Rennes : la victime du Melting Pot interpelle le préfet place Sainte-Anne
Poignardé au thorax le 15 mai, un homme de 28 ans connu pour trafic de stupéfiants a abordé le préfet Franck Robine lors d'une patrouille pour se plaindre du traitement de son dossier.
Un homme de 28 ans poignardé au bar Le Melting Pot rue Saint-Michel le 15 mai 2026 a interpellé directement le préfet d'Ille-et-Vilaine lors d'une patrouille place Sainte-Anne le 3 juin. Le même établissement a été fermé administrativement pour deux mois, mesure confirmée par le tribunal administratif de Rennes.
L’essentiel
- 15 mai 2026 : un homme de 28 ans poignardé au thorax au bar Le Melting Pot (rue Saint-Michel) par un groupe de 8 à 10 individus cagoulés ; hospitalisé 4 jours au CHU de Rennes avec poumon perforé.
- 19 mai 2026 : arrêté de fermeture administrative du bar pour 2 mois, jusqu’au 19 juillet, signé par le préfet Franck Robine.
- 29 mai 2026 : le tribunal administratif de Rennes rejette le recours en référé-liberté de la gérante Soazig Le Guilloux et confirme la fermeture.
- 3 juin 2026 : la victime, pansements visibles, aborde le préfet en pleine patrouille place Sainte-Anne pour contester la gestion judiciaire de son dossier.
- Information judiciaire ouverte pour « tentative de meurtre en bande organisée ».
L’agression du 15 mai, minute par minute
Il est environ 17h, rue Saint-Michel, quand un groupe de 8 à 10 individus cagoulés fait irruption au Melting Pot. Armés de couteaux, machettes, barres de fer et bouteilles, ils s’en prennent à un client habituel de 28 ans, le poignardant au thorax et dans le dos. Un serveur qui s’interpose est également blessé. La victime est transportée au CHU de Rennes avec un poumon perforé, selon actu.fr et Ouest-France. Elle sera hospitalisée quatre jours.
Une information judiciaire a été ouverte pour « tentative de meurtre en bande organisée », rapportent France 3 Bretagne et actu.fr. La victime, selon Le Télégramme, conteste la thèse d’un règlement de comptes et rejette toute implication délibérée de sa part dans les faits.
Fermeture administrative, recours rejeté
Quatre jours après l’agression, le 19 mai, le préfet Franck Robine prend un arrêté de fermeture administrative du Melting Pot pour deux mois, jusqu’au 19 juillet 2026, pour trouble à l’ordre public. La mesure s’appuie sur l’agression mais aussi sur un contexte de trafic de stupéfiants documenté aux abords de l’établissement.
Les services de police avaient relevé deux épisodes significatifs : le 20 novembre 2025, des individus « stagnant habituellement sur ce point de deal » étaient attablés dans le bar ; le 12 mars 2026, un client a été contrôlé avec 8,5 g de résine de cannabis et 330 € en espèces, selon France 3 Bretagne.
La gérante Soazig Le Guilloux (SARL Park Avenue, exploitante depuis 1999) conteste toute complaisance. Elle affirme avoir alerté police, préfecture et ville de Rennes depuis l’été 2024 sur le deal et l’insécurité dans la rue. Son recours en référé-liberté (dossier n° 2603992) est rejeté le 29 mai par le tribunal administratif de Rennes, qui retient l’« atteinte particulièrement grave à l’ordre public ».
Des riverains indiquaient également avoir signalé aux autorités la situation dans le secteur bien avant l’agression, selon info.fr. À lire aussi : d’autres affaires judiciaires récentes à Rennes, dont la condamnation de deux hommes pour vols sur personnes âgées.
Place Sainte-Anne : la scène du 3 juin
Le mercredi 3 juin, le préfet Franck Robine mène une patrouille de sécurité place Sainte-Anne. Il est accompagné du directeur interdépartemental de la Police nationale et d’une trentaine de policiers. C’est dans ce cadre que la victime du 15 mai, pansements visibles au thorax, l’aborde directement.
L’homme se plaint du traitement de son dossier judiciaire et décrit l’agression. Le préfet lui répond, selon Le Télégramme : « Mais vous y croyez, à ce que vous me dites là ? » La victime est connue des services pour revente de stupéfiants.
À l’issue de cet échange, le préfet a envisagé une interdiction administrative de paraître dans le secteur pour le jeune homme, toujours selon Le Télégramme.
Contexte dans l’Ille-et-Vilaine
La rue Saint-Michel, surnommée « rue de la Soif », est l’une des artères de vie nocturne les plus denses de l’Ouest. Elle concentre environ un bar tous les sept mètres, selon l’office de tourisme de Rennes. Ce secteur est sous surveillance policière renforcée depuis plusieurs mois.
Les opérations de sécurité dans le centre de Rennes s’inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre les trafics de rue. Des dispositifs similaires sont menés dans d’autres villes : la Police nationale de Lille mène également des contrôles anti-trafics dans les secteurs ciblés. Dans le département 35, la préfecture multiplie les patrouilles visibles en centre-ville depuis le début de l’année.
La fermeture du Melting Pot n’est pas sans précédent. L’établissement avait déjà fait l’objet d’une fermeture administrative en 2018, après des agressions sexuelles commises par un salarié de l’époque, selon Unidivers et info.fr. C’est donc la deuxième mesure de ce type en huit ans pour ce bar. Des contrôles anti-fraude coordonnés entre plusieurs services, comme ceux menés récemment en Seine-Saint-Denis, montrent que ce type d’action s’intensifie au niveau national.
La suite du dossier
Le Melting Pot reste fermé jusqu’au 19 juillet 2026. L’information judiciaire pour tentative de meurtre en bande organisée suit son cours. La question d’une interdiction de paraître visant la victime restait en suspens au 4 juin, selon Le Télégramme.
Sources
- Le Télégramme : « Vous y croyez, à ce que vous me dites là ? » : la victime du Melting Pot interpelle le préfet
- actu.fr : Ce bar de Rennes fermé après une agression au couteau : sa gérante conteste, la justice confirme
- France 3 Bretagne : Fermeture confirmée pour le bar de Rennes accusé d'être « une base arrière des dealers »
- info.fr : Rennes : le tribunal administratif confirme la fermeture du bar Melting-Pot