Saint-Denis : le maire LFI justifie le sifflement de la Marseillaise par un « droit à la réplique populaire »
Bally Bagayoko assume ses propos polémiques, suscitant l’indignation à droite, tandis qu’il prépare une marche contre le racisme le 21 juin.
Dans un entretien à L’Opinion, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a défendu le sifflement de la Marseillaise comme un « droit à la réplique populaire ». Des déclarations qui enflamment la classe politique, relançant la polémique autour de l’élu de Seine-Saint-Denis.
L’essentiel
- Fait 1 : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (commune nouvelle de 149 000 habitants), a défendu le sifflement de la Marseillaise comme un « droit à la réplique populaire » dans un entretien à L’Opinion.
- Fait 2 : Matthieu Valet (RN) a réagi sur X le 17 juin 2026, dénonçant une nouvelle attaque contre la Nation.
- Fait 3 : Le 21 juin, le maire appelle à une grande marche contre le racisme de Barbès à République, à Paris, en lien avec un concert antiraciste organisé par LFI.
- Fait 4 : Élu dès le premier tour des municipales le 15 mars avec 50,77 % des voix, il avait déjà évoqué en mai une possible « insurrection populaire » en cas de victoire du RN en 2027.
Les propos du maire
Dans un entretien paru dans L’Opinion, Bally Bagayoko a explicitement justifié le sifflement de l’hymne national. « Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire. Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas », a déclaré le maire de Saint-Denis. Ces propos ont été largement repris, notamment par le Journal du Dimanche le 16 juin, qui en a fait sa une.
L’élu de 33 ans, qui a pris ses fonctions le 21 mars à la tête de la plus grande ville administrée par La France insoumise, s’est fait connaître par une série de positions très marquées. Son entretien à L’Opinion détaille sa vision d’une France « qui se déshonore » à l’étranger, sans qu’il précise quels actes il vise précisément.
Réactions outrées à droite
Les déclarations du maire ont immédiatement provoqué des réactions, en premier lieu sur le réseau social X. Matthieu Valet, député européen Rassemblement national, a fustigé une nouvelle attaque contre la Nation.
Pour l’élu RN, cette nouvelle polémique s’inscrit dans la continuité des propos tenus par Bally Bagayoko en mai dernier dans Le Figaro, où il évoquait une possible « insurrection populaire » en cas de victoire du RN à la présidentielle de 2027. À l’époque, le maire avait déclaré : « Soit c’est nous, soit c’est eux », déclenchant un vif débat.
Du côté de la majorité présidentielle et des Républicains, les réactions officielles se faisaient encore attendre ce mardi 17 juin. Selon le JDD, plusieurs élus de la droite locale jugent ces propos « indignes d’un élu de la République ».
Un élu aux positions radicales
Ce n’est pas la première fois que Bally Bagayoko crée la controverse. Après son élection le 15 mars 2026 avec 50,77 % des suffrages dès le premier tour, il avait fait retirer le portrait officiel d’Emmanuel Macron de son bureau à la mairie de Saint-Denis. Ce geste, assumé, lui avait valu un rappel à l’ordre du préfet de Seine-Saint-Denis. Selon plusieurs médias, le portrait présidentiel restait décroché en mai 2026.
L’élu insoumis s’inscrit dans une stratégie de rupture frontale avec les institutions. Dans son entretien à L’Opinion, il développe l’idée d’un « affrontement » politique à venir, tout en appelant à une nouvelle mobilisation.
Marche contre le racisme le 21 juin
Bally Bagayoko a annoncé une « grande marche contre le racisme » le 21 juin prochain, jour de la Fête de la musique. Le cortège partira de Barbès (Paris 18e) pour rejoindre la place de la République. L’initiative est liée à un concert antiraciste organisé par des structures proches de La France insoumise, précise L’Opinion.
Cette mobilisation pourrait rassembler plusieurs centaines de participants, selon les organisateurs. Elle constitue une nouvelle étape dans l’agenda militant du maire dionysien.
Une polémique récurrente autour de l’hymne
Le sifflement de la Marseillaise dans les stades n’est pas un phénomène nouveau. À Saint-Denis, au Stade de France, l’hymne national a été sifflé à de multiples reprises lors de matchs de l’équipe de France de football, notamment lors des rencontres contre l’Algérie en 2001 ou le Maroc en 2008. Les gouvernements successifs ont alterné entre condamnation et tentatives de dialogue. En 2026, le débat rebondit avec les propos de Bally Bagayoko, qui donne une légitimité politique à ce geste.
Contexte en Seine-Saint-Denis
Saint-Denis est devenue en janvier 2025 une commune nouvelle de près de 149 000 habitants après sa fusion avec Pierrefitte-sur-Seine. Elle est la 2e ville d’Île-de-France en population et la plus grande municipalité dirigée par LFI en France.
En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de métropole selon l’Insee, les questions d’identité nationale et de discriminations sont très sensibles. Bally Bagayoko, professeur d’histoire-géographie de formation, y a construit son ancrage sur un discours antiraciste et de défense des « quartiers populaires ». Ses prises de position radicales trouvent un écho auprès d’une partie de la population, mais suscitent l’opposition d’une autre partie de l’échiquier politique local.
Prochaine étape : la grande marche contre le racisme prévue le 21 juin à Paris, qui devrait à nouveau focaliser l’attention médiatique sur le maire de Saint-Denis.
Questions des lecteurs
Les questions posées par nos lecteurs sur cet article, avec nos réponses vérifiées par la rédaction.
Qui valide les articles sur info.fr?
Dans quel contexte le maire de Saint-Denis a-t-il évoqué un « droit à la réplique populaire » pour justifier le sifflement de la Marseillaise?
Qui dirige info.fr?
Sources
- L'Opinion : Bally Bagayoko, l’insurgé à sang froid
- Le JDD : Un droit à la réplique populaire : le maire LFI Bally Bagayoko juge légitime de siffler la Marseillaise
- Le Figaro : Soit c’est nous, soit c’est eux : le maire LFI Bally Bagayoko évoque une insurrection populaire
- X (Twitter) : Tweet de Matthieu Valet