Rhum de Saint-Pierre : les exportations repartent à la hausse en 2025

Malgré un recul des ventes dans l'Hexagone, les marchés internationaux tirent les volumes vers le haut.

Rhum de Saint-Pierre : les exportations repartent à la hausse en 2025
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

Les exportations de rhum depuis la Martinique ont progressé de 1,8 % en volume en 2025 par rapport à 2024. Saint-Pierre, avec sa distillerie Depaz, reste au cœur de cette dynamique. Un signal positif pour une économie locale encore en convalescence.

Les chiffres le confirment : le rhum martiniquais exporte mieux. Selon France-Antilles, les exportations de rhum de Martinique ont augmenté de 1,8 % en volume en 2025 par rapport à 2024. Une progression modeste, mais réelle, dans un contexte économique insulaire fragilisé.

Depaz en première ligne à Saint-Pierre

La Distillerie Depaz occupe une place centrale dans ce bilan. Selon les données officielles publiées sur emargence.fr, elle s’est vu allouer 14 020 HLAP (hectolitres d’alcool pur) de rhum traditionnel agricole pour 2025, soit une part significative du contingent total martiniquais.

Pour 2026, ce contingent global pour la Martinique est fixé à 57 666,5 HLAP de rhum agricole, en légère hausse par rapport aux 57 211 HLAP de 2025, selon les chiffres officiels. L’arrêté du 16 juin 2025 paru au Journal officiel maintient le quota total à 69 000 HLAP, dont 58 000 réservés au rhum agricole.

Des marchés internationaux qui compensent

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La progression à l’export compense en partie une tendance préoccupante sur le marché hexagonal. Les ventes de rhum martiniquais en métropole ont chuté de 5,6 % en 2025, à 118 228 HLAP contre 125 300 HLAP en 2024, selon La 1ère. D’autres débouchés internationaux prennent le relais.

Le secteur agroalimentaire - dont le rhum est le fer de lance - représente 39 % des exportations totales de la Martinique, selon une étude de la Banque de France. La même étude évoque un potentiel de triplement des exportations vers les États-Unis.

Un contexte de production difficile

Ces résultats à l’export s’obtiennent malgré des conditions de production compliquées. La campagne rhumière 2025 a démarré avec un mois de retard en mars, en raison de pluies abondantes, selon La 1ère. La production avait déjà reculé de 8 % en 2024, passant de 18,7 à 17,1 millions de litres à 55°, selon Opinion Internationale.

Une bonne nouvelle est venue du côté fiscal : le gouvernement a renoncé à une hausse des taxes sur le rhum dans les Outre-mer pour 2026-2027, évitant une augmentation de près de 8 euros par bouteille. La filière peut souffler.

Prochaine étape : le Mondial du Rhum prévu les 9, 10 et 11 juin 2026, où les producteurs martiniquais entendent défendre leur AOC sur la scène internationale.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Basé à Fort-de-France, traite les tensions sur le coût de la vie, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les projets de reconstruction après les séismes. Diplômé du CFJ, il a grandi en Martinique. Conviction : interroger les commerçants, les militants, les élus, vérifier les prix dans les supermarchés avant de conclure.

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