Régulation crypto : Trump fait pression sur le Sénat pour adopter le CLARITY Act
Le président américain utilise le décès brutal du sénateur Lindsey Graham pour accélérer le vote d'un texte structurant sur les cryptomonnaies avant la pause estivale du Congrès
Le 13 juillet 2026, Donald Trump a appelé le Sénat à voter rapidement le CLARITY Act, un projet de loi visant à clarifier la régulation fédérale des cryptomonnaies aux États-Unis. Le président a transformé ce vote en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé brutalement le 11 juillet d'une dissection aortique à 71 ans.
L’essentiel
- Décès brutal : Lindsey Graham, sénateur républicain de 71 ans, est mort le 11 juillet 2026 d’une dissection aortique
- Date limite : Le Sénat doit voter avant le 7 août 2026, date de début des congés parlementaires
- Adoption préalable : Le texte a été voté par la Chambre des représentants en juillet 2025 et approuvé par le comité bancaire du Sénat le 14 mai 2026 (15 voix contre 9)
- Enjeu stratégique : Trump présente le CLARITY Act comme un levier pour maintenir l’avance américaine face à la Chine dans la crypto et l’IA
Le président américain Donald Trump a saisi le décès brutal du sénateur républicain Lindsey Graham pour accélérer l’adoption d’un texte législatif clé sur les cryptomonnaies. Le 13 juillet 2026, il a exhorté le Sénat à voter le Digital Asset Market Clarity (CLARITY) Act avant la pause estivale du Congrès, selon Seeking Alpha. Graham, âgé de 71 ans, est décédé le samedi 11 juillet d’une dissection aortique liée à une maladie cardiovasculaire artérioscléreuse, d’après CBS News.
Trump a présenté ce vote comme un hommage au défunt sénateur et comme un impératif stratégique pour les États-Unis. Selon BeInCrypto, le président a affirmé que l’adoption rapide du texte est cruciale pour maintenir l’avance technologique américaine face à la Chine dans les domaines de la cryptographie et de l’intelligence artificielle.
Un texte législatif bloqué depuis des mois
Le CLARITY Act vise à structurer la réglementation des cryptomonnaies aux États-Unis en délimitant clairement les compétences de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Selon Zyphe, le texte octroie à la CFTC la surveillance des marchés de matières premières numériques, tandis que la SEC conserve le contrôle des actifs qualifiés de valeurs mobilières.
Adopté par la Chambre des représentants en juillet 2025 sous le numéro H.R. 3633, le projet de loi stagnait depuis au Sénat, d’après FinTech Weekly. Le comité bancaire du Sénat l’a approuvé le 14 mai 2026 par 15 voix contre 9, mais le texte n’a pas été soumis à un vote en séance plénière. La date limite fixée au 7 août 2026, avant les congés parlementaires, fait peser une pression temporelle sur les sénateurs, selon le cabinet Morrison Foerster.
Des débats éthiques et politiques vifs
Le projet de loi fait l’objet de vifs débats au sein du Sénat. Selon TradingView, le démocrate Chris Van Hollen a proposé une clause visant à restreindre la spéculation des officiels gouvernementaux sur les cryptomonnaies, une disposition qui divise les élus. La sénatrice Elizabeth Warren, figure de l’aile progressiste démocrate, s’oppose au texte en arguant qu’il présente des failles susceptibles de faciliter l’évasion de sanctions financières.
Le président de la CFTC, Michael Selig, a insisté sur Fox Business le 8 juillet 2026 sur l’urgence d’établir cette norme fédérale pour remplacer le mille-feuille des réglementations étatiques actuelles. L’absence de cadre fédéral unifié contraint les acteurs du secteur à composer avec une mosaïque de règles locales, freinant l’innovation et la compétitivité américaine, selon l’agence.
Un Sénat désorganisé par deux absences majeures
La disparition brutale de Lindsey Graham complique la donne pour les républicains. Selon KuCoin, cette absence réduit temporairement la majorité républicaine au Sénat, ce qui limite la marge de manœuvre du parti pour faire passer des textes controversés. Graham, proche allié de Trump et figure influente du Parti républicain, jouait un rôle de médiation entre les différentes factions conservatrices.
Le calendrier législatif républicain est également perturbé par l’hospitalisation de l’ancien leader du Sénat Mitch McConnell pour une pneumonie, d’après The Washington Post. Ces deux absences simultanées fragilisent la capacité des républicains à mobiliser les votes nécessaires pour adopter des projets de loi sensibles avant la pause estivale.
Contexte aux États-Unis
Les États-Unis sont confrontés à un vide réglementaire sur les cryptomonnaies depuis plusieurs années. En l’absence de cadre fédéral clair, les acteurs du secteur doivent naviguer entre des dizaines de réglementations étatiques contradictoires. Plusieurs États, dont New York avec sa BitLicense, ont adopté leurs propres règles, créant une fragmentation du marché.
La Chine, qui a interdit les transactions en cryptomonnaies sur son territoire en 2021, développe en parallèle son propre yuan numérique sous contrôle étatique. Cette stratégie renforce la crainte américaine d’un retard technologique dans les infrastructures de paiement numériques et la blockchain, un enjeu que Trump a placé au cœur de son argumentaire pour le CLARITY Act.
Prochaine étape
Le Sénat dispose de moins d’un mois pour examiner et voter le texte avant la suspension des travaux parlementaires le 7 août 2026. L’issue du vote reste incertaine, compte tenu des divisions internes et de la fragilité temporaire de la majorité républicaine. Si le texte est adopté, il devra encore faire l’objet d’un vote de réconciliation entre la Chambre et le Sénat avant d’être promulgué par le président.