Raphaël Arnault rompt le contrat de son assistant parlementaire après 9 interpellations
Le député LFI met fin aux fonctions de Jacques-Élie Favrot, placé en garde à vue dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque à Lyon
Dans la tourmente depuis l'interpellation de son assistant parlementaire Jacques-Élie Favrot mardi 17 février, le député La France insoumise Raphaël Arnault annonce la rupture de son contrat. Cette décision intervient alors que 9 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, décédé samedi 14 février après avoir été violemment agressé en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon. Le fondateur de la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en juin 2025, se trouve au cœur d'une crise politique majeure qui secoue son parti.
- Raphaël Arnault annonce le 18 février 2026 la rupture du contrat de son assistant parlementaire Jacques-Élie Favrot, interpellé la veille dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque
- 9 personnes ont été placées en garde à vue mardi 17 février, dont au moins une mise en cause pour homicide et deux pour recel de malfaiteurs
- Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, est décédé samedi 14 février d'un traumatisme crânien après avoir été agressé jeudi 12 février en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu exige que La France insoumise fasse "le ménage dans ses rangs", déclenchant une crise politique majeure au sein du parti
- Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde dissoute en juin 2025, a lui-même été récemment condamné pour violences en réunion commises en 2021
Selon Public Sénat, Raphaël Arnault a annoncé ce mercredi 18 février au matin la rupture du contrat de son assistant parlementaire Jacques-Élie Favrot : « Mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires. Dès hier avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat. » Une décision qui intervient après l’interpellation de ce dernier mardi en fin d’après-midi, dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque.
Neuf interpellations dans l’enquête sur la mort du militant nationaliste
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a confirmé mardi 17 février que 9 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, soupçonnées d’être impliquées dans le tabassage mortel de Quentin Deranque. Selon France Inter, les interpellations ont eu lieu en Isère et en Haute-Loire peu après 18 heures. Parmi les personnes interpellées figure Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault et ancien membre présumé de la Jeune Garde.
D’après les informations de BFMTV, au moins un des interpellés est mis en cause pour « homicide », soupçonné d’avoir directement participé aux coups mortels portés à Quentin Deranque. Au moins deux autres personnes ont été interpellées pour « recel de malfaiteurs », accusées d’avoir fourni aux suspects principaux un logement ou un lieu de retraite pour se soustraire aux forces de l’ordre. Le procureur avait indiqué lundi que les coups mortels ont été portés par au moins 6 individus masqués et cagoulés, laissant présager d’autres interpellations à venir.
Une affaire qui plonge La France insoumise dans la tourmente
Le nom de Jacques-Élie Favrot circulait depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, notamment relayé par le collectif identitaire Némésis qui avait très rapidement désigné l’assistant parlementaire. Selon Le Progrès, son avocat M° Bertrand Sayn avait indiqué dès le dimanche 15 février : « Dans la presse et sur les réseaux sociaux, M. Favrot est accusé d’avoir causé la mort de Quentin. Il nie formellement être responsable de ce drame. »
Lundi 16 février, les droits d’accès à l’Assemblée nationale de Jacques-Élie Favrot avaient été suspendus. Cette mesure administrative intervient avant même son interpellation officielle, témoignant de la gravité de la situation. L’affaire a déclenché une tempête politique au sein de La France insoumise, le parti se trouvant confronté à la plus grave crise depuis sa création.
Le gouvernement demande à LFI de « faire le ménage »
Lors d’une séance de questions au gouvernement particulièrement tendue mardi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a exigé que La France insoumise « fasse le ménage » dans ses rangs. Selon BFMTV, cette intervention fait suite aux déclarations de la présidente du groupe LFI Mathilde Panot, qui avait affirmé plus tôt dans la journée « qu’aucun insoumis n’est impliqué de près ou de loin dans ces violences ».
« Sans présager de la suite de l’enquête et attenter à la présomption d’innocence, je redis que oui, le ménage doit être fait dans vos rangs. Et vite », a réaffirmé Sébastien Lecornu sur X dans la soirée de mardi.
Les députés insoumis tentent de se défendre face aux accusations. Paul Vannier a déclaré sur BFMTV que « La France insoumise n’a aucune responsabilité dans la mort de Quentin Deranque », ajoutant : « Quels que soient les auteurs de ce tabassage, ces gestes sont insupportables, ils sont révoltants, ils sont effroyables et ils doivent être condamnés. » Cependant, même au sein du parti, des voix s’élèvent pour une introspection. Le député Alexis Corbière a estimé que la France insoumise « doit avoir une discussion » après l’annonce de l’interpellation du collaborateur de Raphaël Arnault.
Raphaël Arnault, du fondateur de la Jeune Garde au député controversé
Raphaël Arnault, 32 ans, est le cofondateur en 2018 de la Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute par décret en juin 2025 pour ses actions violentes. Élu député La France insoumise, il incarne une ligne dure de l’antifascisme militant qui divise jusqu’au sein de son propre camp. Selon La Croix, le député se trouve désormais au cœur d’une tempête politique sans précédent pour La France Insoumise.
L’affaire prend une dimension supplémentaire avec la récente condamnation de Raphaël Arnault lui-même. D’après Mediapart, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a été interrogé mardi 17 février lors de la matinale de France Inter sur cette condamnation du député pour violences en réunion commises en 2021. Manuel Bompard avait alors invité les journalistes à consulter le jugement qui, selon lui, démontrerait que Raphaël Arnault n’aurait fait que pratiquer l’autodéfense. Mediapart conteste cette interprétation, affirmant que « le jugement dit l’inverse ».
Une tragédie qui interroge la sécurité des événements politiques
Les faits remontent au jeudi 12 février, lorsque des affrontements violents ont éclaté en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon. Quentin Deranque, 23 ans, militant nationaliste qui assurait la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis venues s’opposer à la conférence, a été roué de coups. Il est décédé samedi 14 février d’un grave traumatisme crânien.
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a tenté de déplacer le débat en affirmant que « ce qui s’est passé à Lyon est d’abord la responsabilité de la puissance publique », assurant que la « police n’a rien fait » au moment des affrontements. Une minute de silence a été observée mardi à l’Assemblée nationale en mémoire de Quentin Deranque, témoignant de l’émotion suscitée par ce drame au-delà des clivages politiques.
L’enquête pour « homicide volontaire » se poursuit sous la direction du procureur de Lyon. La justice devra désormais déterminer les responsabilités individuelles de chacun des 9 suspects interpellés. Pour La France insoumise, cette affaire marque un tournant critique qui pourrait durablement affecter son image et sa crédibilité politique. La question reste posée : jusqu’où ira la remise en cause interne d’une stratégie d’action militante qui a conduit à cette issue tragique ?
Sources
- Public Sénat (18 février 2026)
- France Inter (17 février 2026)
- BFMTV (17 février 2026)
- Le Progrès (15 février 2026)
- La Croix (18 février 2026)
- Mediapart (17 février 2026)