Saint-Denis (93) : polémique après la désignation de Marwan Barghouti comme citoyen d’honneur
Le maire LFI Bally Bagayoko a élevé le dirigeant palestinien emprisonné au rang de citoyen d'honneur le 1er juillet, provoquant une vive controverse nationale.
La ville de Saint-Denis (93) a accordé le titre de citoyen d'honneur à Marwan Barghouti, condamné à perpétuité en Israël pour terrorisme. La cérémonie s'est tenue en présence de son épouse et de l'ambassade de Palestine. Le maire Bally Bagayoko assume un geste politique.
L’essentiel
- 1er juillet 2026 : La ville de Saint-Denis (93) élève Marwan Barghouti au rang de citoyen d’honneur.
- Condamné à perpétuité : Barghouti purge une peine pour implication dans des attentats en Israël.
- Présences : Son épouse Fadwa Barghouti et l’avocat Salah Hamouri ont assisté à la cérémonie.
- Drapeau palestinien : Il a été hissé sur la mairie, le maire refuse de le retirer.
- Polémique nationale : L’initiative divise la classe politique et suscite des réactions indignées.
Ce qui s’est passé
Mercredi 1er juillet 2026, devant l’hôtel de ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le maire LFI Bally Bagayoko a remis le titre de citoyen d’honneur à Marwan Barghouti. La cérémonie s’est déroulée en présence de son épouse Fadwa Barghouti, de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri et de membres de l’ambassade de Palestine, selon le média pro-palestinien Europalestine. Le drapeau palestinien a été hissé sur le bâtiment municipal.
Bally Bagayoko a lui-même revendiqué l’initiative sur X (ex-Twitter) :
Le maire insoumis a également appelé la France à suspendre l’accord d’association UE-Israël et à cesser les livraisons d’armes à l’État hébreu.
Qui est Marwan Barghouti ?
Marwan Barghouti est une figure du nationalisme palestinien, dirigeant du Fatah et du Tanzim. Arrêté en 2002 par l’armée israélienne, il a été condamné en 2004 à cinq peines de prison à perpétuité pour son rôle dans des attentats meurtriers. Israël le considère comme un terroriste. Il est incarcéré depuis plus de vingt ans. Sa popularité auprès des Palestiniens en fait un candidat potentiel à la succession de Mahmoud Abbas.
La réaction du maire et la polémique
Interrogé par i24NEWS, Bally Bagayoko a justifié son geste comme un « acte de paix ». Il a déclaré vouloir envoyer un message fort aux communes françaises en faveur d’une solution au conflit israélo-palestinien. Il a également menacé de s’opposer « par la créativité » à toute injonction de l’État exigeant le retrait du drapeau palestinien, selon l’Agence Anadolu.
Plusieurs élus de la majorité présidentielle et des Républicains ont dénoncé une décision « indigne » et « scandaleuse ». Le préfet de Seine-Saint-Denis pourrait être saisi pour contester le caractère illégal de la décision, selon certaines sources juridiques non confirmées.
Contexte dans le département
Cette polémique nationale n’épargne pas La Réunion, bien que l’événement se soit produit en métropole. Le sujet, tagué sous le code 974, est largement relayé dans l’actualité réunionnaise en raison des liens historiques entre l’île et les questions de solidarité internationale. Plusieurs associations locales, comme le Collectif Palestine Réunion, soutiennent la cause palestinienne. Aucune prise de position officielle des élus réunionnais n’a été relevée à ce stade, mais les débats sur les réseaux sociaux sont vifs. La décision de Saint-Denis (93) pourrait inspirer des initiatives similaires dans d’autres communes, bien que rien ne soit annoncé.
Une décision qui divise
Si les partisans de la mesure y voient un geste de reconnaissance envers un symbole de la lutte palestinienne, les détracteurs rappellent la lourde condamnation pénale de Barghouti. Le parquet de Bobigny pourrait être amené à se prononcer sur la légalité du titre honorifique, qui n’a pas de valeur juridique mais engage le nom de la ville. Le maire Bally Bagayoko, élu en 2026 sous l’étiquette LFI, avait déjà fait parler de lui en installant un « mur des noms » de victimes palestiniennes.
La polémique intervient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre la France et Israël. En mai dernier, le président Emmanuel Macron avait condamné une précédente initiative similaire à Montreuil. L’ambassade d’Israël en France n’a pas encore commenté la décision de Saint-Denis.
Prochaine étape
Le maire de Saint-Denis a indiqué qu’il maintiendrait le drapeau palestinien hissé sur la mairie. Aucune date d’audience ou de recours n’a été annoncée. La préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations.
Cette affaire rappelle d’autres désaccords entre l’État et des municipalités sur des sujets symboliques. À Mulhouse, des magistrats et avocats se sont récemment mobilisés contre le projet de loi SURE, illustrant la capacité des collectivités à défier le gouvernement. Dans l’Orne, le département a reconduit les visites guidées sur les traces de la 2e DB, une décision consensuelle.