Saint-Benoît : les fruits tropicaux réunionnais gagnent du terrain à l’export

Les agriculteurs de l'est de La Réunion profitent d'une dynamique favorable pour leurs productions fruitières

Saint-Benoît : les fruits tropicaux réunionnais gagnent du terrain à l'export
Illustration Viviane Payet / info.fr

Les exportations de fruits tropicaux depuis La Réunion progressent. En 2025, l'aéroport Roland-Garros a acheminé 1 600 tonnes de letchis, ananas et fruits de la passion vers l'Hexagone. À Saint-Benoît, des exploitations locales illustrent cette montée en puissance.

En novembre et décembre 2025, 1 600 tonnes de letchis, ananas et fruits de la passion ont quitté l’aéroport Roland-Garros à destination de la France hexagonale. Sur l’ensemble de l’année, le fret aérien de l’île a atteint 30 699 tonnes, en hausse de 5 % par rapport à 2024, selon les données présentées au Salon international de l’Agriculture 2026 par la Région Réunion.

Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance plus large. Les exportations de biens de La Réunion ont totalisé 413 millions d’euros en 2024, en progression de 2,1 % sur un an. La part agricole représente 94 millions d’euros sur un chiffre d’affaires sectoriel de 1,49 milliard d’euros.

L’ARIFEL vise 8 000 tonnes annuelles

L’interprofession des fruits et légumes, l’ARIFEL, ambitionne d’atteindre 8 000 tonnes de fruits frais et transformés exportés. L’ananas Victoria, les letchis et les fruits de la passion constituent les produits phares de cette stratégie, toujours selon le catalogue régional du SIA 2026.

Pour soutenir cette croissance, le plan AGRIPéi 2030 prévoit la remise en culture de 1 000 à 2 000 hectares supplémentaires dédiés aux cultures fruitières et légumières. Le maintien du POSEI, dispositif européen de soutien aux régions ultrapériphériques, reste une condition jugée indispensable par les filières. Au SIA 2026, tenu du 21 février au 1er mars, les professionnels réunionnais ont défendu ce dispositif, comme l’a rapporté Franceinfo La1ère.

À Saint-Benoît, deux exploitations misent sur la transformation

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Le territoire de Saint-Benoît compte plusieurs acteurs engagés dans cette dynamique. L’exploitation L’Eden de Takamaka, installée entre 2023 et 2024, produit et transforme fruits et légumes tropicaux en glaces, sorbets, confitures et achards. Les Douceurs de Sar’elle, en agriculture biologique depuis 2022, valorise les fruits invendus en confitures et condiments. Cette dernière a décroché une médaille d’or pour sa confiture de banane passion au SIA 2024, selon le catalogue de la Région Réunion.

Ces initiatives de transformation locale permettent de limiter les pertes post-récolte et d’accéder à des circuits de distribution plus rémunérateurs. La DAAF a par ailleurs lancé un appel à projets régional 2026 sur l’alimentation, ouvert jusqu’au 25 février 2026, pour renforcer souveraineté alimentaire et débouchés à l’export.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Installée à Saint-Denis, elle couvre les tensions sur le logement, les débats sur l'immigration clandestine, le tourisme et les projets de la Nouvelle Route du Littoral. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi à La Réunion. Méthode : interroger les élus, les associations, les riverains, vérifier les budgets du chantier avant de conclure.

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