Rodez : enquête ouverte après des propos racistes scandés dans une discothèque
Le parquet de Rodez a ouvert une enquête pour provocation à la haine raciale après la diffusion d'une vidéo montrant des clients du Loft 89 scandant des slogans racistes. Le député Laurent Alexandre a saisi la justice.
Le procureur de la République de Rodez a ouvert une enquête pour provocation à la haine ou à la violence. Des slogans racistes ont été scandés dans le fumoir du Loft 89. Le député LFI Laurent Alexandre a effectué un signalement.
L’essentiel
- Fait 1 : Le parquet de Rodez a ouvert une enquête pour provocation à la haine raciale le 21 juin 2026.
- Fait 2 : Le slogan « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » a été scandé dans le fumoir du Loft 89.
- Fait 3 : Le député LFI de l’Aveyron, Laurent Alexandre, a saisi le procureur via l’article 40 du Code de procédure pénale.
- Fait 4 : L’enquête a été confiée au commissariat de police de Rodez.
Ce qui s’est passé
Le 22 juin 2026, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a montré un groupe de jeunes scandant des slogans racistes dans le fumoir de la discothèque Loft 89, située à Rodez. Selon les images, les participants répètent la phrase « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! », certains tenant un verre à la main. Interpellé par une personne qui filmait, l’un d’eux aurait également lancé « La France aux Français… Netanyahou, allez, allez… ».
La scène a rapidement suscité une vague d’indignation. La vidéo, partagée des centaines de fois, a conduit à une réaction immédiate des autorités.
La réaction du député Laurent Alexandre
Le député LFI de la première circonscription de l’Aveyron, Laurent Alexandre, a annoncé avoir effectué un signalement au procureur de la République en vertu de l’article 40, alinéa 2, du Code de procédure pénale. Cet article oblige toute autorité constituée à signaler aux autorités judiciaires les crimes ou délits dont elle a connaissance.
« Inacceptable », a déclaré le député sur X (anciennement Twitter). « Ces propos appellent à la haine et à la violence. Ils doivent être poursuivis avec la plus grande fermeté. » Laurent Alexandre a salué la réactivité du parquet, qui a ouvert une enquête dans la foulée.
La réponse de la discothèque
Tristan Barès, le gérant de la discothèque Loft 89, a condamné fermement ces agissements sur les réseaux sociaux de l’établissement. Dans un communiqué, il a affirmé que « ces comportements sont totalement contraires aux valeurs de respect et de tolérance prônées par notre établissement ». Il a également assuré que l’équipe collaborera avec les enquêteurs pour identifier les responsables. La direction n’a pas précisé si des mesures disciplinaires avaient été prises à l’encontre des clients concernés.
La discothèque, ouverte depuis plusieurs années, est un lieu fréquenté par une clientèle jeune dans la préfecture aveyronnaise. L’incident a relancé les débats sur le racisme ordinaire dans les lieux de nuit en France.
L’enquête en cours
Le procureur de la République de Rodez, Nicolas Rigot-Muller, a ouvert une enquête pour « provocation à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». Ce délit est prévu par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui réprime les propos racistes publics. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Les investigations ont été confiées au commissariat de police de Rodez. Les enquêteurs devront identifier les participants filmés, déterminer s’ils sont majeurs, et vérifier les circonstances exactes de la scène. Aucune interpellation n’a été signalée à ce stade.
Alors que d’autres faits divers marquent l’actualité régionale, comme l’accident grave d’un motard à Cahors ou l’incendie agricole à Touchay, cette affaire soulève des questions sur les discours de haine dans l’espace public.
Contexte dans l’Aveyron
L’Aveyron, département rural de la région Occitanie, compte environ 280 000 habitants. Rodez en est la préfecture, avec près de 24 000 habitants. Le département a connu ces dernières années plusieurs affaires liées au racisme ou à l’antisémitisme, mais aucune statistique officielle récente n’est disponible. L’élection du député Laurent Alexandre (LFI) en 2024 a marqué une poussée de la gauche radicale dans une circonscription historiquement ancrée à droite. L’incident du Loft 89 intervient dans un contexte national de tensions politiques, à quelques mois des prochaines échéances électorales.
La mairie de Rodez, contactée par info.fr, n’a pas souhaité commenter l’affaire, renvoyant vers le parquet. Le président de la région Occitanie, Carole Delga, n’a pas réagi à ce stade.
L’enquête suit son cours. Le parquet n’a pas communiqué de calendrier pour d’éventuelles auditions ou mises en examen.