Saint-Benoît : trois interpellations après des tirs à Bras-Fusil, enquête pour tentative d’assassinat
Un commando cagoulé a visé un appartement de la cité Les Cascades dans la nuit du 23 au 24 mai 2026. Une personne blessée, trois hommes interpellés.
Dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai 2026, des tirs à répétition ont visé un appartement de la cité Les Cascades à Bras-Fusil, à Saint-Benoît. Le parquet de Saint-Denis a ouvert une enquête pour tentative d'assassinat et association de malfaiteurs en bande organisée. Trois personnes ont été interpellées.
Vers 23h, samedi 23 mai 2026, plusieurs détonations ont retenti avenue Jean-Monnet, dans le quartier de Bras-Fusil à Saint-Benoît. Un appartement de la cité Les Cascades a été pris pour cible par un groupe d’individus cagoulés et armés. Une personne a été blessée. Le parquet de Saint-Denis a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs en bande organisée, selon La 1ère Franceinfo.
L’essentiel
- La nuit du 23 au 24 mai 2026 : tirs à Bras-Fusil (cité Les Cascades, avenue Jean-Monnet), Saint-Benoît - un appartement visé par un commando cagoulé armé.
- Une personne blessée, pronostic vital non engagé ; aucun décès à déplorer.
- Qualification judiciaire : tentative d’assassinat et association de malfaiteurs en bande organisée - parquet de Saint-Denis, brigade de recherches saisie.
- Trois hommes interpellés le 26 mai 2026, confirmé par Imaz Press et Linfo.re.
- Rixe préalable le matin du 23 mai à la Cité Fragrance (Saint-Benoît) : deux jeunes condamnés en comparution immédiate le 27 mai, potentiellement liée à la fusillade selon Zinfos974.
Un appartement criblé de projectiles
Les témoins décrivent entre cinq et neuf détonations. Selon Zinfos974 et Linfo.re, les assaillants ont d’abord tiré depuis la rue, puis ont enfoncé la porte de l’appartement pour poursuivre les tirs à l’intérieur. Des projectiles ont traversé les cloisons et atteint les chambres. La scène, selon les riverains cités par Zinfos974, « aurait pu faire des morts ».
Le véhicule utilisé pour la fuite a été identifié par des témoins comme une Dacia blanche. Les victimes sont décrites comme des jeunes du quartier, originaires de Mayotte.
Enquête ouverte par le parquet de Saint-Denis
La procureure de la République de Saint-Denis a confirmé l’ouverture de l’enquête dès le 24 mai, selon La 1ère Franceinfo et Imaz Press. La qualification retenue - tentative d’assassinat et association de malfaiteurs en bande organisée - reflète le caractère prémédité et collectif de l’attaque. La brigade de recherches a été saisie.
Trois hommes ont été interpellés deux jours après les faits, le 26 mai 2026. Parmi eux figurerait un jeune homme surnommé « Sixo » (vingtaine d’années, antécédents judiciaires), présenté par Zinfos974 comme le chef présumé d’une bande issue du quartier de la gare Europe à Saint-Benoît. Ces éléments restent à confirmer dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
Une rixe le matin même : piste d’un lien entre les événements
Le matin du 23 mai, plusieurs heures avant la fusillade, une rixe avait déjà éclaté à la Cité Fragrance, près de la gare Europe à Saint-Benoît. Deux jeunes ont été jugés en comparution immédiate le 27 mai 2026 et condamnés, selon Zinfos974. Le média local évoque un lien possible entre cet affrontement et l’attaque nocturne à Bras-Fusil, sans que ce lien ait été officiellement confirmé par le parquet à ce stade.
Le contexte évoqué par plusieurs médias locaux n’est pas celui du trafic de stupéfiants, mais d’une « guerre d’égos » entre bandes rivales. Cette hypothèse n’a pas été confirmée officiellement. Des violences similaires entre groupes de jeunes ont également été signalées dans d’autres villes françaises en mai 2026.
Contexte dans le département de La Réunion
Bras-Fusil n’en est pas à sa première flambée de violence. Le quartier, situé à l’est de Saint-Benoît, deuxième commune la plus peuplée de l’île avec environ 55 000 habitants, a déjà connu plusieurs incidents graves. En 2025, un meurtre à l’arme blanche y avait été recensé, selon La 1ère Franceinfo. Des rixes et des dégradations récurrentes ont depuis longtemps marqué ce secteur, confirmant des tensions sociales persistantes.
Saint-Benoît concentre une part importante des difficultés sociales du département : taux de chômage élevé, densité de population forte dans certaines cités, présence de jeunes sans emploi. La question des violences de bandes impliquant des jeunes originaires de Mayotte fait l’objet de débats récurrents à l’échelle de La Réunion. L’archipel voisin de Mayotte connaît lui aussi des tensions sécuritaires importantes en 2026.
La mobilisation rapide de la brigade de recherches et les trois interpellations en moins de 48 heures témoignent de la priorité accordée à ce dossier par les services judiciaires réunionnais. Pour autant, les violences de ce type dans l’est de l’île restent une préoccupation sans réponse structurelle clairement définie à ce jour. Des faits-divers graves impliquant des mineurs ou de jeunes adultes ont également été enregistrés ailleurs en France, comme dans le Gers, rappelant la fragilité de certaines situations locales.
Suite de la procédure
L’enquête est confiée à la brigade de recherches de Saint-Benoît, sous l’autorité du parquet de Saint-Denis. Les trois interpellés ont été placés en garde à vue ; leur mise en examen éventuelle n’avait pas été annoncée au moment de la publication de cet article. Les investigations portent notamment sur l’identification complète du commando et sur l’origine des armes utilisées - des fusils à pompe calibre 12, selon les témoins cités par Linfo.re.
Le parquet de Saint-Denis n’a pas encore communiqué sur la suite donnée aux gardes à vue.
Sources
- La 1ère Franceinfo : Saint-Benoît : une enquête pour tentative d'assassinat et association de malfaiteurs ouverte après des tirs à Bras-Fusil
- Imaz Press : Tirs à Bras Fusil : une enquête ouverte pour tentative assassinat et association de malfaiteurs
- Linfo.re : Tentative d'assassinat et association de malfaiteurs à Bras-Fusil : 3 personnes interpellées
- Zinfos974 : Saint-Benoît : la scène de western de Bras Fusil aurait pu faire des morts