Relaxe de l’animateur de l’école Titon : colère des parents dans le scandale périscolaire parisien

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Nicolas G., premier animateur jugé pour agressions sexuelles sur des fillettes. Parents et collectifs expriment leur indignation.

Relaxe de l'animateur de l'école Titon : colère des parents dans le scandale périscolaire parisien
Illustration Julie Renault / info.fr

Le 16 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Nicolas G., ex-animateur de l'école élémentaire Titon (11e), poursuivi pour harcèlement et agressions sexuelles sur neuf fillettes. Le parquet avait requis 18 mois avec sursis. Parents et collectifs dénoncent un verdict incompris.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le 16 juin 2026, Nicolas G., 47 ans, ex-animateur périscolaire à l’école Titon (11e), a été relaxé des accusations de harcèlement sexuel (9 fillettes) et agressions sexuelles (3 d’entre elles).
  • Fait 2 : Le tribunal a reconnu un ‘comportement inapproprié’ (câlins, surnoms affectueux) mais estimé que les infractions pénales n’étaient pas caractérisées.
  • Fait 3 : Le parquet dispose de 10 jours pour faire appel. Des parties civiles espèrent un appel.
  • Fait 4 : Ce jugement est le premier rendu dans le cadre du vaste scandale des violences périscolaires à Paris : 132 animateurs suspendus depuis janvier 2026, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes.

Le 16 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris (15e chambre) a rendu son verdict dans la première affaire jugée du scandale périscolaire parisien. Nicolas G., 47 ans, ex-animateur à l’école élémentaire Titon (rue Titon, 11e arrondissement), a été relaxé des chefs de harcèlement sexuel sur neuf fillettes âgées de 9 à 10 ans et d’agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis lors de l’audience du 5 mai 2026, tenue à huis clos. L’association Innocence en Danger a déjà appelé à faire appel.

Les faits : des gestes jugés inappropriés mais pas pénalement constitués

Selon les éléments rapportés par Le Monde et Libération, le tribunal a reconnu que Nicolas G. avait eu un « comportement inapproprié » ou des « pratiques inadaptées » : câlins prolongés, surnoms comme « mon bébé d’amour » ou « la plus belle », récits à caractère violent ou sexualisé, et dessins de type manga montrés aux enfants. Cependant, les juges ont estimé que les infractions pénales n’étaient pas suffisamment caractérisées. Il n’a pas été prouvé que l’animateur avait eu une intention de dégrader ou d’humilier, ni que les gestes avaient un « caractère sexuel humiliant ou dégradant » au sens de la loi. Certains câlins étaient sollicités par les enfants, et les dessins étaient montrés à la vue de tous.

La colère des parents : « Qu’allons-nous dire à nos enfants ? »

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La relaxation a provoqué une vive indignation parmi les parents d’élèves. Interrogée par Le Parisien, une mère de famille s’est exclamée : « Qu’allons-nous dire à nos enfants ? » Elle qualifie le verdict de « gifle » et de signal négatif envoyé aux victimes. Le collectif SOS Périscolaire s’est dit « sidéré » par la décision, estimant que la parole des enfants n’a pas été suffisamment prise en compte. Plusieurs parents et leurs avocats ont annoncé leur intention de faire appel, ou appellent le parquet à le faire.

Contexte dans le 75-Paris : un scandale qui prend de l’ampleur

Le jugement de l’affaire Titon intervient dans un contexte de crise majeure du périscolaire parisien. Depuis les premiers signalements à l’automne 2024, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs depuis le 1er janvier 2026, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes, a annoncé le maire Emmanuel Grégoire le 9 juin. L’école élémentaire Titon, située au 14 rue Titon, dans le 11e arrondissement, est l’une des écoles concernées. L’animateur y avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. Une commission d’enquête indépendante, présidée par l’ancien juge des enfants Antoine Garapon, doit être mise en place prochainement.

La rue Titon tire son nom de Maximilien Titon (1632-1711), directeur général des manufactures royales d’armes, dont la demeure, la « Folie-Titon », était un lieu historique du quartier. Mais aujourd’hui, c’est la douleur des familles qui marque ce lieu.

Prochaine étape : l’appel dans les dix jours

Le parquet de Paris dispose de dix jours à compter du 16 juin 2026 pour interjeter appel de la relaxe. Les parties civiles, via leurs avocats, espèrent que le ministère public fera ce choix. En attendant, les parents restent dans l’incompréhension, attendant que la justice reconnaisse la souffrance de leurs enfants.

Julie
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Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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