Roubaix : vives tensions après le retrait des subventions au Racing Club et l’agression d’un éducateur
La mairie de Roubaix retire ses subventions au Racing Club de Roubaix fin mai, un éducateur est agressé au stade, l'opposition dénonce le sort des jeunes licenciés.
La mairie de Roubaix a retiré le 23 mai 2026 subventions et accès aux terrains au Racing Club de Roubaix pour graves manquements financiers. Une semaine plus tard, un éducateur était agressé au stade Maurice-Maertens. L'opposition a interpellé la majorité lors du conseil municipal du 25 juin.
L’essentiel
- 23 mai 2026 : la mairie de Roubaix coupe les subventions et l’accès aux terrains du Racing Club de Roubaix (RCR) en raison de graves manquements de gestion financière.
- 30 mai 2026 : un éducateur du RCR est victime d’une agression physique (coup de tête) au stade Maurice-Maertens en marge d’un match U15.
- 25 juin 2026 : l’élu d’opposition Maël Camerlynck interpelle la majorité au conseil municipal, dénonçant le sacrifice des centaines de jeunes licenciés.
- Septembre 2026 : la mairie annonce la création d’une académie de football municipale pour accueillir les jeunes sans club.
Une décision contestée
Le 23 mai 2026, la mairie de Roubaix a notifié au Racing Club de Roubaix (RCR) le retrait des subventions municipales et l’interdiction d’utiliser les terrains de la ville. La décision est motivée par de graves manquements de gestion financière, notamment des défauts de comptes certifiés, selon les informations communiquées par la municipalité. Le club, qui compte plusieurs centaines de licenciés, se retrouve privé de ses moyens de fonctionnement.
L’élu d’opposition Maël Camerlynck a qualifié cette décision de « laisser-aller de deux ans » de la part de la mairie. Sur son compte Facebook, il a diffusé une vidéo accusant la majorité de « débrancher le club sans alternative pour les gamins ». La ville justifie sa décision par l’absence de transparence financière du RCR, mais les familles des jeunes footballeurs s’inquiètent.
L’agression d’un éducateur
Le 30 mai 2026, une semaine après le retrait des subventions, un éducateur du Racing Club de Roubaix a été agressé au stade Maurice-Maertens. Selon info.fr et La Voix du Nord, l’homme a reçu un coup de tête en marge d’un match U15. L’agresseur, un parent d’un joueur, aurait été mécontent de l’arbitrage. L’éducateur a déposé plainte. L’incident a ravivé les tensions autour de la gestion du club.
L’opposition dénonce un « sacrifice » des jeunes
Lors du conseil municipal du 25 juin 2026, Maël Camerlynck a interpellé la majorité. Il a dénoncé le sort des centaines de jeunes licenciés du RCR, désormais sans club, et l’insécurité qui a conduit à l’agression. « La mairie sacrifie nos jeunes et étouffe l’agression d’un éducateur », a-t-il écrit sur X (ex-Twitter).
Dans son intervention, l’élu a également lié cette affaire à un autre incident : le maire de Roubaix, Alexandre Garcin, avait déposé plainte en mars 2026 après qu’une voiture a tenté de le percuter, selon BFMTV. Une enquête pour violence aggravée est en cours. Camerlynck a estimé que ce climat de violence est favorisé par l’absence de dialogue avec les associations sportives.
La réponse de la mairie : une académie municipale
Face à la polémique, la mairie de Roubaix a annoncé la mise en place d’une académie de football municipale pour la rentrée de septembre 2026. L’objectif est de proposer une solution d’accueil aux jeunes licenciés du RCR. Les modalités précises (nombre de places, encadrement, coût) n’ont pas encore été détaillées. La municipalité assure vouloir « offrir un cadre structuré et sécurisé » aux jeunes footballeurs. Cette annonce n’a pas calmé les critiques : pour l’opposition, elle arrive trop tard et ne compense pas la brutalité de la décision de mai.
Contexte dans le Nord
Roubaix, commune du Nord de 98 000 habitants, connaît une situation sociale tendue. Le sport, et notamment le football, y est un vecteur d’intégration important. Le Racing Club de Roubaix, club historique, formait chaque année des centaines de jeunes. Ce conflit intervient dans un département où plusieurs communes ont dû gérer des violences liées au sport amateur. À Denain, un couvre-feu pour mineurs a été imposé tout l’été 2025 après des violences urbaines. Le modèle de gestion des clubs amateurs est régulièrement questionné, entre exigences de transparence et nécessité de maintenir le lien social.
D’autres clubs de la région ont connu des difficultés comparables. À Cholet, par exemple, trois jeunes joueurs de basket ont été sélectionnés en équipes de France jeunes, illustrant l’importance de la formation locale. Cholet Basket a vu trois de ses jeunes appelés en sélections U16 et U18, montrant qu’une gestion saine peut porter ses fruits.
Prochaine étape
La mairie doit présenter les détails de l’académie municipale avant la rentrée de septembre. L’opposition réclame un débat public sur le devenir du Racing Club de Roubaix et la réintégration des éducateurs. Une réunion avec les familles est annoncée pour la mi-juillet.