Ramses Debruyne : le grimpeur belge qui surprend sur le Tour de France 2026
Le Belge de 23 ans tient le rythme des favoris après l'échappée
À 23 ans, Ramses Debruyne termine 14e de l'étape 10 du Tour de France 2026 après avoir tenu le rythme des favoris en montagne. Un exploit rare pour un coureur belge de 66 kg qui découvre la Grande Boucle.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une performance qui change le regard
Debruyne termine 14e de l'étape 10 en tenant le rythme des favoris. Un exploit pour un coureur de 66 kg qui découvre le Tour.
Un profil rare dans le cyclisme belge
La Belgique produit des sprinteurs et des puncheurs. Un grimpeur capable de suivre les leaders en montagne, c'est une exception depuis des années.
Une équipe sans pression sur lui
Alpecin-Premier Tech mise sur Philipsen et Van der Poel pour les victoires d'étapes. Debruyne roule libre, sans objectif de classement imposé.
Un parcours atypique
Ancien patineur de vitesse, Debruyne a basculé vers le cyclisme à 14 ans. Son gabarit léger et sa capacité à encaisser l'effort long en font un grimpeur.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Ramses Debruyne termine 14e de l'étape 10 du Tour de France 2026 le 14 juillet.
- Le Belge de 23 ans, ancien patineur de vitesse, a tenu le rythme des favoris en montagne.
- Il avait déjà terminé 5e de l'étape 4 du Tour 2026 le 7 juillet.
- Debruyne est 17e au classement général à mi-parcours, sans pression de résultat de la part de son équipe.
Le peloton file vers Le Lioran. Dans l’échappée, plus de 30 coureurs. Ramses Debruyne est là, maillot Alpecin-Premier Tech - 23 ans - première participation au Tour.
Ligne d’arrivée: 14e. Pour un coureur qui pèse 66 kg et découvre la Grande Boucle, c’est une performance qui passe sous les radars mais qui marque. « C’est passé sous les radars mais la PERFORMANCE de Ramses Debruyne encore », écrit un compte sur les réseaux sociaux. La réalité est là: il a tenu le rythme des leaders en montagne, maintenant une allure supérieure à celle de la majorité du peloton WorldTour dans la dernière ascension. Sur les pentes du Massif Central, son gabarit de 66 kg lui permet de limiter l’écart avec les meilleurs grimpeurs du monde, là où d’autres coureurs de son âge et de son expérience auraient décroché bien avant.
L’ancien patineur devenu grimpeur
Ramses Debruyne est né le 31 août 2002 à Rollegem, en Belgique. Avant le vélo, il faisait du patinage de vitesse. À 14 ans - il bascule. Ce changement de discipline n’est pas anodin: le patinage de vitesse forge une capacité à gérer l’acide lactique et à encaisser l’effort répété, deux qualités transférables en montagne. Son gabarit léger, hérité de son passé de patineur, devient un atout dès qu’il faut grimper. En 2023, il passe par la Lotto Dstny Development Team. En 2024, il rejoint l’équipe de développement d’Alpecin-Deceuninck. Cette année, il est promu en WorldTour. Son parcours atypique explique en partie sa maturité tactique: il a appris à gérer la pression et la douleur dans un autre univers de haut niveau avant de basculer vers le cyclisme.
Ses résultats avant le Tour: 2e au Youngster Coast Challenge en 2024 - 10e au Veneto Classic en 2025. Puis, en juin, une 2e place d’étape et une 13e place au général au Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Alpecin-Premier Tech prolonge son contrat jusqu’en 2028.
5e place à l’étape 4, puis la montagne
Le 7 juillet - étape 4 du Tour 2026. Debruyne termine 5e. Au micro de Sporza, il confie: « J’ai senti dès le départ que j’avais de très bonnes jambes mais en étant arrivé si loin, j’aurais espéré mieux ». Il veut plus. Étape 7: 85e. Il apprend la course à trois semaines.
Cette apparente contradiction entre déception après une 5e place et satisfaction après une 14e s’explique par le contexte. Sur l’étape 4, Debruyne jouait la gagne dans un sprint réduit. Il était en position de viser le podium, voire mieux. Sur l’étape 10, il n’était pas censé suivre les favoris dans la dernière ascension. Le fait de tenir change la donne: ce n’est plus une question de classement, mais de légitimité. Une 14e place dans ces conditions vaut plus qu’une 5e place dans un contexte où il était attendu.
Puis arrive l’étape 10, le 14 juillet. Échappée massive dès le départ. Debruyne s’y glisse. Edward Planckaert - son coéquipier, l’aide à « rester calme tout au long de la journée ». Dans la dernière montée, Debruyne sent qu’il peut suivre. « Lors de la dernière montée, je sentais que je faisais partie des meilleurs. Malheureusement, c’était impossible de tenter quelque chose, surtout avec les trois coureurs de l’équipe dans le groupe ».
À l’arrivée, il est 14e. Au classement général, il pointe à la 17e place.
Une équipe qui le libère
Alpecin-Premier Tech n’attend pas de résultat au classement général de la part de Debruyne. « Je suis content d’avoir pu me montrer. C’est très agréable pour moi. L’équipe ne me met pas la pression car l’objectif principal reste de gagner une étape avec Jasper (Philipsen) ou Mathieu (Van der Poel) ». Cette répartition des rôles change tout. Là où d’autres jeunes grimpeurs doivent porter les ambitions de classement de leur équipe dès leur premier Tour, Debruyne roule libre. Il peut intégrer les échappées, tester ses limites, apprendre sans pression de résultat. Ce luxe est rare dans le cyclisme moderne, où les équipes attendent un retour immédiat sur investissement. Chez Alpecin-Premier Tech, Philipsen et Van der Poel portent la charge médiatique et les objectifs de victoire. Debruyne, lui, construit son apprentissage à l’abri des projecteurs.
Un profil rare dans le cyclisme belge
Debruyne représente une exception dans le cyclisme belge moderne. Depuis Eddy Merckx - la Belgique a produit des champions comme Wout van Aert ou Jasper Philipsen - brillants sur les sprints et les classiques. Remco Evenepoel - vainqueur de la Vuelta 2022 - est l’autre visage de cette génération. Mais un grimpeur belge de 66 kg capable de tenir avec les leaders du Tour en montagne, c’est rare. Le système de formation belge reste historiquement orienté vers les classiques: parcours vallonnés, efforts explosifs, puissance sur terrain varié. Les stages en altitude et la détection précoce de profils de grimpeurs purs y sont moins systématiques qu’en Espagne ou en Colombie. Debruyne ne joue pas dans la catégorie des puncheurs ni des rouleurs. Il grimpe. Et il grimpe vite.
On se souvient de coureurs comme Thomas De Gendt, spécialiste des échappées en altitude. Mais ces profils restent l’exception, pas la norme. Debruyne s’inscrit dans cette lignée rare de grimpeurs belges capables de rivaliser avec les meilleurs en altitude.
La suite du Tour dira si cette performance est une anomalie ou le début d’autre chose. Pour l’instant, Debruyne roule. 17e au général à mi-parcours, sans pression, avec les jambes d’un coureur qui a encore tout à prouver.
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