mesures de radioactivité élevées dans les sols, prairies et produits alimentaires des Pyrénées-Atlantiques ont suscité des interrogations. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) est formelle : aucun lien avec Tchernobyl. Ces traces remontent aux essais nucléaires atmosphériques de la Guerre froide.
L’essentiel
- Source identifiée : Le césium-137 détecté dans les Pyrénées-Atlantiques provient des essais nucléaires atmosphériques américains et soviétiques entre 1945 et 1963, amplifiés par les précipitations pyrénéennes.
- Niveaux mesurés : L’activité en césium-137 dans les sols pyrénéens est estimée à environ 3 000 Bq/m², contre seulement 100 Bq/m² de retombées liées à Tchernobyl dans ce département.
- Pas de risque sanitaire : L’ASNR confirme que ces niveaux sont infimes et n’entraînent aucun risque pour la santé publique.
- Tendance à la baisse : Une diminution des concentrations de césium-137 et strontium-90 est observée depuis l’étude locale de 2013.
- Rapport attendu : Un document détaillé de l’ASNR sur les cas particuliers du département est annoncé pour les prochaines semaines, selon Sud Ouest.
Un département classé zone de rémanence élevée
Le 64 figure parmi les zones de rémanence élevée (ZRE) pour la radioactivité artificielle en France. Concrètement, les sols, prairies et forêts du département présentent des concentrations de césium-137 supérieures à la moyenne nationale. Les produits qui en sont issus - lait, fromage, viande bovine - peuvent également afficher des niveaux mesurables, selon Sud Ouest et La République des Pyrénées.
En forêt, la situation est plus marquée. Champignons, baies sauvages et viande de gibier conservent des niveaux élevés de césium-137 pendant des décennies. Ce phénomène s’explique par la biologie des milieux forestiers, où la radioactivité circule lentement dans les cycles de décomposition. Les produits agricoles et d’élevage, eux, voient leurs concentrations diminuer plus rapidement.
Au-dessus de 800 mètres d’altitude, les activités dans les sols de surface dépassent souvent 100 Bq/kg sec, selon les données de l’ASNR. Un chiffre à mettre en perspective : il demeure sans conséquence sanitaire avérée.
Tchernobyl n’est pas en cause : les chiffres tranchent
La confusion avec la catastrophe de Tchernobyl (avril 1986) est fréquente. Elle est pourtant infondée pour les Pyrénées-Atlantiques, selon l’ASNR. Les retombées du nuage de Tchernobyl ont certes touché la France entière, mais très inégalement selon les régions.
Dans l’Est du pays et en Corse, les dépôts liés à Tchernobyl ont atteint localement plus de 10 000 Bq/m². Dans les départements de l’Ouest comme le 64, ces mêmes retombées n’ont laissé qu’environ 100 Bq/m². Un rapport de 1 à 100. C’est la carte des zones de rémanence publiée par l’ASNR qui établit clairement cette distinction géographique.
La radioactivité plus élevée observée dans les Pyrénées-Atlantiques précède donc largement 1986. Elle est le produit des essais nucléaires atmosphériques conduits entre 1945 et 1963 par les États-Unis et l’URSS. Ces explosions ont dispersé des particules radioactives à l’échelle planétaire. Dans les massifs montagneux, les précipitations abondantes ont concentré les dépôts au sol.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Le département compte environ 700 000 habitants et s’étend sur un territoire allant du littoral atlantique aux sommets pyrénéens dépassant 2 000 mètres. Cette topographie est précisément au cœur du phénomène : les zones d’altitude ont capté davantage de retombées radioactives via les précipitations, à l’image d’autres massifs français comme les Vosges ou le Massif central.
Des relevés comparables ont été documentés en Côte-d’Or et dans d’autres départements, confirmant que le phénomène dépasse largement les frontières du 64. L’ASNR a actualisé en 2026 ses mesures environnementales dans l’ensemble des zones de rémanence élevée, quarante ans après Tchernobyl et quarante-six ans après l’arrêt des derniers essais nucléaires atmosphériques en 1980.
France 3 Régions avait déjà signalé la présence de traces de radioactivité artificielle dans les Pyrénées béarnaises, sans que cela n’entraîne de restriction sanitaire particulière pour les habitants ou les consommateurs de produits locaux.
Pas d’alerte sanitaire, une surveillance maintenue
L’ASNR le confirme : les niveaux détectés dans le 64 sont infimes. Aucun risque pour la santé publique n’est identifié. La tendance est même à la baisse depuis plusieurs décennies. Depuis l’étude locale conduite en 2013, une diminution continue des concentrations de césium-137 et de strontium-90 est documentée. La désintégration naturelle de ces isotopes - la demi-vie du césium-137 est d’environ 30 ans - explique en grande partie cette évolution.
La surveillance reste cependant active. Sciences et Avenir rappelle que ces zones font l’objet de mesures régulières, dans un contexte où le débat public sur la radioactivité résiduelle se nourrit parfois de confusions historiques. Le parallèle Tchernobyl est le plus courant, et le plus inexact pour l’Ouest de la France.
Un rapport détaillé de l’ASNR, annoncé pour les prochaines semaines selon Sud Ouest, devra préciser les cas particuliers relevés dans le département et apporter des réponses aux interrogations locales.
Sources
- Sud Ouest : Pyrénées-Atlantiques : non, les relevés de radioactivité dans le 64 ne sont pas liés à la catastrophe de Tchernobyl
- La République des Pyrénées : 40 ans de Tchernobyl : pourquoi le département des Pyrénées-Atlantiques est l'un des plus radioactifs de France
- Sciences et Avenir : 40 ans après Tchernobyl, la radioactivité persiste dans certaines régions de France
- France 3 Régions : Des traces de radioactivité artificielle constatées dans les Pyrénées béarnaises