Saint-Didier-en-Velay : la mobilité rurale cherche un second souffle

Après l'arrêt du service Totoom fin mars, la commune de 2 800 habitants doit repenser ses solutions de transport.

Saint-Didier-en-Velay : la mobilité rurale cherche un second souffle
Illustration Valérie Roche / info.fr

Le service de transport à la demande Totoom a cessé ses opérations en Haute-Loire au 31 mars 2026. À Saint-Didier-en-Velay, sa disparition relance le débat sur l'accès aux transports publics pour les résidents isolés. Les deux lignes d'autocars existantes ne couvrent pas tous les besoins.

Deux lignes d’autocars. C’est l’essentiel de l’offre de transport en commun à Saint-Didier-en-Velay. La ligne 34 relie Sainte-Sigolène à Saint-Étienne via la commune, la ligne 37 dessert l’axe Dunières-Firminy. Leurs horaires, actualisés depuis le 1er septembre 2025 selon La Région vous transporte, restent contraints par des fréquences limitées, typiques des territoires ruraux.

Totoom, 7 000 passagers et puis plus rien

Pendant deux ans et demi, le service Totoom avait apporté une réponse complémentaire. Des vans 100 % électriques, disponibles sept jours sur sept et 365 jours par an, transportaient à la demande les habitants des zones mal desservies. Plus de 7 000 passagers avaient utilisé ce service en Haute-Loire depuis septembre 2023, selon La Commeré 43. Fin mars 2026, Totoom a mis fin à ses opérations dans le département, confronté à des difficultés d’équilibre financier.

Sa disparition illustre la fragilité des solutions innovantes en milieu rural. Le modèle économique du transport à la demande peine à s’autofinancer là où la densité de population est faible.

Des coûts qui grimpent, un budget municipal sous pression

Publicité

La question financière dépasse le seul cas Totoom. En 2025, l’Agglomération du Puy-en-Velay avait déjà exprimé ses inquiétudes face aux hausses de coûts révélées par les appels d’offres du transport scolaire, selon L’Éveil de la Haute-Loire. Pour les communes rurales, chaque arbitrage budgétaire compte.

À Saint-Didier-en-Velay, le nouveau conseil municipal - installé entre fin mars et début avril 2026 après les élections des 15 et 22 mars - doit adopter son budget avant le 30 avril. La mobilité figurera-t-elle parmi les priorités ? La mairie n’a pas encore détaillé ses orientations sur ce point.

Pour une commune de 2 800 habitants située à une trentaine de kilomètres du Puy-en-Velay, les marges de manœuvre restent étroites. L’offre de transport existante est consultable sur le site de la mairie. Les alternatives au-delà des lignes régulières restent, pour l’heure, sans réponse concrète.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Correspondante au Puy-en-Velay, elle suit le tourisme religieux, l'élevage, les tensions sur les services publics et les débats sur l'éolien. Diplômée de l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR auvergnate. Ligne de travail : interroger les agriculteurs, les hôteliers, les élus, croiser les données de pèlerinage avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie